Programme de la cérémonie de la bataille d’Angleterre

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Cérémonie nationale 2018
Le dimanche 16 septembre 2018, à 10 h
Hangar des ailes d'époque du Canada
Aéroport exécutif de Gatineau-Ottawa
Gatineau, au Québec

Une histoire partagée

Née de la fusion du Royal Flying Corps et du Royal Naval Air Service, la Royal Air Force (RAF) a vu le jour le 1re avril 1918. Puisque cette année la RAF souligne son centenaire, l'ARC célèbre l'histoire, l'héritage et les traditions qu'elle partage avec la RAF, établis pendant la Première Guerre mondiale, cultivés durant l'entre­deux-guerres et solidifiés lors de la Seconde Guerre mondiale.

Pendant la Première Guerre mondiale, des Canadiens comme Billy Bishop, William Barker et Wilfrid « Wop » May se sont joints aux Imperial Flying Services, pendant que la RAF établissait un programme au Canada en vue de recruter et de former des aviateurs canadiens. Pendant l'entre-deux-guerres, aidée d'un « cadeau » britannique d'aéronefs excédentaires et faisant fond sur l'expérience acquise pendant les années de guerre, l'Aviation canadienne a continué à croître jusqu'à ce qu'elle obtienne le qualificatif « royale » et qu'elle devienne un élément permanent de la force de défense du Canada, le 1re, avril 1924. Les règlements de l'ARC, ses uniformes et son entraînement, entre autres, s'inspiraient de ceux de la RAF.

Le Canada a de nouveau soutenu la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1940, des Canadiens se sont joints aux « few » de Churchill pendant la bataille d'Angleterre, mais ce n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan comparativement aux milliers de membres d'équipages formés au moyen du Programme d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, organisé et géré par l'ARC. Les militaires de l'ARC et de la RAF ont de nouveau servi côte à côte dans des unités britanniques et canadiennes.

Pendant que la guerre froide prenait de l'ampleur, nous avons continué d'entretenir des liens étroits. Nous avons multiplié les occasions d'entraînement, d'échange et de formation et, souvent, nos militaires ont travaillé côte à côtedans le cadre d'opérations de maintien de la paix, de secours humanitaire et de combat. L'avènement du nouveau siècle n'a en rien affaibli ces liens. Les militaires de nos forces aériennes continuent de travailler ensemble dans des endroits comme l'Afghanistan, l'Irak et le Mali. L'ARC et la RAF sont prêtes à affronter l'avenir en tant que pairs.

Programme

  • Décollage d'avions de la Seconde Guerre mondiale
  • Arrivée du défilé
  • Arrivée des invités d'honneur et du commandant de l'ARC
  • Interprétation du ô Canada par Loreena McKennitt, colonel honoraire de l'ARC, et la Musique centrale des Forces armées canadiennes
  • Inspection
  • High Flight
  • Airman's Prayer
  • Bénédiction
  • L'Acte du Souvenir
  • La Dernière sonnerie
  • Deux minutes de silence
  • Le Réveil
  • L'Éiégie
  • Défilé aérien
  • Dépôt de couronnes
  • Allocutions
  • God Save the Queen
  • Départ du défilé

Des défilés aériens auront lieu tout au long de la cérémonie.

La Bataille d'Angleterre : un combat pour la liberté

La bataille d'Angleterre est la première grande bataille livrée presque entièrement par des forces aériennes adverses. Elle fait rage de juillet à octobre 1940, opposant un petit groupe de pilotes de chasse alliés et une force aérienne allemande bien plus imposante : la Luftwaffe.

En juin 1940, la France tombe aux mains des nazis, dont le prochain objectif consiste à soumettre la Grande-Bretagne. Mais ils savent qu'ils doivent vaincre la Royal Air Force (RAF) avant d'entreprendre une invasion. La RAF, affaiblie par les pertes subies lors de la bataille de France, devient le dernier moyen de défense de l'Angleterre.

Bien que bon nombre de Canadiens se joignent à la RAF pendant les années 1930, l'Aviation royale canadienne (ARC) compte moins de 5 000 militaires lorsque la guerre éclate le 10 septembre 1939. Seul le 1er Escadron de chasse est équipé de chasseurs modernes Hurricane, dont on a besoin pour défendre le pays. Toutefois, comme la Grande-Bretagne se trouve acculée au pied du mur en juin 1940, le Canada déploie le 1re Escadron à l'étranger, bien que deux mois s'écouleront avant qu'il ne soit opérationnel.

Du 10 juillet au 11 août, la Luftwaffe lance des attaques massives contre le commerce côtier. Pendant que le 1re Escadron poursuit son entraînement, des Canadiens pilotent des avions dans la RAF, y compris le 242e Escadron « canadien », qui s'est forgé une réputation durant la bataille de France.

Le 12 août, la Luftwaffe commence à attaquer les aérodromes côtiers pour détruire la RAF au sol, ce qui fait beaucoup de victimes parmi les personnels de piste et de soutien. Après une attaque, quoiqu'on dispose de peu de temps pour traiter les blessés et rassembler les morts, ces femmes et ces hommes se précipitent pour remplir les cratères creusés par les bombes, éteindre les feux et réparer les aéronefs, en plus de réarmer les chasseurs qui reviennent et de les ravitailler en carburant.

Le 20 août, Winston Churchill, premier ministre britannique, prononce son fameux discours, vantant les mérites des aviateurs qui combattent l'ennemi : « Jamais, dans l'histoire de la guerre, tant de gens ont été redevables à aussi peu de personnes. »

L'étape la plus cruciale de la bataille a lieu du 24 août au 6 septembre, lorsque la Luftwaffe lance une campagne massive pour détruire la RAF au sol et dans les airs. Les Hurricane et les Spitfire, alertés par radar et guidés par les centres de contrôle, affrontent les bombardiers allemands et les chasseurs d'escorte plusieurs fois par jour.

Le 7 septembre, la Luftwaffe amorce une campagne de bombardement contre Londres et d'autres villes. Durant le « Blitz », les civils britanniques subissent une pluie de bombes, le jour comme la nuit. Toutefois, la force de chasseurs du sud-est de l'Angleterre profite de l'occasion pour réparer ses pistes et ses emplacements de radars.

Les combats aériens titanesques atteignent leur sommet le 15 septembre, lorsque la Luftwaffe lance de nombreuses attaques contre Londres. À la fin de la journée, plus de 1 500 aéronefs ont participé aux combats. Le 17 septembre, furieux de l'incapacité de la Luftwaffe de détruire la RAF, Hitler reporte l'invasion.

De plus petites attaques continuent d'avoir lieu, mais, comme le soulignera un historien, la bataille diminue en intensité pour se terminer le 31 octobre. Plus de 100 pilotes canadiens ont pris part à la bataille d'Angleterre, la plupart dans la RAF et la force aéronavale de la Royal Navy; 23 d'entre eux ont perdu la vie.

En plus des équipes britanniques et canadiennes, du personnel de l'Australie, de la Belgique, de la Tchécoslovaquie, de la France, de l'Irlande, de la Jamaïque, de la Nouvelle-Zélande, de la Pologne, de l'Afrique du Sud, des États-Unis et du Zimbabwe (Rhodésie du Sud) a combattu, appuyé par des milliers de membres d'équipes au sol et du personnel de soutien, d'employés civils et de bénévoles. Il s'agissait d'un effort international visant à défendre la démocratie, même si bien peu d'entre eux comprenaient l'importance de leurs gestes à l'époque. Le rôle du Canada, bien qu'il ne soit pas considérable, témoigne néanmoins du dévouement du pays aux mesures de défense collective contre une agression non justifiée.

« High Flight »

Le sous-lieutenant d'aviation John Gillespie Magee fils, de l'ARC, a décrit admirablement le sentiment d'aventure et l'émotion fébrile qu'éprouve le pilote aux commandes de son avion. Originaire des États-Unis, le sous-lieutenant Magee s'est porté volontaire pour servir dans l'ARC. Il a composé cet hommage à l'aviation qui est désormais considéré comme le poème de la Force aérienne.

Ah! Je me suis libéré des emprises de la Terre
Pour danser dans le ciel sur des ailes argentées d'un grand rire.
Je suis allé vers le soleil, et j'ai rejoint les cascades chaotiques
De nuages tranchés de lumière, et là, j'ai vécu des moments dont
Vous n'avez jamais rêvé; j'ai coulé, plané et balancé,
Si haut dans le silence solaire. Suspendu,
J'ai pourchassé le vent hurlant, et lancé
Mon vaisseau au travers de fabuleuses cavernes, pleines d'un air infini...

Haut, plus haut, au long d'un délire de bleu brûlant,
J'ai survolé les sommets balayés par le vent dans une sérénité
Où jamais alouette ou même aigle ne s'est envolé
Puis, alors que mon esprit silencieux s'élevait
Au travers du sanctuaire inviolé de l'espace,
J'ai sorti une main, et caressé le visage de Dieu.

[traduction libre]

Le sous-lieutenant d'a.via.tion John Gillespie Magee fils
412e Escadron, ARC
Mort  le 11 décembre 1941

Aux soldats morts au champ d'honneur

Fière et reconnaissante, la patrie, telle une mère,
Pleure ses enfants disparus au-delà des mers,
Ces soldats, esprit de son esprit et chair de sa chair,
Morts au nom de la liberté qui leur était si chère.

Aux frémissements des tambours, la Mort, royale et solennelle,
Égrène des notes de tristesse dans les sphères immortelles.
Mais, au milieu de la désolation, résonne une musique d'espoir
Et nos larmes sont séchées par un rayon de gloire.

Ils étaient jeunes; c'est en chantant qu'ils ont pris le départ,
Solides et droits, les yeux brillants d'énergie.
Jusqu'à la fin, ils ont combattu sans faillir, assaillis de toutes parts.
Ils sont morts le visage tourné vers l'ennemi.

Ils ne vieilliront pas comme nous, qui leur avons survécu;
Ils ne connaîtront jamais l'outrage ni le poids des années.
Quand viendra l'heure du crépuscule et celle de l'aurore,
Nous nous souviendrons d'eux.

Leurs rires ne se mêlent plus à ceux de leurs amis
Et leur place demeure vide à la table familiale.
Ils ne partagent plus le travail quotidien
Car, par-delà les mers, ils se sont endormis.

Mais là où résident nos désirs et espoirs profonds,
telle une source vive, invisible et secrète,
Au tréfonds de l'âme de leur propre pays,
Ils sont comme les étoiles qui illuminent la nuit.

Comme les étoiles qui brilleront encore quand nous serons poussfère,
Marchant au pas dans la plaine céleste,
Comme les étoiles qui parsèment le ciel aux plus obscures heures,
Jusqu'à la fin, oui, jusqu'à la fin, ils demeurent.

[traduction libre]

Laurence Binyon
(traduotion libre)
1869 - 1943

Merci

L'Aviation royale canadienne souhaite exprimer sa gratitude aux anciens combattants qui se joignent à nous aujourd'hui à titre d'invités d'honneur et de participants au défilé et à la cérémonie de cette année. Les anciens combattants représentent :

  • L'Association de la Force aérienne du Canada
  • La Légion royale canadienne

Nous souhaitons remercier les organismes suivants de leur dévouement et du soutien qu'ils ont apporté à la cérémonie de la bataille d'Angleterre l'Association de l'Aviation royale canadienne :

  • la Légion royale canadienne
  • les Ailes d'époque du Canada
  • l'Aéroport exécutif Gatineau-Ottawa
  • le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada
  • le personnel du Service paramédical d'Ottawa la Ville de Gatineau
  • la Musique centrale des Forces armées canadiennes
  • le Corps de cornemuses de l'Aviation royale canadienne
  • les cadets de l'Aviation royale canadienne
  • l'Ambulance Saint-Jean la 28e Ambulance de campagne Aero Gatineau Ottawa
  • Aero Gatineau Ottawa