LA SECONDE GUERRE MONDIALE (1939-1945)

« Joignez-vous à l’équipe! » (Reproduction d’une affiche de recrutement de la Seconde Guerre mondiale)

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, et l’horreur de la Seconde guerre mondiale commence. La grande- Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne le 3 septembre, et le Canada fait de même une semaine plus tard. L’Aviation royal canadienne (ARC) jouera un rôle important dans le cheminement vers la victoire finale.

L’ARC a servi avec distinction partout dans le monde, dans des endroits éloignés, notamment en Angleterre, en Europe continentale, en Égypte, à Malte, à Ceylan (Sri Lanka), en Inde et en Birmanie. Au début de la Seconde Guerre mondiale, l’ARC compte 4 061 militaires, 23 escadrons sous-équipés et sous-dotés et seulement 270 aéronefs, dont les deux tiers sont vétustes.

En 1945, l’ARC est la quatrième force aérienne en importance dans le monde. Elle a appuyé trois grandes entreprises pendant la guerre :

  • Le service territorial des escadrons opérationnels pour la défense du Canada.
  • Le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) pour l’instruction des équipages aériens.
  • Le service d’outre-mer pour appuyer les missions opérationnelles menées en dehors du Canada dans le Fighter Command, le Bomber Command, le Coastal Command et la 2e Force aérienne tactique.

L’ARC atteint sa taille maximale de 215 200 membres (incluant plus de 15 000 membres dans la Division féminine) en janvier 1944. Environ 249 600 hommes et femmes servent dans l’ARC pendant la guerre; 17 034 d’entre eux, dont 28 femmes et 1 066 membres du personnel de piste, meurent durant les opérations ou l’entraînement ou sont prisonniers de guerre. 

Le Fighter Command (1936-1943)

Le Fighter Command (1936-1943) est créé pour favoriser un contrôle plus spécialisé des chasseurs. En 1940, le Fighter Command contrecarre le plan d’invasion de la Grande-Bretagne conçu par Hitler et porte ensuite la guerre aérienne dans le ciel de l’Europe pour y acquérir la supériorité aérienne. En 1943, le Fighter Command est dissous, et ses responsabilités sont réparties entre la Air Defence Great Britain (pour la défense territoriale) et la Royal Air Force (RAF) Second Tactical Air Force (la force offensive). La Force de défense antiaérienne de la Grande-Bretagne est revenue à Fighter Command en 1944. Les escadrons canadiens qui font partie de cette dernière formation combattront pendant la campagne d’Afrique du Nord et au cours du jour J et l’invasion de la Normandie.

Le Transport Command (1943–1967)

Le Transport Command (1943–1967) est créé quand le Ferry Command, formé en 1941, change de nom.

Le Ferry Command était principalement chargé d’acheminer les avions depuis les usines d’Amérique du Nord jusqu’aux unités opérationnelles. Sous son nouveau nom, le commandement assume des responsabilités plus nombreuses et plus variées.

L’ARC fournit du personnel au Transport Command, mais elle ne formera ses propres escadrons de transport à l’étranger qu’à la fin de l’été 1944, quand elle se dotera outre-mer de trois escadrons equips de Dakota. Ils seront dissous en 1946, et les aviateurs qui en faisaient partie constitueront le noyau de l’Air Transport Command du Canada.

En 1967, le Transport Command de la RAF prendra le nom d’Air Support Command.

Le Coastal Command (1936–1969)

Le Coastal Command (1936–1969) se charge de la campagne contre les sous-marins allemands, les U-Boote, en escortant les convois faisant route depuis l’Amérique du Nord à destination de la Grande-Bretagne et en patrouillant dans les mers depuis l’Islande jusqu’à Gibraltar. Sept escadrons de l’ARC sont affectés au Coastal Command.

Le Coastal Command détruira plus du quart de tous les sous-marins allemands pendant la guerre, soit 212 sur 800. Les escadrons de l’ARC faisant partie du Coastal Command en coulent 19, alors que les équipages de l’ARC servant dans des escadrons de la RAF participent à la destruction de nombreux autres dans l’Atlantique Nord.

Même si la taille du Coastal Command est considérablement réduite après la Seconde Guerre mondiale, il demeurera une entité active de la RAF jusque dans les années 1960.

Le Bomber Command (1939-1945)

Le Bomber Command (1939-1945) est le seul commandement de la RAF qui comporte un groupe entièrement composé de membres de l’ARC. Le 6e Groupe (ARC), le seul qui ne relève pas de la RAF pendant la guerre, entre en service le 1er janvier 1943. Au début, il comprend huit escadrons, mais il finira par en compter 14. Un autre escadron de bombardiers de l’ARC, soit le 405e Escadron « Vancouver » (équipé de Lancaster), est affecté en permanence au 8e Groupe, c’est-à-dire la Force d’avions-éclaireurs.

Le tiers des membres d’équipage du Bomber Command sont des Canadiens et parmi ces derniers, environ 10 000 perdront la vie. Le Commandement dans son ensemble affichera un taux de pertes extrêmement élevé; en effet, le taux de mortalité dans ses effectifs atteindra environ 44 p. 100. Toutefois, le 6e Groupe enregistrera le plus faible taux de pertes parmi tous les groupes du Bomber Command.

La campagne de bombardement détruit les défenses aériennes et l’industrie allemandes, perturbe les transports, entraîne le déplacement de militaires et de matériel depuis d’autres théâtres de guerre, mine le moral des Allemands et prépare ainsi l’invasion de l’Europe par les Alliés.

Dans son journal personnel, Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, écrit : « À l’ouest du Rhin, la population […] est démoralisée par les raids aériens continus de l’ennemi et se jette maintenant dans les bras des Anglo-américains. »

LE SAVIEZ-VOUS?

Marion Orr, une pionnière de l’aviation canadienne, a travaillé au Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique et au Air Transport Auxiliary.

Avant la Seconde Guerre mondiale, les femmes ont du mal à travailler comme pilotes professionnelles. Durant la guerre, 166 femmes pilotes venant de nombreux pays, notamment du Canada, travaillent pour le Service auxiliaire de transport aérien de l’Angleterre, assurant la livraison des aéronefs et transportant des marchandises et des passagers.