Les nations polaires se rencontrent pour discuter du Grand Nord

Article de nouvelles / Le 2 mars 2017

Article tiré de La Feuille d’érable

Des représentants du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes ont rencontré leurs homologues de sept autres nations polaires, à savoir le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis, à la fin de 2016 dans le cadre de la conférence du programme d’action coopératif international en matière de recherche polaire (ICE-PPR).

Animée par le brigadier-général Mike Nixon, commandant de la Force opérationnelle interarmées (Nord), au siège social à Yellowknife, aux Territoires-du-Nord-Ouest, la conférence était présidée par Dale Reding, directeur général – Science et technologie (Force aérienne et Marine) de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), et Mat Winter, contre-amiral, Chief of Naval Research de la United States Navy.

« La Force opérationnelle interarmées (Nord) a eu le plaisir d’animer la deuxième conférence du programme d’action coopératif international en matière de recherche polaire à Yellowknife visant à discuter avec d’autres pays arctiques des difficultés que posent la sécurité, la recherche et le développement dans l’Arctique », a indiqué le brigadier-général Nixon. « La conférence de deux jours nous a permis, ensemble, d’étudier ces difficultés tout en offrant aux participants l’occasion de connaître la beauté du Nord canadien. »

L’ICE-PPR est un forum de partenariat multinational qui, par l’entremise de la science et de la technologie, unit les collectivités de la recherche et des opérations pour renforcer les partenariats entre nations polaires et planifier l’avenir de manière à ce que celui-ci soit à notre avantage mutuel.

« Je continue à me réjouir du rythme des activités et du dialogue maintenus depuis la première réunion des parties prenantes nationales à Helsinki en février 2016 », a indiqué le contre-amiral Winter. « Cette deuxième rencontre à Yellowknife, la porte de l’Arctique du Canada, est une formidable occasion de constater soi-même les difficultés que posent les milieux froids. »

La conférence inaugurale de l’ICE-PPR, tenue à Helsinki, en Finlande, s’est révélée un forum unique où les représentants principaux de la défense dans le monde ont pu explorer les intérêts des différents participants en collaborant à des efforts de recherche scientifique et technologique respectant quatre thèmes principaux d’un protocole d’entente (PE) proposé.

La conférence d’octobre comprenait deux objectifs : négocier une entente officielle entre les pays participants en vue de saisir sous une forme pratique les idées et l’esprit de la première rencontre, notamment les activités, les ressources, l’accès et la collaboration, et déterminer des activités précises que chacun des pays pourrait exécuter afin de contribuer aux quatre domaines d’intérêt thématique suivants :

La sensibilisation aux situations : L’amélioration de la capacité des Forces armées canadiennes de surveiller et de contrôler l’accès au Canada depuis l’Arctique a été l’objectif de plusieurs opérations, exercices et projets scientifiques et technologiques consécutifs. La communication des expériences, des connaissances et des ressources avec nos collègues polaires devrait accélérer l’atteinte de cet objectif.

La détection et la modélisation environnementales : Comprendre le milieu arctique permet aux Forces armées canadiennes d’opérer effectivement dans l’Arctique alors que d’autres ne le peuvent pas, ce qui nous offre un avantage important. Cette compréhension permet également aux FAC d’éviter, de minimiser et, au besoin, de corriger l’incidence des opérations sur l’environnement. Il se peut que le Grand Nord canadien diffère à certains points de vue du milieu polaire des autres participants de l'ICE-PPR, mais la communication de renseignements et de ressources contribue néanmoins à une meilleure compréhension de tous les milieux.

L'aspect humain : Le renforcement des capacités du personnel des FAC de survivre et de travailler efficacement dans le Nord a été l’objectif de nombreux exercices et activités des Forces dans le Grand Nord. L’amélioration des capacités des militaires des FAC de s’adapter à la vaste gamme de difficultés que pose le Grand Nord, dont de longues périodes d’ensoleillement ou d’obscurité, les insectes piqueurs, le froid extrême, le vent incessant, la guérison de blessures et plus encore, continue à compter parmi les activités de défense du Grand Nord canadien que le Canada partage avec ses partenaires polaires. Ensemble, nous pouvons collaborer à la résolution de bon nombre de ces difficultés.

Les véhicules : Les occasions permettant d’essayer de nouvelles idées et d’en communiquer les résultats permettront d'accroître les capacités opérationnelles des aéronefs, des véhicules de surface, des navires et des sous-marins canadiens.

La vie et la survie dans l’Arctique représentent une tâche de taille pour le Canada. Le Canada doit améliorer la coordination des activités de science et de technologie internationales nécessaires et offrir ainsi des capacités polaires novatrices, opportunes et efficaces appuyant les opérations de défense et de sécurité dans le Nord. L’ICE-PPR fournit un cadre de coopération avec les principales nations polaires pour la recherche et l’opération de capacités navales novatrices. En effet, l’ICE-PPR représente la recherche polaire internationale d’aujourd’hui et de demain.

« Au nom du sous-ministre adjoint (Science et technologie) et du commandant de la Marine royale canadienne, et en tant que conseiller scientifique à la MRC et à l’ARC, j’ai eu le plaisir d’être coprésident de la conférence avec nos collègues scientifiques et opérationnels nationaux et étrangers à Yellowknife », a indiqué M. Reding. « L’énergie et l’enthousiasme de tous les participants à l’égard de la collaboration et de la résolution des problèmes scientifiques et technologiques polaires difficiles se sont avérés tout à fait incroyables. La réunion de nations polaires aux vues similaires, dans le cadre du programme d’engagement coopératif international en matière de recherche polaire, a déjà entraîné de nombreuses idées novatrices visant l’amélioration de l’exécution d’opérations navales dans des milieux polaires. »

L’ICE-PPR s’avère aussi un forum où les pays participants peuvent collaborer dans des environnements extrêmes, tout en leur permettant de cerner et de résoudre les difficultés liées à l’interopérabilité inconnues ou imprévues dans d’autres milieux. En déterminant entre eux les objectifs des divers exercices et opérations, il est possible de réaliser des économies sur le plan des activités d’organisation, de commandement et de soutien dans le Grand Nord.

Le ministère de la Défense nationale et le personnel des Forces armées canadiennes vivent et travaillent au quotidien dans le Grand Nord grâce à diverses organisations et activités. Recherche et développement pour la Défense Canada compte de l’expérience en projets d’alimentation et d’énergie. La Force opérationnelle interarmées (Nord) mène des opérations et exercices expéditionnaires comprenant du personnel et des biens de la Marine royale canadienne, de l’Armée canadienne et de l’Aviation royale canadienne partout dans le Nord canadien, bon nombre comptant un élément international. La station des Forces canadiennes Alert, qui appartient à l’Aviation royale canadienne, est une installation essentielle du renseignement d’origine électromagnétique située dans l’extrémité nord de l’île d’Ellesmere qui appuie souvent les opérations militaires canadiennes dans le Nord. De plus, l’ARC réalise de l’entraînement et des missions de recherche et de sauvetage dans le Nord.

Bientôt, la flotte de l’avenir de navires de patrouille arctiques et côtiers, dont le premier devrait entrer en service à l’automne 2018, permettra à la Marine royale canadienne de mieux affirmer et défendre la souveraineté dans les eaux canadiennes, y compris l’Arctique.

Ce sont tous des exemples de la vaste expérience acquise par le ministère et les Forces sur le plan des opérations dans le Grand Nord, laquelle leur permet de contribuer de façon significative à l’ICE-PPR. Le Grand Nord du Canada est un milieu complexe, quelle que soit la perspective, et les milieux polaires des collègues canadiens de l’ICE-PPR le sont tout autant. Le programme d’action coopératif international en matière de recherche polaire offrira à tous ses partenaires un lieu où ils pourront collaborer afin de surmonter ces difficultés et ces complexités.

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