Histoire de la bataille d'Angleterre

Peinture de la bataille d'Angleterre

Nicolas Trudgian

'A Summer of Heroes'

PL-905, Archives du MDN

Le commandant d’aviation Ernest A. McNab, commandant du 1er Escadron, pendant la Bataille d’Angleterre.

La bataille d’Angleterre, explique l’historien canadien Hugh Halliday, « est la première campagne à laquelle participe l’Aviation royale du Canada [au cours de la Deuxième Guerre mondiale], bien que la contribution canadienne soit de faible ampleur comparativement aux opérations qui suivront ».

L’été 1940 est une période sombre pour les forces alliées durant la Deuxième Guerre mondiale. Une grande partie du continent européen est entre les mains des nazis et Hitler se prépare à lancer une invasion à grande échelle de la Grande Bretagne, mais il doit d’abord dominer l’espace aérien au dessus de la Manche. Pour ce faire, il faut que la Luftwaffe (la Force aérienne allemande) détruise la Royal Air Force.

Prélude à la bataille d’Angleterre

La machine militaire d’Hitler envahit la France à une vitesse fulgurante. La bataille de France commence le 10 mai 1940 avec l’invasion des Pays Bas et de la Belgique. La Pologne, le Danemark et la Norvège ont déjà capitulé.

En trois jours, les forces allemandes traversent la frontière française et, à la fin de mai, les forces françaises et britanniques sont repoussées jusqu’à la Manche. C’est alors que se produit le « miracle de Dunkerque » : du 27 mai au 4 juin, plus de 300 000 hommes réussissent à quitter la France. Les rescapés des plages de Dunkerque embarquent sur des navires militaires et civils de toutes les tailles et de toutes les formes qui font la navette entre l’Angleterre et la France.

L’Armée de terre doit abandonner une grande quantité de matériel à Dunkerque et fait maintenant face à une pénurie d’équipement. Le site Web de la RAF sur la bataille d’Angleterre explique que « la RAF réussit à garder la majorité des bombardiers et des chasseurs allemands à distance et abat 150 avions. Cependant, elle perd 100 chasseurs précieux et 80 pilotes irremplaçables ». Ces pertes aggravent la situation dangereuse dans laquelle se trouvent les forces alliées.

Paris capitule le 14 juin, soit huit jours avant que la France signe un armistice avec l’Allemagne.

Quelques jours plus tard, Winston Churchill, le nouveau premier ministre de la Grande-Bretagne, prononce un discours à la Chambre des communes britannique sur la situation critique des Alliés :

La bataille de France est terminée, celle d’Angleterre va bientôt commencer. […] Hitler sait qu’il devra nous vaincre sur notre île ou perdre la guerre. Préparons nous donc à faire notre devoir et n’oublions pas que, si l’Empire britannique et son Commonwealth perdurent pendant 1 000 ans, les hommes diront encore « C’était leur heure de gloire. »

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Bibliothèque et Archives Canada

Un aéronef Heinkel HE-111 de la Luftwaffe est abattu pendant la bataille d’Angleterre.

La directive no 16

« L’opération Lion de mer (Seelöwe), le plan de l’invasion de la Grande‑Bretagne, est en cours d’élaboration depuis un certain temps, indique M. Halliday. Après l’évacuation de Dunkerque et la capitulation de la France en 1940, Hitler s’attend à ce que l’Angleterre soit réaliste et sollicite la paix », affirme Halliday. Cependant, les jours passent et les Britanniques ne donnent aucun signe laissant entendre qu’ils sont prêts à demander la paix, ou même à négocier. Hitler décide donc de lancer l’opération Lion de mer.

« Ce n’est que le 16 juillet 1940 qu’il établit la directive no 16, rédigée en des termes hésitants », poursuit Halliday.

« Étant donné que l’Angleterre ne montre aucune volonté de conclure une entente malgré sa situation militaire désespérée, j’ai décidé de préparer et, au besoin, de lancer une manœuvre de débarquement contre l’Angleterre, écrit Hitler. Cette opération visera à éliminer la capacité du territoire anglais à servir de base pour la poursuite de la guerre contre l’Allemagne et, au besoin, à l’occuper entièrement. »

La directive mentionne également que « la Force aérienne britannique doit être détruite au point où elle sera incapable d’opposer une force substantielle aux troupes d’invasion ».

« Pour que les Allemands puissent envahir l’Angleterre, la Marine [allemande] doit contrôler la Manche. Pour ce faire, il faut que la Luftwaffe domine l’espace aérien au‑dessus du nord‑ouest de la France, des Pays‑Bas, de la Manche et du sud‑est de l’Angleterre », explique l’historien canadien James L. Stokesbury.

Il poursuit en indiquant que « Les deux belligérants font face à d’énormes problèmes sans précédent. C’est la première fois de l’histoire qu’une nation tente d’en vaincre une autre grâce à la puissance aérienne. La bataille d’Angleterre est tout à fait nouvelle et une affaire extrêmement serrée, ce qui en fait probablement la campagne la plus intéressante de la Deuxième Guerre mondiale. »« Ni les Britanniques ni les Allemands ne savent ce qui va se passer. Ils ne savent même pas ce qu’il faudrait pour obtenir les conditions recherchées. »

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Première étape – la bataille de la Manche (Kanalkampf )[1]

La première étape de la bataille commence le 10 juillet et dure un mois. Durant cette période, la Luftwaffe attaque des convois dans la Manche et ses ports. Elle commence aussi à bombarder les stations radars sur la côte sud de l’Angleterre.

Deuxième étape – l’attaque de l’aigle (Adlerangriff)

La deuxième étape, l’assaut principal, comprend de nouvelles attaques sur les radars et des bombardements d’envergure contre les aérodromes afin de détruire la force de chasse de la Grande-Bretagne dans les airs et au sol. Les aérodromes du 11e Groupe, au sud‑est de l’Angleterre, sont notamment soumis à des bombardements. Le seul escadron de l’Aviation royale du Canada qui participe au combat, le 1er Escadron (canadien) – qui sera plus tard renommé le 401e escadron – fait partie du 11e Groupe.

L’assaut principal est lancé le 13 août; le haut commandement allemand l’appelle le jour de l’aigle (Adlertag). La veille, la Luftwaffe endommage sérieusement la chaîne de stations radars du sud, sans la détruire. M. Stokesbury raconte que, le jour de l’aigle, « la Luftwaffe attaque en force : elle bombarde les stations radars, les aérodromes et les usines qui produisent des avions. Elle effectue environ 1 500 sorties, contre approximativement 700 pour les Britanniques. »

Le 20 août, au plus fort de l’attaque de l’aigle, Churchill prononce un discours dans lequel il fait l’éloge des aviateurs combattants dans des mots qui trouvent encore un écho plusieurs décennies plus tard :

Il n’est pas de foyer dans notre île, ni dans notre empire, ni même dans le monde entier – si ce n’est chez les coupables – qui ne soit plein de reconnaissance envers ces vaillants aviateurs britanniques qui, sans se laisser intimider par le nombre, relevant sans cesse le défi, et affrontant sans cesse la mort, font basculer le sort du monde par leur dévouement.

Jamais dans l’histoire des guerres un si grand nombre d’hommes a dû autant à un si petit nombre.

Toutes nos pensées sont tournées vers les pilotes de chasse, dont nous voyons les actes héroïques jour après jour.

« Écoutez la citation selon Churchill (MP3 667KB - en anglais seulement) »

Les attaques se poursuivent tout au long du mois et jusqu’en septembre; selon le site Web de la RAF « la situation du 11e Groupe est désespérée », indique le site Web de la RAF.

Toutefois, les Allemands « jugent que leurs attaques sur les stations radars ne sont pas utiles – au moment même où elles commencent à l’être – et ils décident de les interrompre, commettant ainsi une autre erreur fatale », souligne M. Stokesbury.

Troisième étape – le blitz

Le 1er août 1940, Hitler émet la directive no 17, qui stipule que « la guerre contre l’Angleterre doit comprendre des attaques contre des industries et des objectifs de la Force aérienne ». Toutefois, il se « réserve le droit de décider d’effectuer des attaques terroristes à titre de représailles » – c.‑à‑d. des attaques contre des civils.

Plus tard au cours du mois, la Luftwaffe semble avoir l’avantage, mais la bataille d’Angleterre prend un autre tournant inattendu.

Des bombardements ont déjà eu lieu sur des cibles militaires en périphérie de Londres et des docks. Cependant, la nuit du 24 au 25 août, un avion de la Luftwaffe largue par erreur ses bombes sur Londres. Pour riposter, plus de 80 bombardiers britanniques bombardent Berlin. Pendant que le bombardement de Berlin se déroule, Hitler, furieux, annule la directive 17 et ordonne des « attaques perturbatrices contre la population et les défenses antiaériennes des grandes villes britanniques, y compris Londres, de jour comme de nuit ».

Le bombardement intensif, qui dure 57 nuits, commence le 7 septembre, et la bataille d’Angleterre commence à favoriser les Britanniques. « Ironiquement, c’est exactement ce dont les Britanniques avaient besoin. Londres est comme une grande éponge qui absorbe tous les dommages », affirme M. Stokesbury.

Le changement d’objectifs permet au 11e Groupe au sud‑est de l’Angleterre de réparer ses aérodromes et ses stations radars. En outre, les avions allemands qui se rendent à Londres sont à la portée du 12e Groupe, situé dans les Midlands et à East Anglia.

Le dimanche 15 septembre est l’apogée de la bataille selon plusieurs – on l’appelle maintenant le jour de la bataille d’Angleterre. Les Allemands déclenchent une attaque massive sur Londres : 123 bombardiers y participent, escortés par plus de 650 chasseurs. La Luftwaffe subit de lourdes pertes, mais elle revient le lendemain. Les combats sont acharnés, mais en fin de compte, les aviateurs alliés sont victorieux.

Douze jours plus tard, la Luftwaffe effectue un dernier grand bombardement diurne sur Londres. Les suivants sont toujours effectués la nuit, et « tous les combats aériens d’envergure de jour devront avoir lieu au‑dessus de l’Europe occupée », indique l’histoire officielle de l’ARC.

La Luftwaffea manifestement échoué dans sa tentative de détruire la Royal Air Force; deux jours plus tard, Hitler annonce que l’opération Sea Lion est reportée et il disperse partiellement la force d’invasion.

Quatrième étape – la fin de la bataille

La suite de la bataille d’Angleterre voit la Luftwaffe effectuer des attaques de bombardiers lourds contre des villes et des raids perturbateurs sur de petites villes et des objectifs militaires, mais les Allemands ont perdu l’initiative. Après la mi‑septembre, l’ampleur des raids diminue considérablement, d’autant plus que les conditions météorologiques commencent à empirer.

Le 12 octobre, Hitler « informe officiellement ses chefs de service que l’opération Sea Lion est remise au printemps 1941. Halliday affirme qu’en fait, son esprit et ses énergies se portent déjà vers l’est – la Russie – et il ne revient jamais à l’opération Sea Lion ».

À la fin d’octobre, la bataille d’Angleterre est terminée. Certains historiens disent qu’elle s’essouffle graduellement.

Le blitz se poursuit dans l’espoir de détruire la volonté de combattre des Britanniques. Durant 57 nuits consécutives, les bombes pleuvent sur Londres. Les villes britanniques subissent des bombardements aériens pendant neuf mois.

Selon M. Halliday, « il serait erroné d’affirmer que le commandement de chasse “vainc” la Luftwaffe dans le contexte de la bataille d’Angleterre. À la fin d’octobre 1940, les deux ennemis comptent plus d’avions et de pilotes qu’au début d’août. La RAF remporte tout de même la victoire puisqu’elle empêche l’adversaire d’atteindre son objectif – l’éradication des défenses aériennes britanniques pour empêcher toute attaque d’avions contre les forces d’invasion. »« La Bataille d’Angleterre n’en est pas moins, comme celle de Waterloo, une affaire très serrée. […] Au début de septembre, [laLuftwaffe] est dangereusement près [d’obtenir la supériorité aérienne dans les régions où l’invasion doit avoir lieu]. L’ennemi échoue en grande partie parce qu’il surestime les dommages infligés et qu’il change fréquemment ses plans », conclut‑il.

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DND65-110, Archives du MDN

Le célèbre 242e Escadron « canadien » était un escadron de la Royal Air Force qui comptait, au moins initialement, un grand nombre de Canadiens. De gauche à droite : le sous-lieutenant d’aviation Denis Crowley-Milling, le lieutenant d’aviation Hugh Tamblyn (Canadien), le lieutenant d’aviation Percival « Stan » Turner (Canadien), le sergent Joseph Ernest Saville, le sous-lieutenant d’aviation Norman Neil Campbell (Canadien), le sous-lieutenant d’aviation William Lidstone McKnight (Canadien), le commandant d’aviation Douglas Bader, commandant de l’escadron, le capitaine d’aviation George Eric Ball, le sous-lieutenant d’aviation Michael Giles Homer et le lieutenant d’aviation Marvin Kitchener « Ben » Brown (Canadien).

La contribution canadienne

Les aviateurs, que le premier ministre Churchill appelle « le petit nombre », comprennent 2 353 pilotes et hommes d’équipage aérien de la Grande-Bretagne et 574 d’outre‑mer. Tous effectuent au moins une sortie opérationnelle autorisée avec une unité admissible de la Royal Air Force ou de l’aéronavale entre le 10 juillet et le 31 octobre. Ils reçoivent l’agrafe de la bataille d’Angleterre en plus de l’étoile 1939‑1945.

On retrouve des Polonais, des Néo‑Zélandais, des Canadiens, des Tchèques, des Australiens, des Belges, des Sud‑Africains, des Français, des Irlandais, des Américains ainsi qu’un Jamaïcain, un Rhodésien du Sud et un aviateur du protectorat palestinien.

Cinq cent quarante‑quatre d’entre eux perdent la vie.

On estime que plus de 100 Canadiens participent à la bataille d’Angleterre, dont 23 meurent au combat. Un escadron de l’Aviation royale du Canada prend part à la Bataille : le 1er Escadron (ARC), composé de pilotes d’une unité de la Force régulière et d’une unité auxiliaire, qui est mis en service le 17 août 1940. On l’appelle « ARC » pour le distinguer du 1er Escadron de la RAF, mais en février 1941, il devient le 401e Escadron.

Trois membres du 1er Escadron (ARC) reçoivent la Croix du service distingué dans l’Aviation en reconnaissance de leurs efforts au cours de la bataille d’Angleterre : le Commandant d’aviation Ernie McNab, son commandant adjoint, le Capitaine d’aviation Gordon Roy McGregor, et le lieutenant d’aviation  « Dal » Russel.

Les aviateurs du pays combattent également au sein du 242e Escadron « ARC » de la RAF, qui est composé en grande partie, mais pas exclusivement, de Canadiens. Il est dirigé par le Commandant d’escadron de la RAF Douglas Bader durant la bataille d’Angleterre. (Le commandant d’aviation Bader est passé à l’histoire de la Force aérienne, lui qui perd ses deux jambes lors d’un accident de vol en 1931; il réussit à se réenrôler dans la RAF au moment du déclenchement du conflit et il demeure en service jusqu’en 1946. Il est notamment abattu et fait prisonnier de guerre. Il réussit même à s’évader à une occasion.)

De nombreux autres Canadiens sont membres d’autres escadrons de la RAF – ainsi que du Bomber Command et du Coastal Command – et soutiennent les opérations visant à empêcher l’invasion allemande. Un nombre indéfini font partie du personnel de piste et permettent aux chasseurs de continuer de décoller.

Selon M. Halliday, « le personnel de piste qui assure l’entretien des Hurricane du 1er Escadron (canadien) affronte parfois les feux de l’ennemi et travaille généralement sous pression. Il reçoit une reconnaissance tardive en juin 1942 lorsque le Sergent de section John R. Burdes reçoit la Médaille de l’Empire britannique et que le Sergent de section Cecil M. Gale est cité à l’ordre du jour. »

« Le texte de la citation de Gale mentionne notamment : “Travaillant dans des conditions éprouvantes, il maintient l’escadron d’avions avec compétence. En raison de l’activité opérationnelle intensive à la fin d’août et en septembre, l’équipe de maintenance – Air doit travailler à plein régime. Souvent, le Sgt s Gale commence à s’acquitter de ses fonctions très tôt le matin et termine tard la nuit. Il fait en sorte qu’un nombre suffisant d’avions soient prêts à décoller en tout temps.” »

Le remplacement des pilotes expérimentés constitue un défi de taille tout au long de la bataille, surtout au début. Plus tard, cela devient moins difficile, mais les pilotes s’épuisent et leurs remplaçants ont moins d’expérience.

Selon l’histoire officielle de l’ARC, au cours des 10 derniers jours d’août « le Fighter Command perd 231 pilotes, c’est‑à‑dire près du quart de son effectif initial, et 60 % de ces pertes sont des aviateurs aguerris qui ne peuvent être remplacés que par des novices à peine sortis des unités d’entraînement opérationnel. Plus le temps passe, moins il y a de pilotes expérimentés qui s’envolent. […] Pendant que les pilotes prennent de l’expérience sur le terrain, ils ont des chances d’être tués, blessés, épuisés mentalement ou encore promus au sein d’un autre escadron. »

La bataille d’Angleterre n’aurait pu être remportée sans la contribution d’un autre Canadien : Max Aitken, Lord Beaverbrook.

Le premier ministre Churchill nomme Lord Beaverbrook, un magnat de l’industrie de la presse, au poste de ministre de la Production d’aéronefs en mai 1940. Lord Beaverbrook se lance dans une série de changements et d’innovations qui irritent la haute direction du ministère de l’Air, mais qui augmentent considérablement la production de chasseurs pour l’effort de guerre. « Il ne tient nullement compte des habitudes agréables de lenteur en temps de paix », affirme M. Stokesbury. « Les gestionnaires d’usine et les officiers supérieurs de la Force aérienne en viennent à le détester, mais sans lui, ou quelqu’un de tout aussi acerbe, on peut difficilement voir comment les Britanniques auraient pu résister tout l’été. Il fournit un nombre sans cesse grandissant d’avions, de sorte que malgré les pertes qui dépassent largement 100 % des forces, la RAF est plus forte à la fin de la bataille qu’au début. »

Au cours des mois précédant la nomination de Lord Beaverbrook, 256 chasseurs sont produits. En septembre, mois crucial, à l’époque où les pertes de la RAF sont au zénith, son système de Beaverbrook permet de produire 465 chasseurs.

Maintenant, devant l’échec imminent du plan nazi d’invasion de l’Angleterre, une autre contribution canadienne essentielle à la guerre aérienne commencera à porter ses fruits.

« À la fin de la bataille d’Angleterre, les premiers jeunes pilotes, observateurs et tireurs sortent des écoles du Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique au Canada, explique Leslie Roberts, auteure de There Shall be Wings. Ils déferleront bientôt sur le champ de bataille. »

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Musée national de la Force aérienne du Canada

Deux pilotes s’élancent vers leur Hurricane.

Les Canadiens en service

Il est pour le moins difficile de déterminer avec exactitude combien de Canadiens participent à la bataille d’Angleterre. Selon les sources consultées, il y en aurait 88, 103 ou 112. Une partie du défi « est dans le calcul du nombre de Canadiens, parce qu'il y a un problème de définition en ce qui concerne qui était un Canadien en 1940, » explique le Dr Steve Harris, historien en chef de la Défense nationale.

Toutefois, les sources semblent convenir que 23 Canadiens meurent au cours de cette bataille.

Le tableau d’honneur de la Royal Air Force fait état des personnes qui perdent la vie durant la bataille, de même que celles qui sont tuées ou meurent plus tard pendant la guerre et celles qui survivent jusqu’à la fin du conflit – ainsi que les escadrons dont ces membres font partie. Il comprend 88 Canadiens.

Le monument de Londres qui commémore la bataille d’Angleterre porte cependant les noms de 112 Canadiens. Pourtant, le tableau d’honneur de la RAF semble mentionner les noms de trois personnes qui ne figurent pas sur ce monument.

La liste ci‑dessous, qui n’est pas un répertoire définitif et exact des Canadiens qui ont pris part à la bataille d’Angleterre, comprend donc 107 noms. L’escadron et l’état des aviateurs sont indiqués et ont été vérifiés au meilleur de notre capacité.

Des renseignements supplémentaires sur les membres de l’effectif mentionnés dans cette liste – surtout l’escadron dans lequel ils servent et le moment où ils sont morts, le cas échéant, seraient très appréciés. 

Grade, initiales, nom

Escadron

État

 Commentaires

 Lt avn C. I. R. ARTHUR

141e

a survécu

Winnipeg (Manitoba) 

Capt avn R. A.  BARTON

249e

a survécu

Kamloops (Colombie‑Britannique) 

Slt P. H. BEAKE

64e

a survécu

Québec (Québec) 

Lt avn E. W. BEARDMORE

1er Cdn

a survécu

Montréal (Québec) 

Slt R. W. G. BELEY

151e

décédé des suites de blessures, le 12 août 1940

Rossland (Colombie‑Britannique)

Slt J. BENZIE

242e

tué au combat, le 7 septembre 1940

Winnipeg (Manitoba) 

Capt avn H. P. BLATCHFORD

17e / 257e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 3 mai 1943 Edmonton (Alberta) 

Slt C. R. BONSEIGNEUR

257e

tué au combat, le 3 septembre 1940

Gull Lake (Saskatchewan) 

Lt avn J. G. BOYLE

41e

tué au combat, le 28 septembre 1940 Casselman (Ontario) 

Lt avn E. C. BRIESE

1er Cdn

a survécu Rosetown (Saskatchewan) 

Lt avn E. P.  BROWN

1er Cdn

a survécu

Coronado, Californie, É.-U

Capt avn M. H. BROWN

1er

a survécu à la bataille, mort au combat, le 12 novembre 1941

Portage la Prairie (Manitoba) 

Lt avn M. K. BROWN

242e

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 21 février 1941

Kincardine (Ontario) 

Slt J. BRYSON

92e

tué au combat, le 24 septembre 1940

Montréal (Québec) 

Slt P BYNG-HALL

29e

a survécu

Inconnu (Nouvelle-Écosse) 

Slt A. R. McL CAMPBELL

54e

a survécu

Inconnu 

Slt N. N. CAMPBELL

242e

tué au combat, le 17 octobre 1940

St. Thomas (Ontario) 

Slt (M) (aéronavale) J. C. CARPENTER

Aéronavale, 229e / 46e

tué au combat, le 8 septembre 1940

Toronto (Ontario)

Lt avn J. C. CARRIERE

219e

a survécu Québec (Québec) 

Slt G. C. T. CARTHEW

253e / 145e / 85e

a survécu

Mountain Park (Alberta) 

Lt avn E. F. J. CHARLES

54e

a survécu

Lashburn (Saskatchewan) 

Slt J. A. J. CHEVRIER

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 6 juillet 1942

St-Lambert (Québec) 

Lt avn G. P. CHRISTIE

242e / 66e

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 6 juillet 1942

Westmount (Québec) 

Slt B. E. CHRISTMAS

1er (ARC)

a survécu

St-Hilaire (Québec) 

Slt A. C. COCHRANE

257e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 31 mars 1943

Vernon (Colombie‑Britannique) 

Slt G. H. CORBETT

66e

inctué au combat, le 8 octobre 1940

Victoria (Colombie‑Britannique) 

Capt avn V. B. CORBETT

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 20 février 1945

Westmount (Québec) 

Slt M. C. CORNER

264e / 141e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 23 avril 1945

Westmount (Québec) 

Lt avn L. E. CRYDERMAN

242e

a survécu à la bataille, tué au combat le 8 février 1941 Toronto (Ontario) 

Slt W. A. CUDDIE

46e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 3 octobre 1943

Regina (Saskatchewan) 

Capt R. W. DENISON

236e

a survécu

Vernon (Colombie‑Britannique) 

Capt avn J.-P. J. DESLOGES

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 8 mai 1944

Hull (Québec) 

Slt R. H. DIBNAH

1er / 242e

a survécu

Winnipeg (Manitoba) 

Lt avn N. D. EDMOND

615e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 20 avril 1941

Calgary (Alberta) 

Slt H. D. EDWARDS

92e

tué au combat, le 11 septembre 1940

Winnipeg (Manitoba) 

Lt avn R. L. EDWARDS

1er (ARC)

tué au combat, le 26 août 1940

 Cobourg (Ontario)

Lt avn A. L. EDY

602e

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 5 décembre 1941

Winnipeg (Manitoba) 

Slt G. J. ELLIOTT

607e

a survécu

Winnipeg (Manitoba) 

Cmdt avn A. W. FLETCHER

235e

a survécu

Cardston (Alberta) 

Slt E. G. FORD

232e / 3e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 10 décembre 1942

Regina (Saskatchewan)

Slt R. C. FUMERTON

32e

a survécu

Fort Coulonge (Québec) 

Capt avn L. M. GAUNCE

615e / 46e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 19 novembre 1941

Lethbridge (Alberta) 

Cmdt avn J. A. G. GORDON

151e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 1er juin 1942

Red Deer (Alberta) 

Lt avn R. D. GRASSICK

242e

a survécu

London (Ontario) 

Capt avn H. R. HAMILTON

85e

tué au combat, le 29 août 1940

Oak Point (Nouveau‑Brunswick) 

Lt avn B. A. HANBURY

1er / 1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 27 mars 1942

Vancouver (Colombie‑Britannique) 

Cpt avn T. P. HARNETT

219e

a survécu

Moncton (Nouveau‑Brunswick) 

Lt avn J. S. HART

602e / 54e

a survécu

Sackville (Nouveau‑Brunswick) 

Slt N. HART

242e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 5 novembre 1940

Dugald (Manitoba) 

Slt D. A. HEWITT

501e

tué au combat, le 12 juillet 1940

 Saint John (Nouveau‑Brunswick)

Lt avn F. W. HILLOCK

1er / 1er (ARC)

a survécu

Toronto (Ontario) 

Slt R. A. Howley

141e

tué au combat le 19 juillet 1940

Victoria (Colombie‑Britannique)

Lt avn G. G. HYDE

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué au combat le 17 mai 1941

Westmount (Québec) 

Slt J. T. JOHNSTON

151e

tué au combat, le 15 août 1940

Brandon (Manitoba) 

Cmdt avn J. A. KENT

303e

a survécu

Winnipeg (Manitoba) 

Lt avn J. W. KERWIN

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’aviation, le 16 juillet 1940

Toronto (Ontario) 

 Slt J. E. P. LARICHELIERE

213e

tué au combat, le 16 août 1940

Montreal (Québec)

Slt J. B. LATTA

242e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 12 janvier 1941

Vancouver (Colombie‑Britannique) 

Lt avn R. G. LEWIS

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué au combat, le 12 février 1941

Vancouver (Colombie‑Britannique) 

Lt avn T. B. LITTLE

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué au combat, le 27 août 1941

Montréal (Québec) 

Lt avn P. W. LOCHNAN

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué au combat, le 21 mai 1941

Ottawa (Ontario) 

Cmdt avn J. R. MacLACHLAN

inconnu

inconnu

 

Slt J. B. McCOLL

615e

a survécu

Waterdown (Ontario) 

Capt avn G. R. McGREGOR

1er (ARC)

a survécu

Montréal (Québec) 

Slt W. L. McKNIGHT

242e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 12 janvier 1941

Edmonton (Alberta) 

Capt avn E. A. McNAB

1er (ARC)

a survécu

Rosthern (Saskatchewan) 

Lt avn W. B. MacD. MILLAR

1er (ARC)

a survécu

Penticton (Colombie‑Britannique) 

Slt J. A. MILNE

605e

a survécu

 Corklin (Saskatchewan)

Slt H. T. MITCHELL

87e

a survécu

Port Hope (Saskatchewan) 

Lt avn H. de M. MOLSON

1er (ARC)

a survécu

Montréal (Québec) 

Lt avn W. H. NELSON

74e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 1er novembre‑1940

Montréal (Québec) 

Lt avn A. D. NESBITT

1er (ARC)

a survécu

 Westmount (Québec)

Slt H. G. NIVEN

602e

a survécu

Toronto (Ontario) 

Lt avn R. W. G. NORRIS

1er (ARC)

a survécu

Saskatoon (Saskatchewan) 

Capt avn P. G. St.G O'BRIAN

257e / 247e / 152e

a survécu

Toronto (Ontario) 

Slt A. K. OGILVIE

609e

a survécu

Ottawa (Ontario) 

Lt avn J. D. PATTISON

1er (ARC)

a survécu

Toronto (Ontario) 

Slt O. J. PETERSON

1er (ARC)

tué au combat, le 27 septembre 1940

Halifax (Nouvelle-Écosse) 

Lt avn P. B. PITCHER

1er (ARC)

a survécu

Montréal (Québec) 

Slt G. R. PUSHMAN

23e

a survécu Ottawa (Ontario) 

Slt H. W. REILLEY

64e / 66e

tué au combat, le 17 octobre 1940

London (Ontario) 

Capt avn E. M. REYNO

1er (ARC)

a survécu

Halifax (Nouvelle-Écosse) 

Sgt. L. V. P. J. RICKS

235e

a survécu

Calgary (Alberta) 

Lt avn B. D. RUSSEL

1er (ARC)

a survécu

Toronto (Ontario) 

Slt K. M. SCLANDERS

242e

tué au combat, le 9 septembre 1940

 St. John’s (Terre-Neuve)

Lt avn A. W. SMITH

141e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 28 mars 1941

Summerland (Colombie‑Britannique) 

Capt avn F. M. SMITH

72e

a survécu

Edmonton (Alberta) 

Lt avn J. D. SMITH

73e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 14 avril 1941

Winnipeg (Manitoba) 

Lt avn R. R. SMITH

229e

a survécu

 London (Ontario)

Lt avn R. SMITHER

1er (ARC)

tué au combat, le 15 septembre 1940

London (Ontario)

On a écrit « Smithers » sur le tableau d’honneur de la RAF

Slt H. A. SPRAGUE

3e

a survécu

Hamilton (Ontario) 

Lt avn W. P. SPRENGER

1er (ARC)

a survécu à la bataille, tué au combat, le 26 novembre 1940

Montréal (Québec) 

Slt N. K. STANSFELD

242e / 229e

a survécu

Edmonton (Alberta) 

Capt avn H. N. TAMBLYN

242e / 141e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 3 avril 1941

Yorkton (Saskatchewan) 

Lt avn C. W. TREVENA

1er (ARC)

a survécu

Regina (Saskatchewan) 

Slt A. A. G. TRUEMAN

253e

tué au combat, le 4 septembre 1940

Toronto (Ontario) 

Capt avn P. S. TURNER

242e

a survécu

Toronto (Ontario)

Ses initiales sont « R.S. » sur le tableau d’honneur de la RAF

Slt J. R. URWIN-MANN

238e

a survécu

Victoria (Colombie‑Britannique) 

Lt avn J. A. WALKER

111e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 8 février 1944 Gleichen (Alberta) 

Lt avn J. R. WALKER

611e / 41e

a survécu à la bataille, tué dans un accident d’avication, le 16 novembre 1940

Oak Bay (Colombie‑Britannique) 

Slt C. A. B. WALLACE

3e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 27 octobre 1941

Vancouver (Colombie‑Britannique) 

Slt J. J. WALSH

615e

a survécu à la bataille, décédé des suites de blessurse, le 2 mars 1941

Bassano (Alberta) 

Slt F. S. WATSON

3e

a survécu à la bataille, décédé dans un accident d’aviation, le 11 octobre 1941

Winnipeg (Manitoba) 

Slt R. R. WILSON

111e

tué au combat, le 11 août 1940

Moncton (Nouveau‑Brunswick) 

Capt avn J. S. YOUNG

234e

a survécu

Saskatoon (Saskatchewan) 

Lt avn A. McL YUILE

1er (ARC)

a survécu

 Montréal (Québec)

Slt A. R. ZATONSKI

79e

a survécu à la bataille, tué au combat, le 6 décembre 1941

Brantford (Ontario)

Classé comme un Canadien sur le monument de la bataille d'Angleterre, mais il était un Américain

 

Grades de l’ARC

AbréviationGradeÉquivalent moderne
Cmdt avn Commandant d’aviation Major
Capt avn Capitaine d’aviation Capitaine
Lt avn  Lieutenant d’aviation  Lieutenant
Slt Sous-lieutenant d’aviation Sous-lieutenant

 

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Sources et lectures complémentaires

Bishop, Edward. Their finest hour: the story of the Battle of Britain 1940, New York, Ballantine Books Inc., 1968.

Greenhous, Brereton, Stephen J. Harris, William C. Johnston et William G.P. Rawling. The Crucible of War, 1939-1945: The Official History of the Royal Canadian Air Force Volume III, Toronto, University of Toronto Press, 1994.

Halliday, Hugh. 242 Squadron: The Canadian Years – Being the Story of the RAF’s “All Canadian” Fighter Squadron, Stittsville (Ontario), Canada’s Wings, Inc., 1981.

Halliday, Hugh. The Tumbling Sky, Stittsville, Canada’s Wings, 1978.

Halliday, Hugh. « The Battle of Britain : Air Force, Part 17 », dans La revue Légion, vol. 81, no 5, septembre et octobre 2006.

Roberts, Leslie. There Shall be Wings: A History of the Royal Canadian Air Force,Clarke, Irwin & Company Limited, 1959.

Stokesbury, James L. A Short History of World War II, New York, William Morrow and Company Inc., 1980.

Anciens combattants Canada. La participation du Canada à la Seconde Guerre mondiale : Souvenirs de vaillance. Ministère des Approvisionnements et Services Canada, 1981.

Sites web clés

[1] Certains historiens divisent la bataille d’Angleterre en trois étapes, d’autres, en quatre. Dans cet article, nous avons adopté l’approche à quatre étapes. La Royal Air Force mentionne les mêmes dates et événements sur le site Web de la bataille d’Angleterre. (Retournez au texte)

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