Un exemple de courage : le lieutenant Wilbur Fawcett Annis

Article de nouvelles / Le 13 avril 2017

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Par le major Bill March

Wilbur Fawcett Annis naît le 14 février 1895 dans le canton de Scarboro (aujourd’hui Scarborough), à l’est de Toronto, en Ontario. Sa famille et lui habitent Toronto lorsque la guerre éclate en Europe en août 1914. Comme bon nombre de jeunes hommes de sa génération, il a déjà été militaire, notamment dans des unités de milice comme le 20th Halton Rifles, où il était affecté au Corps de santé de l'armée canadienne. Cependant, en 1914 et 1915, le lieutenant Annis souhaite résolument terminer ses études. Le 7 janvier 1916, après avoir effectué son premier trimestre au Collège Victoria de l’Université de Toronto, il s’enrôle dans le 76th Overseas Battalion (infanterie canadienne) en qualité de lieutenant. Il quitte le pays en direction de l’Angleterre le 26 septembre 1916.

Après avoir suivi une formation dans diverses écoles, le lieutenant Annis se joint au 58e Bataillon, en France, le 31 octobre 1916. L’unité, basée près d’Arras, va bientôt commencer à se préparer à l’assaut de la crête de Vimy. Toutefois, le lieutenant Annis, nouvellement arrivé, ne participe pas à l’attaque. Il contracte la grippe en décembre et devient gravement malade. Il est donc renvoyé en Angleterre au cours du mois en raison de son invalidité et passe les premières semaines de l’année 1917 dans un hôpital.

Le 17 mars 1917, un conseil de santé juge le lieutenant Annis apte à exécuter des fonctions générales, mais le militaire devient un officier sans unité. Il est affecté à un bataillon de la Réserve, en attendant qu’une place se libère dans une unité de première ligne. Toutefois, souhaitant en faire plus, comme de nombreux autres Canadiens dans la même situation, il demande une affectation au Royal Flying Corps (RFC).

Selon les dossiers disponibles, le lieutenant Annis se joint au RFC au printemps et obtient le grade de lieutenant d’aviation le 16 août 1917. Malheureusement, faute de documents pertinents, on ne sait rien sur son instruction et sur son emploi subséquent.

À la fin de 1917, le lieutenant Annis reçoit l’ordre de se rendre à un établissement d’entraînement au vol au Canada. Cette directive n’a rien d’inhabituel, car les quartiers généraux semblent déployer des efforts concertés afin d’affecter des instructeurs canadiens au Royal Flying Corps Canada (RFCC), estimant que ceux-ci sont mieux à même de traiter avec leurs compatriotes. Tout de même, il demeure plus probable qu’on accorde une telle affectation en zone « sûre » à des personnes qu’on a évacuées du front par voie aérienne et qui ont désespérément besoin de repos. Qu’il ait besoin de repos ou non, le lieutenant Annis rentre au Canada.

Après une courte période de congé qui lui permet de rendre visite à sa famille, le lieutenant Annis occupe le poste d’instructeur au camp Leaside, situé dans le nord de la ville de Toronto. À la 43e Escadre, il s’occupe sans doute de l’instruction des cadets d’aviation. Toutefois, il ne reste pas longtemps au camp Leaside; en mars 1918, il est affecté au camp Borden, à environ 88 kilomètres au nord de Toronto, en qualité de commandant d’escadrille.

Le matin du 3 mai 1918, le lieutenant Annis revêt son équipement en vue d’un vol d’entraînement avec le cadet F.L. Dugan. Afin de tirer parti des conditions météorologiques relativement calmes, les vols d’entraînement ont souvent lieu tôt le matin ou au crépuscule. L’instructeur et l’élève, vêtus chaudement, montent à bord du Curtiss JN-4 no C1047 de fabrication canadienne, l’avion-école d’usage au Canada, et se préparent à leur au vol.

Peu après le décollage, pour des raisons qui demeurent inconnues, le moteur de l’avion s’arrête, puis celui-ci pique du nez, s’écrasant au sol près de l’endroit d’où il a décollé. Le cadet Dugan, assis à l'avant, subit des blessures légères. Le lieutenant Annis, assis à l’arrière à titre d’instructeur, subit une fracture à la base du crâne. Ne reprenant jamais connaissance, il meurt 28 heures plus tard à l’hôpital de la base, le 4 mai 1918.

Les membres de la famille du lieutenant Annis sont informés de l’accident quelques heures après celui-ci, et se trouvent aux côtés de leur proche lorsqu’il rend l’âme. Après des funérailles auxquelles assistent de nombreuses personnes à l’Église méthodiste de l’avenue Simpson à Toronto, on inhume le lieutenant Annis au cimetière Mount Pleasant en lui accordant tous les honneurs militaires. Au moment de sa mort, il n’a que 23 ans. 

L’annonce des funérailles du lieutenant Annis

FUNÉRAILLES MILITAIRES POUR FEU WILBUR F. ANNIS

Les funérailles du commandant d’escadrille Wilbur F. Annis, de la Royal Air Force, le plus jeune fils de M. et de Mme L.E. Annis, qui habitent au 25, boulevard Fairview, ont eu lieu hier avec tous les honneurs militaires à l’Église méthodiste de l’avenue Simpson. Le colonel Williams, aumônier, s’est chargé des funérailles militaires, et le révérend J.R. Patterson, pasteur de l’église de l’avenue Simpson, a célébré la messe. L’affût de canon sur lequel le cercueil avait été déposé a été escorté jusqu’au cimetière Mount Pleasant par 40 hommes depuis le camp Exhibition et par plusieurs militaires du Royal Flying Corps, sous la direction du capitaine Meredith.

L’aumônier a célébré un service militaire près de la tombe, le peloton a tiré trois salves, puis le clairon a joué la dernière sonnerie.

 Une grande foule a assisté au passage du cortège funèbre dans le district de Riverdale. [traduction]

Toronto World – May 9th, 1918

 

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