L’Islande, Wall Street et les héliplate formes… Oh là là!

Article de nouvelles / Le 29 juin 2021

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Emily Lindahl, DAP Air 

 

Qu’ont en commun l’Islande, Wall Street et les héliplate‑formes de Boston? Pour le major Peter Wright, commandant d’un aéronef de recherche et de sauvetage dans l’ARC, ce sont là trois situations spéciales de sa carrière.

Quand le major Wright était en poste dans le 103e Escadron Gander (T.‑N.‑L.), il a pris part à un exercice d’entraînement interarmées en Islande aux commandes d’un CH149 Cormorant. L’expérience a été mémorable pour lui et a renforcé sa décision de réaliser son rêve de devenir pilote.

Issu d’une famille de militaire, le major Wright a su qu’il voulait devenir pilote dès son jeune âge. Son père avait fait carrière dans les FAC pendant vingt‑deux ans et, en tant que père célibataire, il avait exigé beaucoup de lui‑même et avait même parfois occupé trois emplois pour nourrir et vêtir ses deux enfants. Le major Wright a aidé son père à s’occuper de sa jeune sœur. Il l’a aidé aussi à enseigner les arts martiaux et il a épargné assez d’argent pour acheter la première maison de sa famille après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, juste avant d’être admis au Collège militaire royal. Il a aussi été le premier membre de sa famille à faire des études universitaires.

Pour le major Wright, un point saillant de sa carrière au sein de l’Aviation royale canadienne se produit quand il voit le visage des membres de sa famille s’illuminer de fierté chaque fois qu’ils ont la chance de voir « son » hélicoptère de près. Il s’est enrôlé à titre de pilote au sortir de l’école secondaire et a suivi le même chemin professionnel depuis lors. Quand on lui a demandé pourquoi il avait choisi l’ARC, il a répondu sans hésiter : « La vraie raison pour laquelle je me suis enrôlé dans l’ARC a ses racines dans le film Top Gun. J’ai adoré ce film quand j’étais enfant, et je ne rêvais qu’à devenir pilote et à faire ce métier exaltant. Même aujourd’hui et après avoir accumulé 3 500 heures de vol, je me surprends encore à penser à quel point cet emploi me passionne et à quel point ce cheminement professionnel m’a rendu heureux. »

Le major Wright est actuellement affecté à la Station aérienne Cape Cod de la Garde côtière des États‑Unis (USCG) où il pilote un hélicoptère MH60T Jayhawk. Il déclare qu’il est émerveillé d’avoir « pu servir dans un autre pays, tout en représentant fièrement le mien et de continuer à exécuter des opérations SAR le long de la côte magnifique, mais inhospitalière de l’Atlantique ».

Son équipe accomplit des missions de recherche et de sauvetage en mer et elle aide à répondre à des demandes de réparation et d’entretien des dispositifs de navigation. Elle exécute aussi des patrouilles LMR (protection des ressources marines vivantes) et PWCS (ports, voies d’eau et sécurité), elle répond à des demandes d’évacuation sanitaire, elle remplit des fonctions liées à la sécurité du territoire, et elle se porte à l’aide d’autres organismes du gouvernement chargés du maintien de l’ordre, des secours aux sinistrés ou d’autres missions d’ordre humanitaire.

La Station aérienne Cape Cod envoie des équipages chaque automne à St. John’s (T.‑N.‑L.) où ils se joignent à des équipages du 103e Escadron dans le cadre de leur exercice d’extraction maritime, communément appelé « Boat Camp », depuis 2016. Ces échanges professionnels ont grandement contribué à améliorer l’interopérabilité et les techniques exemplaires et ils ont en fin de compte produit les heureux résultats observés dans de nombreux cas récents.

Récemment, le major Wright a reçu ses galons de major avec ses coéquipiers de l’USCG. Au cours de la cérémonie pleine de gaité, les participants ont fait de nombreux renvois à des canadianismes qui ont fait pleurer le major Wright de joie tellement il a ri. Son épouse était là pour épingler le symbole de son nouveau grade sur son uniforme.

La période que le major Wright a passée à la Station aérienne Cape Cod lui a permis de vivre de nombreuses expériences uniques en leur genre, par exemple poser un MH60T sur l’héliplate‑forme de Wall Street à New York, atterrir pour la première fois sur une héliplate‑forme aménagée sur le toit d’un hôpital à Boston après une évacuation sanitaire, et travailler avec les Services secrets américains à la protection du président et du vice‑président des États‑Unis.

Le major Wright est fier de ses ascendances jamaïcaines et coréennes. Quand on lui a demandé s’il avait fait face à des obstacles au cours de sa carrière, il a expliqué sa philosophie :

« Parmi les nombreux obstacles, j’en ai contourné facilement certains et j’ai tout simplement poursuivi mon chemin, tandis que d’autres ont semblé me faire problème indéfiniment. Je me suis imposé un programme régulier et j’ai abordé chaque objectif, étape par étape, ce qui m’a aidé à accomplir des tâches qui, au départ, m’avaient paru infaisables. Il nous faut comprendre que l’échec nous indique tout simplement que nous ne sommes pas parfaits et que la seule façon de surmonter les difficultés qui se présentent consiste à se relever et à essayer de nouveau avec plus d’ardeur, tout en admettant que l’on est souvent son pire ennemi.

Il nous faut accepter que la vie dans les forces armées ressemble souvent à la tâche consistant à équilibrer notre compte de banque : les retraits sont nos sacrifices quotidiens, qu’il s’agisse du temps passé avec notre conjoint ou conjointe ou avec nos enfants, de la stabilité de notre lieu de résidence, ou de la probabilité de rater un moment important de la vie familiale à cause de cours, d’affectations, de missions opérationnelles ou de déploiements. De toute évidence, il n’est jamais bon que les retraits bancaires soient trop nombreux. Les dépôts correspondent à ce que nous versons dans le compte. Mon « compte professionnel » en tant que pilote comprend tout ce que je fais pour apprendre constamment, tenir mes compétences à jour et éviter d’en prendre à mon aise et de verser dans la suffisance. Ces atouts continueront de m’aider à croître comme pilote professionnel et à faire en sorte que je retourne à la maison après avoir accompli une tâche que la majorité des pilotes civils ne peuvent que rêver d’exécuter.

Enfin, il faut veiller à ce que tous ces dépôts l’emportent sur les retraits dans le compte familial. Quand nous retournons à la maison, il est encore plus important de regarnir ce compte avec du temps, de l’attention et de l’amour. Les moyens à prendre pour équilibrer un bon compte familial changent constamment; ce compte devient de plus en plus important à mesure que nous construisons notre carrière dans les FAC.

Nous avons tous vécu cette situation et nous faisons tous des sacrifices. Faites ces dépôts dans les bons comptes, de manière à toujours en maintenir l’équilibre ou à compenser davantage ce que vous risquez d’oublier, c’est-à-dire vos retraits. Autre aspect tout aussi important : une fois un objectif atteint, fixez-vous en d’autres pour continuer à grandir. »

Le major Wright affirme que chaque mission SAR au cours de laquelle il sauve une vie et chaque échec qu’il subit contribuent à son épanouissement personnel. « Que ce soit la première mission SAR ou la 200e, le sentiment que vous éprouvez quand vous réussissez à ramener un être cher à sa famille, ou à faire en sorte qu’il reçoive de meilleurs soins qui lui sauvent la vie, est véritablement exaltant. »

 

 

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