On nous a remis le flambeau et nous ne pouvons faillir à notre tâche

Article de nouvelles / Le 21 septembre 2020

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La cérémonie commémorative nationale de la bataille d’Angleterre, marquant cette année le 80e anniversaire de la bataille aérienne épique, a eu lieu le 20 septembre 2020, à Ottawa. À cette occasion, le commandant de l’Aviation royale canadienne a agi à titre de conférencier principal. Voici son allocution.

Le lieutenant-général Al Meinzinger

Bonjour et bienvenue à ceux qui se joignent à nous en ligne afin d’assister à cette commémoration spéciale à l'occasion du 80e anniversaire de la bataille d’Angleterre.

Je suis particulièrement ému ce matin de me trouver ici, dans l’espace du Cimetière Beechwood réservé aux anciens combattants, à côté de la croix de vaillance, un lieu sacré d’une beauté sereine. Je crois donc qu’il s’agit d’un endroit parfait où nous recueillir et nous rappeler nos disparus.

Ici reposent plus de quarante militaires de l’Aviation royale canadienne qui ont servi en 1940. Bien que nous ne sachions pas le rôle que chacun d’eux a joué durant la période turbulente de la bataille d’Angleterre et autour de celle-ci, nous continuons à réfléchir à leur courage ainsi qu’à leur bravoure et nous honorerons toujours leur service au Canada.

Afin de commémorer cette bataille aérienne épique, se joint à nous Robert Bradley, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale. Âgé de dix-sept ans et demi, encore jeune homme, M. Bradley a suivi l’entraînement de mitrailleur de bord.

Après avoir reçu son insigne ailé, M. Bradley a été affecté à l’étranger, où il a suivi l’entraînement portant sur les bombardiers afin de voler à bord de l’imposant Lancaster. Cet homme formidable a participé à 30 missions en tant que mitrailleur de queue dans un escadron de Lancaster, après quoi il a servi comme instructeur de tir jusqu’à la fin de la guerre.

Nous sommes tellement chanceux de pouvoir le compter parmi nous cette année. Merci de vous joindre à nous, M. Bradley.

Comme vous l’avez probablement remarqué, à cause de la pandémie, il n’y a pas de défilé, de cornemuses et de tambours, d’exposition d’aéronefs d’époque ou de rangées de militaires et de cadets de l’Aviation royale canadienne en uniforme ce matin.

À l’exception de M. Bradley et de quelques autres, il n’y a pas non plus de contingent de nos formidables anciens combattants aujourd’hui, qui, sans doute, se tiendraient la tête haute, déterminés et incarnant absolument les idéaux du service avant soi, du courage, du dévouement et de l’honneur. Nous pensons à tous nos anciens combattants aujourd’hui.

Comme beaucoup d’entre vous le savent, il ne reste plus aucun ancien combattant canadien de la bataille d’Angleterre qui puisse se joindre à nous. Personne ne peut raconter leur histoire, nommer les camarades disparus ou brosser un tableau de cette époque horrible et chaotique. Qu’à cela ne tienne, aucun de ceux et de celles qui ont soutenu cette bataille importante ne sombrera dans l’oubli.

La bataille d’Angleterre a fait rage dans le ciel au-dessus du sud-est de l’Angleterre et de la Manche du 10 juillet au 31 octobre 1940, et c’était la première bataille à se dérouler presque entièrement dans les airs.

Plus de 100 pilotes canadiens et environ 300 Canadiens membres d’équipages au sol ont servi côte à côte et coude à coude, avec leurs collègues de la Royal Air Force afin d’empêcher les nazis de dominer l’espace aérien anglais et d’ainsi, bien entendu, éviter l’invasion de la Grande-Bretagne par l’Allemagne.

Cette bataille a indiscutablement façonné l’avenir de l’Aviation royale canadienne et a permis à celle-ci de sortir de son enfance. La force aérienne du Canada n’avait que 16 ans en 1940; néanmoins, le dévouement de ses aviateurs et aviatrices était absolu. 

Vingt-trois de ces braves pilotes canadiens ne sont pas rentrés au pays pendant cette période sombre. De plus, quelque 35 autres pilotes qui ont combattu durant la bataille d’Angleterre n’ont pas survécu à la guerre.

Désormais, c’est à nous qu’incombe le devoir du souvenir. Souvenons-nous donc de leurs actions, de leur courage, de leur sacrifice, mais, plus que tout, de leur nom.

Nous devons inculquer aux nouvelles générations l’importance de la bataille d’Angleterre et la signification qu’elle revêtait pour le Canada, l’Angleterre et le monde entier.

En poursuivant la planification du centenaire de l’Aviation royale canadienne en 2024, nous nous employons à demeurer dignes de tous ceux qui ont donné leur vie au service du Canada.

On nous a remis le flambeau et nous ne pouvons faillir à notre tâche.

Merci


 

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