Un aperçu de la 1re Division aérienne en Europe en 1963

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Article de nouvelles / Le 23 avril 2018

Aviation royale canadienne

En avril 1953, le quartier général de la 1re Division aérienne (Europe), installé en France, quitte Paris au profit de Metz. D’après les historiens Hugh Halliday et Brereton Greenhous, « un échelon avancé de la 1re Division aérienne s’établit à Paris en août 1952. […] Le quartier général de la 1re Division aérienne s’installe provisoirement à Paris en octobre, dans le cadre de la 4e Force aérienne tactique alliée. En avril 1953, il déménage à Metz »[1].

Pour marquer le déménagement de la 1re Division aérienne à Metz, il y a 65 ans, nous vous présentons un bref historique de la division et une description de ses éléments, comme ils apparaissaient dans la brochure « Welcome to 1 Air Division Europe », publiée le 1er novembre 1963 afin d’aider les militaires et leur famille à s’établir dans leur nouveau milieu en Europe et à s’y adapter.

La 1re Division aérienne en 1963

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) repose sur le principe d’une force défensive. C’est pourquoi le Canada y fait la contribution de douze escadrons de chasseurs, regroupés dans la 1re Division aérienne.

La première base de l’ARC à l’étranger en temps de guerre voit le jour à North Luffenham, en Angleterre, quand le 1er Escadron de chasseurs embarque ses aéronefs F‑86 Sabre, de fabrication canadienne, à bord du navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Magnificent, en novembre 1951. Des mois plus tard, le 441e Escadron arrive à North Luffenham. En juin 1952, le troisième escadron atterrit à l’étranger dans le cadre de l’opération historique Leap Frog One, au cours de laquelle les Sabre de l’escadron se transportent en Europe par la voie des airs depuis Bagotville, au Québec, en faisant escale à Goose Bay, au Labrador, au Groenland et en Islande.

Les bases continentales européennes

La 2e Escadre de chasse, à Grostenquin, en France, est la première base continentale à ouvrir ses portes, en octobre 1952. Imitant l’opération Leap Frog One, l’escadre, divisée en trois escadrons, franchit aussi l’Atlantique sans problème à bord de ses propres avions.

La deuxième base continentale européenne de l’ARC à ouvrir ses portes est celle de Deux‑Ponts, en Allemagne, en mars 1953, où la 3e Escadre de chasse se pose après un vol transatlantique réussi. La 4e Escadre de chasse, formée de trois escadrons de Sabre, arrive à Baden‑Söllingen, en Allemagne, en septembre 1953, pour compléter la contribution prévue de 12 escadrons à l’OTAN.

Le troisième et dernier déplacement a lieu au début de 1955, quand la 1re Escadre de chasse quitte North Luffenham, en Angleterre, pour prendre ses quartiers à Marville, en France.

Le 61e Escadron de contrôle aérien et d’alerte entre en fonction à Metz, en 1955, devenant l’unique unité de radar de l’ARC à se trouver à l’extérieur du Canada.

En novembre 1956, le premier escadron de chasseurs tout-temps CF‑100 (Canuck), conçus et construits au Canada, se joint à la Division aérienne. Le Canada fournit ces appareils à la demande expresse du Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (SHAPE) pour pallier une pénurie de chasseurs tout-temps et de nuit. Ensuite, quatre escadrons de CF‑100 fusionnent avec les huit escadrons restants de Sabre pour assurer à l’ARC une présence de chasseurs de défense de 24 heures par jour et pour tenir un rôle de bombardiers d’escorte.

Toutefois, une vaste organisation formée de six unités différentes se doit d’avoir son quartier général. Jusqu’en 1953, celui-ci se trouve à Paris. Il devient vite évident, cependant, que la capitale française n’est pas facile d’accès pour les différentes unités installées sur le continent. Le Château de Mercy, dans la région de Metz, répond à ce besoin particulier de manière plus satisfaisante et le quartier général de la 1re Division aérienne s’y trouve désormais.

Metz, Quartier général de la 1re Division aérienne

Le quartier général de la 1re Division aérienne se trouve à quelque cinq kilomètres au sud-est de Metz, dont la population s’élève à peu près 100 000 personnes et qui compte parmi les principales villes du département de la Moselle. La route principale et le chemin de fer qui relient les Pays‑Bas, la Belgique et le Luxembourg à la France et à l’Italie passent par Metz. Il y a plusieurs sites historiques intéressants dans cette ville vieille de 2000 ans, ainsi qu’un bon quartier commercial et des restaurants pour toutes les bourses. C’est à Metz que se trouve le 61e Escadron de contrôle aérien et d’alerte.

Marville, 1re Escadre de chasse

La 1re Escadre de chasse est établie en France, à près de 100 kilomètres au nord-ouest de Metz, près de Marville, qui se trouve à une heure de voiture de Verdun, une ville de 13 000 habitants, et de Luxembourg, une ville de quelque 35 000 habitants, capitale du Grand‑Duché de Luxembourg. La base proprement dite y voit le jour en 1954 tandis que l’escadre, auparavant située en Angleterre, s’y installe au début de 1955.

Grostenquin, 2e Escadre de chasse

Cette unité se trouve à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Metz, dans la Moselle. La campagne avoisinante est surtout agricole, mais on y trouve aussi des mines de charbon. La ville la plus proche est Faulquemont, dont la population s’élève à 4 000 âmes; elle se trouve à sept kilomètres de l’unité. Faulquemont est le terminal ferré de la 2e Escadre de chasse. Saint‑Avold, la plus grande des villes des environs et celle où se trouvent les logements familiaux militaires de la 2e Escadre de chasse, se situe à quelque dix-huit kilomètres de la station.

Deux‑Ponts, 3e Escadre de chasse

La 3e Escadre de chasse est installée près de la ville de Deux‑Ponts, à la frontière occidentale de l’Allemagne. Deux‑Ponts, largement détruite pendant la dernière guerre, a été reconstruite et est devenue une ville semi-moderne de 30 000 habitants. Elle se trouve en Rhénanie‑Palatinat, une région de collines ondulantes et de forêts, tandis que sur le plateau, à quelque cinq kilomètres au sud-est de la ville, notre base militaire moderne a vue sur la campagne.

Baden-Söllingen, 4e Escadre de chasse

À l’orée de la Forêt‑Noire, en Allemagne, près du Rhin, se trouve la 4e Escadre de chasse, à une petite demi-heure de voiture de la ville de Baden‑Baden, le centre de santé et de villégiature le plus prestigieux d’Europe centrale. Baden‑Baden, la Forêt‑Noire et les collectivités de la région ont beaucoup à offrir aux militaires dans leur temps libre.

Strasbourg, l’un des principaux centres ferroviaires d’Europe, se trouve à quelque 65 kilomètres au sud-ouest de la gare, tout juste de l’autre côté de la frontière franco-allemande.

Sardaigne, Unité de tir aérien

L’unité de tir aérien se trouve à l’aérodrome de Decimomannu, en Sardaigne, à une vingtaine de kilomètres au nord de Cagliari. Les deux principales villes de l’île italienne de la Sardaigne sont Cagliari, la capitale, à l’extrémité sud-est de l’île, où habitent 140 000 personnes, et Sassari, à son extrémité nord, qui compte une population de 70 000 personnes.

Après 1963

Texte rédigé à l’aide d’un article publié dans Internet par Harold A. Skaarup (en anglais seulement).

L’ARC quitte la France en 1967 et, une fois réorganisée et consolidée avec les deux autres services des Forces armées canadiennes, la 1re Division aérienne devient le 1er Groupe aérien du Canada (1 GAC), dont le QG se trouve à la base des Forces canadiennes (BFC) Lahr, en Allemagne de l’Ouest.

En 1968, à titre de mesure d’austérité, la 3e Escadre de chasse Deux‑Ponts ferme ses portes. Ses deux escadrons sont affectés à la 1re Escadre de chasse et la 4e Escadre de chasse.

Ensuite, en 1969, les Forces canadiennes en Europe fusionnent afin de former un seul commandement disposant de deux bases. Par conséquent, l’Armée canadienne, alors dans le nord de l’Allemagne, rejoint les 1re et 4e Escadres de chasse au sud. De plus, on ferme la 1re Escadre de chasse, à Lahr, et la Force aérienne canadienne en Europe voit son effectif passer de six à trois escadrons.

Les trois escadrons restants sont regroupés à la BFC Baden-Söllingen, sous l’autorité du 1 GAC, le 29 juin 1970. Le 1 GAC poursuit ses activités jusqu’en 1988, quand le Canada accroît sa participation à l’OTAN et qu’on procède à la reconstitution de la 1re Division aérienne.

Lorsque tombe le mur de Berlin, en 1989, et que survient, par conséquent, la fin de la Guerre froide, les éléments des Forces canadiennes en Europe rentrent au pays, puis, en 1993, on ferme les BFC Lahr et Baden‑Söllingen. La 1re Division aérienne met fin à ses opérations aériennes le 1er janvier 1993.

[1] L’aviation miliaire canadienne 1914-1999, Éditions Art Global et ministère de la Défense nationale, 1999. Toutes les citations de cette œuvre sont en traduction libre.

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