Une même passion pour le bombardier Lancaster

Article de nouvelles / Le 21 avril 2016

Par Sara Keddy

Un petit garçon, un impressionnant appareil, un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, et la chance de découvrir les activités quotidiennes d’une escadre moderne de l’Aviation royale canadienne. Qui ne serait pas aux anges?

Euan MacDonald, 10 ans, de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, avait un grand sourire aux lèvres et a fait des câlins à tous les membres de la 14e Escadre Greenwood lorsque sa famille et lui leur ont rendu visite, en Nouvelle-Écosse, le 11 mars 2016. La journée avait été bien organisée pour répondre à ses nombreuses attentes, et même les dépasser : il est passionné par l’histoire de l’aviation militaire, en particulier celle du bombardier Lancaster. Lorsque les responsables de la 14e Escadre ont entendu parler de sa détermination à voler à bord de l’un des deux seuls Lancaster encore en état de navigabilité dans le monde, même s’il devait lui en coûter 3 500 $ l'heure, ils ont fait tout leur possible pour l’aider à réaliser une partie de son rêve.

Euan a mis en œuvre cet hiver un projet de financement de trois ans. Le plan consistait à laver des bicyclettes, à vendre des pâtisseries et à faire des courses pour ses voisins afin de gagner suffisamment d’argent pour se payer un vol sur le fameux appareil à Hamilton, en Ontario, où se trouve un des bombardiers Lancaster.

« Son grand-père et son père sont depuis toujours des passionnés d’histoire militaire, et Euan semble aussi avoir la piqûre », a indiqué sa mère, Anne-Marie McElrone. Les grands-parents MacDonald se sont rencontrés alors qu’ils étaient dans les forces aériennes : le grand-père était pompier militaire en poste au Yukon, et la grand-mère était infirmière et parachutiste-secouriste.

« Euan collectionnait les livres sur l’aviation et s’intéressait aux avions depuis un moment quand il a découvert qu’il était possible de voler à bord d’un Lancaster », a-t-elle ajouté. J’ai un peu trop rapidement dit non au début, puis je me suis dit que j'envoyais un très mauvais message à titre de parent. Nous avons alors dit d’accord, et sa première collecte de bouteilles lui a rapporté 80 $. Nous avons marché des heures et nous avons passé une très bonne journée. Il s’est alors rendu compte que 3 500 $, c'est une somme importante. Mais il était prêt à relever le défi. »

La famille s’attendait à ce que cela prenne beaucoup de temps avant que le rêve d’Euan devienne réalité, mais une vague d’intérêt au sein de la communauté a rapidement changé la donne. Après seulement quelques mois, grâce à certaines des activités de financement prévues et à de nombreux dons, Euan avait réuni suffisamment d’argent pour se payer un vol à bord d'un Lancaster.

Entre temps, les préparatifs de la visite aux installations de la 14e Escadre avançaient bien : le commandant de l’escadre, le colonel Pat Thauberger, a envoyé une invitation à la famille d’Euan. Le grand jour, le lieutenant-colonel Simon Poudrier, officier – service de logistique et d'ingénierie de l'escadre, a accueilli la famille à son arrivée au Musée d’aviation militaire de Greenwood.

« Ça fait chaud au cœur de voir un tel enthousiasme pour l’aviation et pour l’histoire », a-t-il dit. « Attendez-vous à une journée bien remplie. Vous allez faire bien des choses que de nombreux membres de la base n’ont jamais eu l’occasion de faire! ».

Euan a tout de suite fait un câlin au lieutenant-colonel Poudrier et pris une photo avec lui. Puis il a signé le livre d’invités du musée, et il a suivi le personnel et les bénévoles du Musée toute la matinée, qui a été très occupée et passionnante.

« Le Lancaster a toujours été mon avion préféré. Il peut faire tellement de choses fantastiques, comme larguer des bombes bondissantes, et il cumule tellement d’heures de vol », a-t-il déclaré. « J’ai très hâte de voler à bord, mais je suis déjà très heureux de pouvoir le toucher aujourd’hui! »

Anne-Marie McElrone, très occupée à prendre des photos pour le site Web d’Euan sur le Lancaster et à poster sur Twitter des messages sur les points saillants de la journée, a accompagné son fils pour la visite des installations de la 14e Escadre. « À l’école, ses amis pensent qu’il est un peu bizarre. », a-t-elle confié, « alors voir que ses intérêts personnels sont reconnus et qu’il est soutenu par un si grand nombre de personnes, dont certaines ne le connaissent pas, c'est vraiment bien. Les gens veulent savoir ce qui se passe lorsque l'on a de grands rêves. »

Sara Keddy est la rédactrice en chef du journal Aurora.

Un vol sur un aéronef de guerre qui change une vie

« J’ai 94 ans », dit Clark Montgomery, de Greenwood, en Nouvelle-Écosse.

« J’ai 10 ans », dit Euan MacDonald, de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

L’homme et le garçon se sont rencontrés le 11 mars 2016, au Musée de l’aviation militaire de la 14e Escadre Greenwood, sous l’aile du bombardier Lancaster, appareil qui les passionne tous les deux. « Est-ce que je peux vous donner un câlin? », M. Montgomery a-t-il demandé à Euan.

M. Montgomery a effectué plus d’une douzaine de missions en tant que mitrailleur de tourelle dorsale à bord du Lancaster pendant la Seconde Guerre mondiale. « Une mission, c’est toujours une mission de trop », a-t-il dit.

Originaire du Nouveau-Brunswick, il est parti en Angleterre en 1943, à l’âge de 19 ans, et il est retourné chez lui en 1945. « J’étais le plus jeune de mon équipe. Je suis le dernier maintenant. Un jour, le navigateur m’a demandé de fixer une église en bas. Je lui ai demandé si nous étions perdus, et il m’a répondu que non, c’est juste que le degré d’incertitude est plus important. Je n’ai jamais oublié ce moment. »

« Je veux que tu te souviennes de quelque chose », a-t-il dit à Euan, qui a demandé « Quoi? », et Clark Montgomery lui a répondu : « Il existait un seul 428e Escadron, le Ghost Squadron, et c’était le mien. »

M. Montgomery a félicité Euan pour deux choses : sa cravate mise en l'honneur de sa visite toute particulière à Greenwood, et son enthousiasme évident pour le bombardier Lancaster. « Tu connais bien l’aéronef », a-t-il commenté.

Euan a répondu : « Oui, j’ai beaucoup étudié les avions. Mon père et moi avons vu un spectacle aérien. J’ai beaucoup de livres sur l’histoire de la guerre. J’y trouve beaucoup de choses intéressantes et j’apprends beaucoup de choses. Le Lancaster est mon appareil préféré. Au début, je ne savais pas comment écrire son nom. J’ai appris des tas de trucs sur son équipage, ses pièces, ses hublots... Il est unique. Il fonctionne très bien.

« Un jour, j’ai appris que l’on pouvait voler à bord. Ce sera une expérience unique. »

Le présent article, l’encadré et les photographies sont publiés avec la permission du journal Aurora.

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