Un rabbin se joint à l’équipe des aumôniers de l’ARC à Winnipeg

Article de nouvelles / Le 12 mars 2018

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Par Martin Zeilig

Le capitaine rabbin Noteh Glogauer avoue ne pas avoir trouvé très difficile la décision de s’enrôler dans les Forces armées canadiennes. On pourrait même dire que c’était sa destinée ou, en yiddish, « beshert ».

Le capitaine Glogauer est issu d’une famille militaire. « Je suis le quatrième membre consécutif de la famille à servir, où que nous vivions », mentionne le militaire, dont la cérémonie d’enrôlement officielle a eu lieu le 29 novembre 2017, au Centre de recrutement des Forces armées canadiennes de Toronto, en Ontario.

La première affectation du capitaine Glogauer l’a mené à la 17e Escadre Winnipeg, au Manitoba, et il n’a pas encore terminé son entraînement de base. « Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir notre premier rabbin militaire dans l’équipe des aumôniers de Winnipeg », affirme la major Hope Winfield, aumônière de l’escadre. « Les services de l’aumônerie ont déjà commencé à élaborer des plans pour le capitaine Glogauer, afin qu’il puisse renseigner ceux qui souhaitent en savoir davantage sur la religion juive ou travailler dans des domaines d’accommodement religieux. »

« Mon père a servi dans les Forces de défense de l’Afrique du Sud en 1961 », mentionne le capitaine Glogauer, qui est né en Afrique du Sud, dans une famille juive traditionnelle. « Les soldats sud-africains sont allés combattre les Allemands en Afrique du Nord, aux côtés des Alliés, durant la Seconde Guerre mondiale. Mon arrière-grand-père maternel s’est battu pour l’Allemagne durant la Première Guerre mondiale. Il a obtenu la Croix de fer, première et troisième classes. Il a ramené deux officiers blessés aux tranchées. Il a été atteint par un projectile à la tête, mais il a survécu. »

Le rabbin Glogauer se lance avec enthousiasme dans cette nouvelle aventure comme aumônier à plein temps. Il maintient que l’une de ses tâches les plus difficiles en sa qualité d’aumônier consistera, comme il l’a souligné lors de sa cérémonie d’enrôlement, à « offrir un soutien dans un contexte aussi diversifié, interconfessionnel et multiculturel que celui des Forces armées canadiennes, tout en assurant le bien-être spirituel des militaires juifs qui travaillent à la 17e Escadre, ainsi que celui de leur famille. »

« J’ai eu la chance d’acquérir de l’expérience dans de nombreux contextes, et je suis très enthousiaste de rencontrer différentes personnes issues de milieux variés et de les encourager à créer un milieu empreint de respect et d’ouverture », ajoute-t-il.

Le rabbin Glogauer et sa femme, Chaya, qui possède un doctorat en psychologie clinique et qui travaille actuellement à l’hôpital pour enfants de Toronto, ont deux filles et un fils, qui vont de 14 à 24 ans. Les parents du rabbin Glogauer ont immigré au Canada et se sont établis à Calgary, en Alberta, il y a plus de 40 ans, pour fuir le régime oppressif de l’apartheid, comme l’écrit le militaire dans son livre paru en 2016, intitulé Never Give Up – A Journey from Class Clown to School Principal.

« Attiré par une carrière en enseignement, il comprend que pour défendre des idées en matière d’éducation, soit encourager l’individualité, rechercher l’excellence personnelle, l’innovation, la coopération et le partage, il doit devenir directeur d’école afin d’être un modèle qui incarne les valeurs fondamentales de l’établissement », peut-on lire dans le résumé au dos du livre du capitaine Glogauer. « Toutefois, pour devenir directeur d’une école orthodoxe, il devra être ordonné rabbin. À la poursuite de ses ambitions, Glogauer et sa jeune famille entreprennent une odyssée sinueuse qui les conduira aux quatre coins du continent. »

Lorsqu’est venu le temps, pour sa femme, de remplir une période d’internat à titre de psychologue, la famille a déménagé à Houston, au Texas. « J’ai enseigné pendant un an dans une école juive », mentionne le capitaine Glogauer, qui possède un diplôme de premier cycle en langue française et en mathématique de l’université de Calgary. « J’ai alors compris que la seule façon dont je pouvais changer les choses dans une école juive était en devenant rabbin. Alors, lorsque ma femme a terminé son internat, en 1996, nous nous sommes installés à Brooklyn, à New York, en 1997, pour que je puisse poursuivre des études en vue de mon ordination à titre de rabbin. »

Le capitaine Glogauer a mis 18 mois pour obtenir son ordination à une Yeshiva (académie), au Chabad-Lubavitch World Headquarters, à Brooklyn. Il révèle même avoir reçu une « double ordination », à New York et en Israël.

« Deux grandes possibilités s'offraient à moi : à Las Vegas et à Calgary, dit-il. Après une longue réflexion, nous avons choisi Calgary. J’étais directeur à l’Akiva Academy. J’ai été recruté pour devenir directeur d’une plus grande école de Port Washington, à Long Island, dans l’État de New York. » Le capitaine Glogauer possède également un doctorat en éducation et en technologie pédagogique de la Nova Southern University en Floride.

C’est à ce moment qu’il a accepté de devenir directeur d’une école plus grande à Sydney, en Australie. « C’était un endroit merveilleux, du point de vue du style de vie et du milieu, mais c’était aussi loin de la famille, dit le militaire. Cette situation rendait le choix difficile, parce que nous sommes une famille très proche. C’est l’une des raisons qui nous ont incités à revenir au Canada. »

La femme et les enfants du capitaine Glogauer sont extrêmement fiers de son choix de s’enrôler dans les Forces armées canadiennes et d’utiliser ses compétences pour améliorer le cours des choses dans le monde.

« Mon objectif consiste à tisser des liens avec autant de militaires que possible, à établir des rapports enrichissants avec eux et à les soutenir dans le rôle qu’on jugera bon de me confier », affirme le capitaine Glogauer. « J’ai également eu l’occasion de rencontrer certains membres de la collectivité juive de Winnipeg. J’espère soutenir leurs efforts et me joindre à la collectivité juive dynamique qui existe ici. »

Martin Zeilig est photojournaliste au « Voxair », journal de la 17e Escadre Winnipeg, dans lequel l’article ci-dessus a paru initialement.

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