Histoire de la Réserve de l'Aviation royale canadienne

Table des matières

  1. Introduction
  2. Entre-deux guerres
  3. Deuxième guerre mondiale
  4. De l'aprés-guerre à l'unification
  5. La période postérieur à l'unification
  6. La Réserve aérienne à l'époque actuelle

 Introduction

Le Réserve de l'ARC du Canada a été créée le 1er avril 1924, lors de l'inauguration officielle de l'Aviation royale du Canada.

Pendant les années d'entre-deux-guerres qui ont suivi la Première Guerre mondiale, la terrible période de la Deuxième Guerre mondiale, la guerre de Corée, les nombreuses décennies de guerre froide, la guerre du Golfe et la récente campagne aérienne des Balkans, les hommes et les femmes de la Réserve aérienne du Canada ont servi avec dévouement et distinction au sein de la force aérienne du Canada.

Les réservistes de l'Air du Canada ont généreusement servi la cause de la liberté, de la dignité humaine ainsi que de la paix et de la stabilité internationales. Ce faisant, certains ont perdu la vie et beaucoup ont subi de graves blessures.

Le Canada devrait être très fier de tous ses fils et de toutes ses filles qui ont servi et de ceux qui ont péri.

Entre-deux guerres

Pendant la Première Guerre mondiale, les aviateurs canadiens ont surtout servi dans le British Royal Flying Corps, le Royal Naval Air Service et, plus tard, la Royal Air Force.

On a beaucoup parlé de la nécessité d'une réserve aérienne durant les délibérations qui ont entouré la création d'une force aérienne canadienne embryonnaire sous l'autorité de la Commission de l'air, en 1919-1920, et de son successeur, l'Aviation royale du Canada (ARC), en 1924. L'ARC avait deux composantes - le Corps d'aviation actif permanent (CAAP) et le Corps d'aviation actif non permanent (CAANP). Le CAANP était conçu comme une réserve disponible de personnel qui pouvait grossir les rangs du CAAP.

À la fin des années 1920, lorsque les tâches de l'ARC se sont multipliées, beaucoup de membres du personnel porté à l'effectif pour remplir cette myriade d'engagements étaient inscrits dans le registre du CAANP. À vrai dire, ce groupe comptait des personnes remarquables, dont W.A. Curtis, pilote de chasse décoré de la Première Guerre mondiale qui s'est élevé au poste de chef d'état-major de la Force aérienne, et C.R. Slemon, qui était commandant en chef adjoint de la Défense aérienne du continent nord-américain (NORAD) lorsqu'il a pris sa retraite.

La situation a changé avec la crise économique. Durant l'exercice 1932-1933, plus du cinquième des membres du personnel de l'ARC, dont la plupart faisaient partie du CAANP, ont été mis en disponibilité par suite de ce qu'on a appelé les « grandes coupures », qui n'ont toutefois pas eu que des effets néfastes. Le 5 Octobre 1932, le CAANP est devenu officiellement actif, avec la formation de trois escadrons : le no 10 à Toronto, le no 11 à Vancouver et le no 12 à Winnipeg. Ces escadrons se sont vu confier un rôle de coopération avec l'armée.

Bien que le recrutement ait commencé dès que la création des escadrons eut été autorisée, les unités ont mis un certain temps à devenir suffisamment bien organisées pour recevoir des aéronefs. En 1934, chaque escadron s'est vu accorder cinq aéronefs « Moth » de la société de Havilland et un détachement de la Force permanente composé de deux officiers et de cinq aviateurs chargés de la formation initiale des pilotes et du personnel au sol.

D'autres escadrons ont suivi. En 1934, l'escadron no 15 (chasse) et le no 18 (bombardement) ont été créés à Montréal. En 1935, l'escadrono 19 (bombardement) a été établi à Hamilton et le no 20 (bombardement) a été formé à Regina. En 1937, l'escadron no 13 (chasse) a été créé à Calgary et le no 21 (chasse) a été formé à Québec. Le 1er avril 1938, on a autorisé la création des trois derniers escadrons du CAANP : le no 114 (bombardement) à London, le no 116 (appui d'artillerie côtière) à Halifax et le no 117 (chasse) à Saint John. Le 1er décembre 1938, l'établissement de trois quartiers généraux a été autorisé pour le CAANP : le no 100 à Vancouver, le no 101 à Toronto et le no 102 à Montréal.

À cause de l'expansion de l'ARC avant la Deuxième Guerre mondiale, il fallait élargir les blocs de chiffres utilisés pour la Force permanente. Donc, le 15 novembre 1937, on a renuméroté les escadrons du CAANP, pour lesquels on a utilisé le bloc 100 : le no 10 est devenu 110, le no 11, 111, etc. La désignation CAANP a été employée jusqu'au 1er décembre 1938, date où cet organisme a été rebaptisé Corps actif auxiliaire d'aviation, nom qu'il a conservé jusqu'à la mobilisation pour la Deuxième Guerre mondiale.

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Deuxième guerre mondiale

La distinction entre le Corps actif auxiliaire d'aviation et le Corps d'aviation actif permanent est disparue lorsque le corps auxiliaire a été mobilisé, le 3 septembre 1939.

À cette époque-là, le corps auxiliaire se composait de 12 escadrons et formait le tiers des effectifs de l'ARC. Sur ces 12 escadrons, seulement cinq ont été entièrement mobilisés dans un premier temps. Les sept autres ont été dissous à cause d'un manque de personnel; cependant, cinq d'entre eux ont été reformés plus tard et ont servi au sein de l'effectif de guerre territorial.

Deux des trois premiers escadrons de l'ARC envoyés en Angleterre en 1940 étaient des unités auxiliaires - les nos 110 et 112. On s'attendait à ce qu'ils servent tous les deux en France; cependant, vu la chute de ce pays, ils ont été relégués à la formation. Le 1er mars 1941, ces escadrons ont été renumérotés (400 et 402) et sont devenus opérationnels en novembre et en mars 1941 respectivement. Le chef d'escadron F.M. Gobeil, commandant de l'escadron (canadien) no 242 et pilote pour le Corps actif auxiliaire d'aviation, a remporté la première victoire de l'ARC dans les airs en abattant un chasseur-bombardier allemand Bf 110 au-dessus de la Belgique, le 25 mai 1940.

Au pays, l'escadron no 119 participait à la défense anti-sous-marine au-dessus du golfe du Sanit-Laurent, tandis que le no 120 jouait un rôle semblable sur la côte ouest. Ils ont été dissous tous les deux en 1944. L'escadron no 118 a servi dans les îles Aléoutiennes comme escadron de chasse jusqu'en 43, année où il a été renuméroté (438) et envoyé en Angleterre.

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De l'aprés-guerre à l'unification

C'est durant cette période que le nombre de membres de la Réserve de l'ARC a été le plus élevé, puis le plus bas. À partir de la fin des années 1940, la Réserve a grossi son effectif jusqu'à son maximum de 5 700 personnes en 1955 et fait partie intégrante des mécanismes de défense aérienne de l'Amérique du Nord. Cependant, par suite de restrictions gouvernementales et de l'évolution du contexte mondial, l'effectif de la Réserve n'était plus que de 750 personnes en 1965.

En 1946, le gouvernement a approuvé une réorganisation de la force aérienne, qui allait se composer d'une Force régulière, d'une Force auxiliaire (force de réserve active), d'une Réserve (force de réserve disponible semblable à la Réserve supplémentaire actuelle) et des Cadets de l'air.

On a confié à la Force auxiliaire le soin de protéger les principales villes du Canada, rôle qu'elle allait jouer pendant 12 ans. Elle était presque sur un pied d'égalité avec la Force régulière, car elle avait non seulement des escadrons aériens mais également des unités de radar et des unités médicales, de formation technique et de renseignement.

Le tableau d'effectifs de l'ARC en temps de paix prévoyait 15 escadrons auxiliaires et 4 500 personnes. Le 15 avril 1946, la formation de sept escadrons a été autorisée : le no 400 (Toronto), les nos 401 et 438 (Montréal), le no 402 (Winnipeg), le no 418 (Edmonton), le no 424 (Hamilton) et le no 442 (Vancouver).

Chaque escadron a reçu des aéronefs Harvard et commencé à former ses pilotes. Les escadrons de l'Est ont été formés pour la chasse et l'interception, et les escadrons de l'Ouest, pour la chasse et le bombardement. Le 1er avril 1947, la formation de l'escadron no 406 a été autorisée et celui-ci a été formé à Saskatoon.

En mars 1948, les nos 400, 401, 438 et 442 ont commencé à recevoir des aéronefs Vampire produits par la société de Havilland et qui étaient les premiers avions de combat à réaction de l'ARC. Les escadrons nos 402 et 442 ont reçu des Mustang et les nos 406 et 418, des bombardiers légers Mitchell. Deux escadrons additionnels ont été créés en 1948 : le no 420 (London) et le no 403 (Calgary), qui étaient tous les deux dotés de Mustang. Au milieu des années 1950, la Force auxiliaire pilotait des chasseurs modernes Sabre 5 pour la défense de l'Amérique du Nord. Ces appareils étaient des chasseurs de première ligne qui servaient à des missions importantes.

La situation a commencé à changer en 1958. Le gouvernement croyait que, vu l'évolution des technologies, les futures batailles seraient livrées avec les forces déjà en place. Selon ce scénario, les guerres seraient terminées avant qu'on ait le temps de mobiliser les réserves et de les envoyer, avec leur équipement, là où l'on avait besoin d'elles.

Le 26 mars 1958, le Conseil de l'air a annoncé que la Force auxiliaire servirait au transport léger, à la recherche et au sauvetage. Elle échangerait ses chasseurs et ses bombardiers contre des Expeditor et des Otter. Par suite de ce changement, le contrôle de la Force auxiliaire est passé du Commandement de la défense aérienne au Commandement du transport aérien, le 1er avril 1961.

Ce changement de rôle n'a pas été la seule cause de la réduction de la Force auxiliaire. Au cours de 1961, l'introduction d'un radar plus puissant dans le réseau Pinetree a entraîné la dissolution des unités de contrôle aérien et d'alerte de la Force auxiliaire. En tout, plus de 80 p. 100 du personnel de la Force auxiliaire a démissionné ou a été déclaré excédentaire.

En 1964, il lui restait uniquement quatre quartiers généraux et six unités de vol actives : l'Escadre de la Réserve aérienne no 11 à Montréal, qui contrôlait les escadrons nos 401 et 438, l'Escadre de la Réserve aérienne no 14 à Toronto, qui contrôlait les escadrons nos 400 et 411, l'Escadre de la Réserve aérienne no 17 à Winnipeg, qui contrôlait l'escadron no 402 et l'Escadre de la Réserve aérienne no 18 à Edmonton, qui contrôlait l'escadron no 418.

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La période postérieur à l'unification

Au milieu des années 1970, la Réserve de l'ARC a pris un nouvel essor. Lors des compressions du budget de la défense, durant les années 1970, les planificateurs militaires ont pris conscience qu'ils pouvaient économiser de l'argent en faisant appel à du personnel à temps partiel pour accomplir des tâches précises ou étoffer les unités de la Force régulière.

Le concept des « escadrons jumelés » ou du « jumelage » a alors été introduit et les unités de la Réserve de l'ARC ont commencé à utiliser l'équipement des unités de la Force régulière lorsque ces dernières n'avaient pas besoin de leur matériel; il n'était donc pas nécessaire d'acheter de l'équipement additionnel pour les réservistes.

À Edmonton, l'escadron no 418 partageait des Twin Otters avec l'escadron no 440 et, à Winnipeg, l'escadron no 402 travaillait avec l'École de navigation aérienne des Forces canadiennes et pilotait de vénérables Dakota. Le 1er mai 1975, l'escadron no 420 a été reconstitué et transféré à Summerside, où il a partagé les Tracker de l'escadron no 880 pour la patrouille côtière.

Un autre concept nouveau, l'Escadrille de renfort de la Réserve de l'ARC, est né à Moose Jaw en 1975. En 1976, on a formé à Winnipeg, au sein du Commandement aérien, le Groupe Réserve de l'ARC, dont le mandat consistait à gérer quelque 950 membres de la Réserve de l'ARC, bien que les unités de la Réserve de l'ARC aient relevé, sur le plan opérationnel, des commandants de groupes de la Force régulière.

À la fin des années 1970, le Commandement aérien a mis hors service les Twin Otter à Montréal et à Toronto, et acquis des hélicoptères modernes. Dès 1981-1982, la 1re Escadre à Montréal et la 2e Escadre à Toronto (escadres de la Réserve aérienne nos 11 et 12 renommées le 1er janvier 1969) étaient dotées d'hélicoptères Kiowa. Ces deux escadres se sont éventuellement vu confier un rôle actif de soutien des opérations des forces terrestres du Canada.

Du côté du soutien, les escadrons de soutien à l'aviation tactique nos 1 et 2 ont été formés en 1987. Ces escadrons étaient composés de personnel de la Force régulière (dans une proportion de 1/3) et de la Réserve (2/3). Leur rôle consistait à fournir des services d'entretien des aéronefs et de soutien logistique aux escadrons de la 1re Escadre et de la 2e Escadre; cependant, ils fournissaient aussi des services semblables aux unités de la Force régulière et pour diverses opérations au Canada et en Allemagne.

Durant la période de restrictions qui a suivi le changement de gouvernement en 1992, la Réserve de l'ARC a remanié ses fonctions dans certains domaines et adopté de nouveaux rôles. Entre 1994 et 1996, trois escadrons aériens de la Réserve (les nos 401, 411 et 418) ont été dissous et l'effectif de l'escadron no 420 a été réduit à zéro (il est demeuré inscrit au tableau d'effectifs et de dotation, mais aucun personnel ni aéronef n'y était affecté). En 1996, les escadrons de soutien à l'aviation tactique nos 1 et 2 et la 2e Escadre ont été dissous, et la 1re Escadre est devenue une escadre de la « Force totale ». Deux des six escadrons d'hélicoptères de la 1re Escadre (les nos 400 et 438) comptaient un fort pourcentage de réservistes. Tous les escadrons de la 1re Escadre ont reçu des hélicoptères Griffon pour souteir les opérations de l'armée.

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La Réserve aérienne à l'époque actuelle

La Réserve de l'ARC fait maintenant partie intégrante de la Force aérienne totale. Il y a des postes de réserviste dans les quartiers généraux, les escadres, les escadrons et les unités de la force aérienne du pays tout entier. Les réservistes de l'Air soutiennent ou exécutent toute la gamme des opérations de la force aérienne.

Les hommes et les femmes de la Réserve de l'ARC qui servent actuellement le Canada chez nous et à l'étranger respectent les normes élevées d'excellence et de professionnalisme auxquelles se sont conformés les aviateurs et aviatrices canadiens depuis le début. Tout comme ceux qui ont servi avant eux, les réservistes de l'Air actuels seront prêts à se battre, si on le leur demande, pour défendre le Canada et la cause de la liberté.

Depuis des débuts peu prometteurs, la Réserve de l'ARC a connu des hauts et des bas sous l'effet de facteurs tels que les restrictions budgétaires et la réduction des forces. Néanmoins, elle s'est avérée une organisation solide, qui a pu s'adapter aux besoins changeants du gouvernement et des militaires du Canada. Une chose est sûre : la Réserve de l'ARC continue de montrer qu'elle est très capable de faire sa part pour servir le Canada.

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