Pendant ce temps, dans les coulisses du spectacle aérien...

Article de nouvelles / Le 12 juillet 2016

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Par Ross Lees

Le rétablissement d’un spectacle aérien international à Trenton (Ontario) en neuf mois a été une tâche colossale, mais les organisateurs du Spectacle aérien international de Quinte (SAIQ) 2016 ont été à la hauteur de la situation. En effet, ils ont présenté un spectacle remarquable la fin de semaine des 25 et 26 juin 2016. Le spectacle, qui a attiré une foule de quelque 80 000 spectateurs, s’est déroulé de manière impeccable, et ce, grâce à une multitude de personnes qui ont travaillé très fort dans les coulisses afin de présenter ce qui, à leur avis, était le plus gros et le meilleur SAIQ jamais vu.

C’était en plein la promesse qu’avait faite le commandant de la 8e Escadre Trenton, le colonel Colin Keiver, lorsqu’il a annoncé le retour du SAIQ. Malgré le délai serré, les organisateurs ont réalisé sa promesse. Le gros du succès est attribuable à l’armée de bénévoles déterminés.

« De nombreux bénévoles nous ont donné un coup de main. Nous avions pensé tout simplement nous inspirer des spectacles aériens antérieurs et reproduire ce que nous avions fait dans le passé. C’est alors que nous avons réalisé qu’il n’existait aucun document expliquant le travail que cela exigeait », affirme le chef d’état-major des opérations du SAIQ 2016, le major Martin Zimmer.

« Nous organisons une journée portes ouvertes tous les deux ou trois ans, mais la présentation d’un spectacle aérien d’envergure internationale est une autre paire de manches, et c’est le genre de spectacle que nous prévoyons cette année », a-t-il dit avant l’événement. « Essentiellement, nous avons dû repartir à zéro. »

La tenue du spectacle a été rendue possible puisque les militaires sont formés pour organiser des événements importants et puisque les bénévoles ont réparti le travail en de nombreuses tâches exécutables. Selon le major Zimmer, ils avaient deux principaux objectifs : attirer les pilotes à Trenton et convaincre les gens de venir voir les numéros aériens.

« En tant que chef d’état-major des opérations, j’étais responsable de faire le premier contact avec toutes les organisations dont nous espérions faire venir un aéronef. Bon nombre de ces organisations sont militaires, comme celles des Snowbirds et le CF-18, avec lesquelles nous avons communiqué au début de l’année », explique le major Zimmer. « Mais, en ce qui concerne les avions civils et d’autres aéronefs militaires – comme ceux de la U.S. Air Force, de la Royal Air Force, des U.S. Marines et ceux d’autres pays – il y a beaucoup de documents à remplir, alors il faut s’y prendre de bonne heure pour les réserver. »

Après avoir fait ce contact initial, le major Zimmer a passé le flambeau aux Opérations aériennes, qui se sont occupées d’établir des points de contact, de signer les contrats et d’établir les exigences du spectacle. Par contre, la préparation du spectacle aérien n’était pas la seule préoccupation des organisateurs du SAIQ 2016, fait-il remarquer.

« Nous sommes toujours à la merci de la météo. Quoique les numéros aériens soient à couper le souffle, il faut prévoir un environnement familial pour les familles au cas où la météo n’est pas super belle et affecte les démonstrations aériennes », signale-t-il. Les organisateurs prévoient un grand nombre d’activités à faire et de choses à voir au sol afin d’attirer les visiteurs et de leur fournir une expérience intéressante beau temps, mauvais temps.

Un autre défi majeur a été de s’occuper des foules de personnes qui ont traversé les guichets, notamment les conduire jusqu’ici. Le stationnement et le transfert des spectateurs au site de façon rapide étaient parmi les principales considérations. La sécurité dans la base en était une autre.

L’environnement de sécurité est très différent de celui des spectacles aériens antérieurs, admet le major Zimmer.

« De nos jours, il faut adopter des mesures de sécurité pour protéger nos gens et notre infrastructure », explique-t-il. « Avant de laisser les spectateurs entrer dans la base, nous les fouillons au cas où ils auraient un objet interdit. Ils font également l’objet d’un contrôle – un peu comme dans les aéroports. »

Un nombre considérable de documents doit être envoyé à Transports Canada à des fins d’approbation, ainsi qu’au Quartier général de la 1re Division aérienne du Canada à Winnipeg, au Manitoba, précise le major Zimmer. « Notre équipe fait sa part pour s’assurer que les délais sont respectés. »

L’une des premières tâches de l’équipe a été d’embaucher le « air boss » David White, de Toronto, mentionne le major Jim Falldien, directeur des opérations aériennes du SAIQ 2016.

« Il joue le rôle d’un chef d’orchestre, en quelque sorte », indique-t-il. « Les règlements de Transports Canada ne lui permettent pas d’autoriser le décollage et l’atterrissage d’avions, alors je demanderai à un de mes contrôleurs de lui prêter main-forte. »

« Essentiellement, c’est lui qui dirige le spectacle. Il dit aux pilotes quand décoller, d’après l’horaire. Il est responsable de produire la séquence de vol, c’est-à-dire l’ordre dans lequel les avions doivent partir, et il est capable de tout mettre ensemble grâce à son expérience. »

Cette expérience s’est avérée un atout inestimable pour le major Falldien et les bénévoles du SAIQ 2016.

« Il a été embauché à titre de consultant », explique le major Falldien. « Il est un collaborateur phénoménal. Il fait d’excellentes suggestions et recommandations en tirant profit de son expérience. J’apprécie bien son aide. Je communique directement avec lui et cela bénéficie également à notre spectacle aérien. »

Comme tout autre spectacle aérien, la sécurité est une des grandes priorités du SAIQ 2016, et l’équipe a été chargée de produire un plan d’intervention en cas d’urgence.

« L’Escadre est dotée d’un plan permanent d’intervention en cas d’urgence, mais, à cause du spectacle aérien, il faut en établir un qui aborde les défis particuliers d’un spectacle aérien : une foule de personnes dans un endroit restreint entouré de beaucoup d’autres avions qui effectuent des vols acrobatiques », souligne le major Falldien.

« La question de sécurité est couverte de A à Z dans ce document. Le domaine du vol est très bien réglementé, mais la clé, c’est de s’assurer que les gens possèdent bel et bien les compétences qu’ils disent avoir, depuis la personne travaillant au sol jusqu’au pilote. Pour la plupart des membres de l’équipe des Opérations aériennes, la question de sécurité est une priorité, surtout étant donné le type de vols que nous effectuons », dit-il.

Le spectacle aérien n’a pas eu de répercussions sur les opérations de la base, poursuit-il.

« Le rythme opérationnel demeure une exigence. Nous sommes tenus de poursuivre certaines opérations sans interruption. Cela dit, il faudra déplacer certains avions à l’extérieur de la base pour laisser la place aux spectateurs. Mais il n’y aura pas beaucoup d’impact sur nos opérations, puisqu’elles sont notre responsabilité première. »

Les opérations de recherche et sauvetage se poursuivront comme toujours, malgré le niveau d’activité autour de Trenton.

« Ce qui est bien avec l’unité de recherche et sauvetage, c’est qu’elle est autonome, elle peut être située n’importe où. Elle demeurera établie ici à la base jusqu’à la fin de semaine. Pour l’instant, on songe à la déménager temporairement à un autre endroit dans la région », signale le major Falldien.

« L’avant-spectacle dure environ une demi-heure et comprendra une démonstration des SkyHawks et peut-être d’autres avions locaux. Le spectacle à proprement parler durera environ quatre heures et dix minutes. Au total, la partie du spectacle consacrée aux vols réels dure approximativement quatre heures et 30 minutes. »

L’organisation des expositions statiques constitue un autre défi important.

« Ils arrivent dans un certain laps de temps, et, compte tenu du nombre d’avions et de l’espace limité, l’endroit où l’on décide de les stationner est très important. Il faut donc avoir un plan qui veillera à ce qu’aucun avion ne soit immobilisé, par exemple, dans le cas d’un avion militaire étranger devant partir soudainement. Je dirais que c’est un de nos défis les plus importants. Heureusement, j’ai une grande équipe intelligente qui peut s’en occuper. »

C’est, en effet, la clé de l’organisation d’un spectacle aérien international réussi – pouvoir compter sur une foule de personnes ayant des connaissances supérieures et travaillant dans les coulisses pour veiller au bon déroulement du spectacle. Dans le cas du SAIQ 2016, le défi a été relevé avec brio.

Ross Lees est le rédacteur en chef du journal de la base de Trenton, The Contact, dans lequel cet article a été publié pour la première fois.

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