L’ENTRE-DEUX-GUERRES DE LA FORCE AÉRIENNE (1918-1939)

La Force aérienne du Canada (FAC) est créée trop tard pendant la Première guerre mondiale pour connaître une croissance importante. Six autres escadrons doivent être envoyés en Europe, mais avec la fin de la guerre le 11 novembre 1918, les plans à cet égard ne sont pas mis en œuvre.

Un chasseur Bristol au camp Borden (Ontario). Les « Brisfits » faisaient partie des 101 avions que la Grande-Bretagne avaient donnés au Canada après la Première Guerre mondiale.

Qu’adviendra-t-il de la Force aérienne du Canada qui en est encore à ses balbutiements? Le 5 février 1920, les deux escadrons (qui rongent toujours leur frein à l’étranger) sont dissous et leur personnel est renvoyé au Canada, où un décret signé le 18 février 1920 autorise la formation d’une nouvelle FAC dotée provisoirement d’un effectif de 1 340 officiers et de 3 905 aviateurs.

Les premiers avions utilisés par la nouvelle FAC sont en fait des cadeaux de la Grande-Bretagne et des États-Unis reçus après la guerre. Le Canada hérite aussi des stations d’entraînement du Royal Flying Corps (RFC) en Ontario.

La FAC est intégrée dans une Commission de l’Air civile. Pendant les années 1920 et 1930, elle exécute des opérations aériennes de cartographie, des patrouilles de repérage des feux de forêt, de lutte contre la contrebande et de surveillance des pêches, elle dresse des relevés topographiques des forêts et elle trace des itinéraires pour la livraison du courrier et le franchissement de longues distances.

Ces opérations procurent à la FAC une raison d’être et justifient le financement continu du gouvernement qui permet la formation d’officiers et de sous-officiers supérieurs qui formeront plus tard l’épine dorsale de l’Aviation royale canadienne (ARC), une fois la guerre venue.

La « grande coupe » infligée à l’ARC se produit en 1932-1933 dans la foulée de la grande dépression. Elle se traduit par des réductions énormes dans le budget et le personnel. Par la suite, lors de sa reconstruction, l’ARC abandonne progressivement les activités aériennes civiles pour se concentrer sur les activités militaires.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, l’ARC dispose d’un petit effectif expérimenté doué et capable de grandir et d’exécuter d’emblée des opérations militaires.

Le Saviez-vous?

Le sergent John Michael Ready est le premier membre de l’Aviation royale canadienne (ARC) à échapper à la mort en sautant en parachute. En effet, le 16 août 1929, il est obligé de sauter de son avion près de Lac du Bonnet (Manitoba) pendant qu’il effectue une patrouille forestière.

Cette aile d’observateur a été portée par des observateurs de la FAC avant 1924.

LE SAVIEZ-VOUS?

La FAC utilisera indistinctement les grades de l’Armée et de l’Aviation jusqu’au 28 novembre 1922, date où le Canada adopte les désignations de grade de la Royal Air Force (RAF). C’est pourquoi vous verrez parfois les noms de William Barker et de Billy Bishop accompagnés des grades de lieutenant-colonel d’aviation ou de lieutenant-colonel tout simplement (en anglais, « wing commander » et « lieutenant-colonel »).