LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

Le Canada s’engage dans la Première guerre mondiale le 4 août 1914. Il le fait parce qu’il fait partie de l’Empire britannique, qui a déclaré la guerre à l’Allemagne et aux puissances centrales.

Le capt Arthur T. Whealy, de Toronto, observe des mécaniciens en train d’arrimer des bombes sur un Sopwith Camel de la 203e Escadrille en juillet 1918.

Le ministre de la Milice et de la Défense du Canada, le colonel Sam Hughes, établit le Corps expéditionnaire canadien et l’envoie combattre outre-mer, sur le front de l’Ouest. Le contingent est constitué à partir d’unités de milice de différentes régions du Canada.

Au début, Hughes manifeste peu d’enthousiasme pour l’aviation militaire, mais il fait la connaissance d’Ernest Lloyd Janney, un escroc qui le convainc de créer une force aérienne et de lui en confier le commandement. Hughes forme dès lors le Corps d’aviation canadien (CAC) le 16 septembre 1914 et nomme Janney commandant provisoire en lui attribuant le grade de colonel. Hughes l’autorise à dépenser 5 000 $ pour acheter un aéronef.

Janney achète un biplan d’occasion Burgess-Dunne au Massachusetts, et un pilote de l’entreprise livre l’appareil, avec Janney comme passager, à Valcartier (Québec). Après un vol terrifiant, l’aéronef est démonté, puis expédié en Grande-Bretagne, où il rouillera dans la plaine de Salisbury, près de Stonehenge (Angleterre). Par janvier 1915, le CAC avait tout simplement disparu.

Malgré les débuts hésitants de l’aviation militaire au Canada, les Canadiens s’enrôlent avec enthousiasme dans le Royal Flying Corps (RFC) et le Royal Naval Air Service (RNAS) en Grande-Bretagne. Les pilotes canadiens qui servent dans les forces britanniques étonneront véritablement le monde par leurs aptitudes au vol et au tir et ils mériteront plus de 800 décorations. Trois Canadiens se voient décerner la Croix de Victoria tant convoitée (c’est à n’en pas douter la plus prestigieuse décoration décernée pour bravoure dans le monde) : le capitaine William (Billy) Bishop, le sous-lieutenant Alan McLeod et le capitaine William Barker.

L’adresse des pilotes canadiens au combat est telle qu’au printemps de 1918, le gouvernement du premier ministre Robert Borden fait pression pour que soit créée une escadre de huit escadrons qui irait servir en France au sein du Corps expéditionnaire canadien. Cependant, la Grande-Bretagne veut garder le personnel de piste et les pilotes canadiens doués dans le RFC, et elle réussit à limiter le nombre d’escadrons canadiens mis sur pied.

LE SAVIEZ-VOUS?

L’aviateur bien connu Douglas McCurdy, qui a piloté le Silver Dart en 1909, s’entretient avec le colonel Sam Hughes au sujet de la création d’une force aérienne canadienne en août 1914, quand la Première Guerre mondiale éclate. Hughes, qui ne croit pas encore à la puissance aérienne, déclare : « Jeune homme, l’aéroplane est l’invention du diable… et il ne jouera jamais aucun rôle dans quelque chose d’aussi sérieux que la défense de la nation! »

PLEINS FEUX SUR… LE CORPS D’AVIATION CANADIEN

Le premier avion militaire du Canada était un hydravion Burgess-Dunne.

Le CAC n’a d’un corps proprement dit que le nom. Outre le capitaine d’aviation Janney, il comprend le sergent d’état-major Harry Farr, un mécanicien d’aéronefs de Victoria (Colombie-Britannique), et le lieutenant William Sharpe, un pilote de Prescott (Ontario). C’est là l’ensemble de son effectif!

Janney est rayé de l’effectif du Corps expéditionnaire canadien en janvier 1915 quand Hughes perd patience contre lui. Farr s’enrôle dans le Royal Naval Air Service (RNAS) et terminera la guerre après avoir mérité la Croix du service distinguée (DSC) et la Croix du service distingué dans l’aviation (DFC).

Sharpe meurt quand son appareil s’écrase en février 1915 tandis qu’il fait partie du Royal Flying Corps, et sa dépouille est retournée à Prescott pour y être inhumée. Il est considéré comme ayant été le premier aviateur militaire du Canada et le premier membre de l’ARC à être tué durant une guerre.