Que faut-il pour devenir pilote de chasse dans l’ARC?

Article de nouvelles / Le 23 janvier 2018

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Par la sous-lieutenant Camille Dolphin

Que faut-il pour devenir pilote de chasse dans l’Aviation royale canadienne?

Beaucoup de dévouement et de travail!

Les pilotes de chasse de l’ARC doivent franchir de nombreuses étapes pendant leur entraînement, tant dans les airs qu’au sol. La formation se déroule au Canada et aux États-Unis de façon à ce que les aspirants pilotes de chasse puissent apprendre à piloter le CF-188 Hornet et à combattre à bord de celui-ci.

 Les élèves pilotes doivent d’abord suivre l’entraînement de base au pilotage, qui constitue la première étape de leur formation, à bord du Grob 120-A (avion biplace muni d’un moteur à piston utilisé pour la formation), à la 3e École de pilotage des Forces canadiennes, située à Portage la Prairie, au Manitoba. Lorsqu’ils terminent cette première étape, les élèves pilotes se rendent à la 2e École de pilotage des Forces canadiennes, à la 15e Escadre Moose Jaw, en Saskatchewan, où ils entreprennent la deuxième étape de leur formation qui, elle, se fait à bord du turbopropulseur CT-156 Harvard II.

Au cours de la troisième étape de la formation des futurs pilotes de chasse, ceux-ci apprennent à effectuer des manœuvres plus compliquées à bord du Harvard à Moose Jaw (la troisième étape de la formation des pilotes d’hélicoptères et d’avions multimoteurs a, quant à elle, lieu à Portage La Prairie). Lorsqu’ils réussissent les trois étapes de leur formation, tous les pilotes reçoivent leur insigne de pilote, leurs « ailes ».

Les pilotes participent au programme d’Entraînement en vol de l’OTAN au Canada (NFTC) dans le cadre des deuxième et troisième étapes de leur formation. Ce programme d’entraînement au pilotage militaire est dirigé en collaboration avec CAE Inc. au nom de l’OTAN et de forces aériennes alliées. Le programme permet également d’offrir une formation aux pilotes de nombreux partenaires et de pays alliés, notamment le Royaume-Uni, la Hongrie, la France, l’Allemagne et Singapour, en plus des pilotes de l’ARC.

Lorsqu’ils terminent les deuxième et troisième étapes, les pilotes de chasse amorcent la quatrième étape, dans le cadre de laquelle ils s’entraînent à bord du CT-155 Hawk, également à la 15e Escadre, où ils apprennent les rudiments du pilotage d’un aéronef à réaction.  

Le CT-155 Hawk s'apparente à un chasseur de première ligne. Cet avion d’entraînement à réaction perfectionné possède un turboréacteur produisant une poussée de plus de 2 700 kilogrammes et permettant à l’appareil de voler à une vitesse presque supersonique. Équipé d’un simulateur de système d’armes, l’avion à réaction peut exécuter une vaste gamme de missions d’entraînement très exigeantes.     

Après avoir appris les techniques de base, les élèves pilotes entament la seconde moitié de la quatrième étape, qui porte sur l’entraînement à bord d’avions de chasse. Il s’agit de la dernière étape du NFTC. L’entraînement, qui a lieu au 419e Escadron d’entraînement à l’appui tactique, à la 4e Escadre Cold Lake, en Alberta, s’appelle également l’entraînement initial des pilotes de chasse. Les stagiaires continuent à s’exercer à bord du Hawk, mais ils apprennent désormais à combattre aux commandes d’un avion à réaction dans le cadre d’un entraînement de vol tactique.  

Les pilotes sont maintenant prêts à apprendre les divers éléments propres aux missions d’attaque de cibles terrestres et aériennes, notamment les manœuvres de combat élémentaires, les tactiques de combat aérien, le tir d’armes classiques et l’appui aérien rapproché. Essentiellement, ils apprennent à participer à des opérations tactiques, à exécuter des manœuvres afin d’affronter l’ennemi, à piloter dans un espace aérien ennemi et à attaquer une cible en collaborant avec un autre aéronef.

Après beaucoup de travail et de dévouement, les pilotes de chasse sont prêts à terminer leur entraînement NFTC, après quoi les Canadiens peuvent enfin se joindre à leur premier escadron de CF-188 Hornet : le 410e Escadron d’entraînement opérationnel à l’appui tactique. Cette unité d’entraînement opérationnel est également basée à la 4e Escadre. Les pilotes rentrent dans leur pays pour y poursuivre leur entraînement à titre de pilotes de chasse à bord de divers types d’aéronefs. Toutefois, leur entraînement ne s’arrête pas là; en fait, il ne s’arrête jamais vraiment, puisque les pilotes font l’apprentissage de nouvelles compétences dans leur premier escadron d’entraînement opérationnel.    

Les pilotes de CF-188 entièrement qualifiés continuent d’apprendre tout au long de leur carrière.   

Les élèves pilotes maximisent leur entraînement pendant l’exercice Antler South

À la fin de 2017, le 419e Escadron d’entraînement à l’appui tactique s’est rendu à El Centro, en Californie, équipé de ses CT-155 Hawk, pour y mener des exercices par temps chaud dans le cadre de l’exercice Antler South.

« Les déploiements dans le sud donnent aux militaires du 419e Escadron la possibilité d’échapper à la neige et à la glace du nord de l’Alberta et de s’entraîner sous un ciel dégagé », dit le lieutenant-colonel Colin Marks, commandant du 419e Escadron.

Le déploiement comprenait des instructeurs de la Force régulière et de la Réserve, des ingénieurs contractuels de CAE Inc. et des membres du personnel de soutien, en plus de sept Hawk. Ensemble, ils ont mené quotidiennement jusqu’à 20 missions, y compris des missions de nuit, dont la plupart se sont déroulées dans un espace aérien réglementé et dans la zone d’opérations militaires de la Naval Air Facility (NAF) d’El Centro.

Les entraînements dans le sud sont plus efficaces. Les conditions météorologiques plus stables de la Californie ont permis à l’ARC de maximiser la quantité et la qualité de l’entraînement offert à bord des Hawk dans un laps de temps relativement court. En raison des conditions hivernales typiques de Cold Lake, le même entraînement pourrait prendre plusieurs mois.

« Lors de ce genre de déploiement en hiver, nous pouvons nous concentrer entièrement sur l’entraînement des pilotes de chasse », dit le lieutenant-colonel Marks. « Tout le monde est arrivé à El Centro très bien préparé, et nous avons hâte de mener nos stagiaires vers la réussite de leur entraînement. »

On a choisi de mener l’exercice Antler South à la NAF d’El Centro non seulement en raison de son climat tempéré, mais aussi parce qu’elle offre un espace aérien restreint et sans danger propice à l’entraînement. « Le fait qu’on retrouve un aéroport militaire à cet endroit permet aux pilotes des Hawk de s’entraîner à des vitesses plus grandes que celles permises à un aéroport civil », explique le capitaine Louis Maloux, qui est responsable des opérations du 419e Escadron.

L’espace aérien à El Centro est plus fréquenté, tant par des aéronefs militaires que civils, que celui de Cold Lake, ce qui constitue une belle occasion d'entraînement dans un milieu inconnu.   

Il y a des zones au-dessus, en dessous et tout autour des pilotes, notamment la zone à la frontière mexicaine, où ils ne peuvent pas voler. Ces restrictions, conjuguées à une circulation aérienne accrue, permettent de simuler une bataille aérienne moderne et représentent une occasion d’entraînement avantageuse.

L’entraînement aux côtés de la United States Navy et du United States Marine Corps permet aussi de faire en sorte que la force de chasse canadienne demeure bien en mesure d’effectuer des opérations de coalition à l’avenir. Pendant leur séjour à El Centro, les élèves pilotes ont mené des missions d’attaque de cibles terrestres et aériennes, notamment en s’exerçant aux tactiques et aux manœuvres de combat aérien, en plus de participer à des exercices de familiarisation au vol à basse altitude, de même qu’à d’autres types d’entraînements.

Il s’agissait de la seconde fois que des militaires du 419e Escadron se rendaient à El Centro pour participer à un exercice.  

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