Un militaire du 435e Escadron reçoit le titre de technicien en recherche et en sauvetage de l’année

Article de nouvelles / Le 14 novembre 2019

Par Martin Zeilig

Le sergent Brandon Schetterer, technicien en recherche et en sauvetage (Tech SAR) du 435e Escadron de transport et de sauvetage, basé à la 19e Escadre Comox, en Colombie-Britannique, se doutait de quelque chose à la 75e réunion des parachutistes-sauveteurs de la Para Rescue Association of Canada, tenue du 6 au 9 septembre 2019, à Winnipeg.

L’adjudant Joël Manaigre, superviseur du sergent Schetterer, avait demandé à son collègue de se porter volontaire au souper du 8 septembre, sachant que le sergent était toujours prêt à aider. Cependant, au lieu d’agir en tant que bénévole ce soir-là, le sergent Schetterer était en fait un lauréat qui a reçu le prix de Tech SAR de l’année 2019.

« Je savais que j’allais aider un peu, mais je n’étais pas sûr [à quel titre exactement], indique le sergent Schetterer. Je portais juste un t-shirt et un pantalon ordinaire. Puis, ma femme est montée sur scène juste avant qu’on me présente le prix. C’était un véritable choc. Sapristi! »

Le lauréat du prix de Tech SAR de l’année est choisi parmi les professionnels en recherche et sauvetage, en raison de la qualité de son travail dans les Forces armées canadiennes (FAC) et dans son métier, mais aussi de son interaction avec la collectivité et les familles, ainsi que pour son rôle dans la grande famille de la recherche et du sauvetage et dans sa vie personnelle.

C’est l’adjudant Manaigre, Tech SAR supérieur du 435e Escadron, qui a proposé la candidature du sergent Schetterer au nom de l’escadron. Comme l’a fait remarquer l’adjudant Manaigre, « le travail accompli [par le sergent Schetterer] au cours de la dernière année grâce à son professionnalisme, à son dévouement et à son esprit d’équipe témoigne des principes fondamentaux du métier de technicien en recherche et en sauvetage et met en valeur ces principes ».

Deux événements particuliers ont illustré les compétences et le leadership exceptionnels du sergent Schetterer.

Le premier a constitué le sauvetage d’un bébé de 11 mois dans le nord de l’Ontario, à un camp de chasse éloigné inaccessible en véhicule routier, en bateau ou en motoneige. Le nourrisson était malade et souffrait de fièvre depuis deux semaines, puis son état s’était progressivement aggravé au cours des jours qui ont précédé le sauvetage. Ayant cessé de manger et de boire, il était devenu léthargique et pâle; les parents n’avaient plus de médicaments à administrer à leur enfant.

Après un saut en parachute nocturne exigeant dans une forêt, au cours duquel il a dû enlever son casque lorsqu’une branche s’est logée entre celui-ci et sa tête, le sergent Schetterer et son coéquipier ont stabilisé le bébé et ont patienté avec la famille pour surveiller la santé de l’enfant. Après plusieurs heures, on a évacué le nourrisson par hélicoptère; toutefois, les deux secouristes ont dû avant traverser un terrain très difficile avec leur précieuse cargaison pour se rendre au lieu d’embarquement.

Lors du second événement, le sergent Schetterer a participé au sauvetage nocturne de deux randonneurs coincés sur le mont Gros-Morne, à Terre-Neuve. L’un d’eux était blessé et les deux souffraient d’hypothermie. En raison du mauvais temps, l’hélicoptère de SAR CH-149 Cormorant n’a pas pu accéder à l’endroit où se trouvaient les deux randonneurs.

Après avoir discuté avec ses collègues de l’équipage et le personnel de Parcs Canada, le sergent Schetterer a reçu l’autorisation d’atterrir au pied de la montagne et d’aller rejoindre les deux randonneurs avec le caporal-chef Nigel Donley et deux employés de Parcs Canada. Ils ont gravi la montagne la nuit malgré les fortes intempéries et la neige au sol, en seulement trois heures. Une telle ascension prend normalement cinq heures. Les deux Tech SAR et leurs compagnons ont presque couru pour grimper la montagne.

Sur les lieux, ils ont stabilisé leurs patients. En raison du mauvais temps incessant, le sergent Schetterer et les autres ont dû attendre que les conditions s’améliorent. Après plusieurs heures, le temps dégagé a finalement permis un sauvetage par câble.

Le sauvetage par câble lui-même a posé des problèmes à cause du terrain escarpé. L’équipe, aidée par d’autres membres du personnel de recherche et de sauvetage au sol qui s’étaient rendus sur les lieux lorsque les conditions météorologiques s’étaient légèrement améliorées, est descendue de la montagne avec ses patients en faisant quatre descentes par câble difficiles.

Pour effectuer les descentes, un poste de « travail » a été créé. L’équipe a ancré le câble à la montagne, puis elle a descendu les patients dans un Sked, un brancard pliable ressemblant à un tapis-luge qui aide à traverser plus facilement les terrains accidentés, ainsi que le reste de l’équipe de secours. Cet exploit a été répété quatre fois jusqu’à ce que les patients et les intervenants soient en mesure d’arriver à un endroit convenable pour le sauvetage en hélicoptère. Le sergent Schetterer a coordonné les équipages des nombreux aéronefs, le personnel Parcs Canada et les équipes de SAR au sol pour extraire les patients et le personnel de SAR participant au sauvetage.

Au total, le sergent Schetterer et son équipe ont passé onze heures sur la montagne et parcouru 24 kilomètres.

Le sergent Schetterer, originaire de Victoria, en Colombie-Britannique, qui se dit un grand amateur de plein air, était ambulancier paramédical et pompier forestier civil avant de se joindre à l’ARC. « J’ai présenté une demande, j’ai participé au processus de sélection et j’ai pu entamer mon entraînement. Je n’avais jamais entendu parler d’un travail si unique. Je n’avais pas vraiment fait de recherche sur les métiers militaires, mais quand j’ai entendu parler de celui de Tech SAR, je me suis dit qu’il s’agissait d’un travail parfait pour moi. C’est un boulot qui englobe beaucoup de choses que je souhaitais faire et que j’aime faire. »

Il a suivi le cours intensif de onze mois de technicien en SAR à l’École de recherche et de sauvetage des Forces canadiennes, située à la 19e Escadre Comox, en Colombie-Britannique.

« Le cours vous donne juste les outils de base pour apprendre le travail, mais une fois que vous vous joignez à l’unité, vous apprenez à utiliser ces compétences dans l’aéronef, explique le sergent Schetterer. On vous donne les outils et vous apprenez à les utiliser et à effectuer un sauvetage. C’est un immense honneur qui contribue à la fierté que j’éprouve à faire partie de cette organisation. Ce travail vous rend très heureux de faire partie de l’ARC. Nous formons un groupe de gens fantastique ici. »


 

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