Le plus grand honneur pour un membre de l’ARC

Article de nouvelles / Le 24 février 2017

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Par le caporal-chef George Arsenault

Je m’estime très privilégié et me réjouis d’avoir pu représenter l’Aviation royale canadienne (ARC) dans le cadre du Programme des sentinelles du jour du Souvenir de 2016. Il n’y a pas de plus grand honneur pour un membre de l’ARC que de monter la garde et de rendre hommage à ses frères et à ses sœurs d’armes tombés au combat en défendant ce grand pays.

Tout a commencé en juillet 2016. Mes supérieurs m’ont alors informé qu’ils envisageaient de présenter ma candidature au Programme national des sentinelles des Forces armées canadiennes. Naturellement, je me suis tout d’abord dit : « Je suis certain que d’autres militaires méritent cet honneur beaucoup plus que moi »; par conséquent, je ne me suis pas fait d’idée, compte tenu de la qualité des militaires de l’Aviation royale canadienne.

C’est donc avec grande surprise que, moins de deux semaines plus tard, on confirmait ma participation au programme. La situation semblait irréelle! J’ai été ensuite pris de panique. Moi, le caporal‑chef George Arsenault, je représenterais non seulement mon unité et l’ARC, mais aussi mes frères et sœurs qui, par leur sacrifice suprême, ont fait de notre pays ce qu’il est aujourd’hui.

Notre semaine à Ottawa a commencé le matin du 6 novembre par une visite du Cimetière national militaire de Beechwood. Pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de se rendre à cet endroit, le sentiment que l’on éprouve en parcourant les rangées de pierres tombales sur lesquelles sont inscrits les noms de pères, de frères, de fils, de mères, de sœurs et de filles qui y reposent en paix, est écrasant. J’ai été frappé par le respect intense que j’ai alors ressenti envers ma femme. Souvent, comme militaires, nous oublions que notre conjoint ou conjointe est la personne qui nous épaule le plus. Ces personnes représentent le mortier qui garde notre famille ensemble durant notre absence, qui peut durer des mois. Elles sont véritablement la « force » derrière l’uniforme.

Au cours de l’après-midi, nous avons profité d’une visite guidée du Musée national de la guerre. Même si j’avais déjà visité de nombreuses fois ce musée, quand je suis entré dans la salle où se trouve la pierre tombale originale de la tombe du Soldat inconnu du Canada, soit tout juste cinq jours avant le jour du Souvenir, et quand j’ai vu toutes les lettres que des mères avaient laissées à leur fils disparu, j’ai senti croître le sentiment de fierté à l’égard du poste que j’occuperais le 11 novembre.

Nous avons consacré le reste de la semaine à faire des visites intéressantes, notamment au Parlement, aux installations des opérations techniques et des missions de protection de la GRC et au Carrousel de la GRC.  

Le 10 novembre, nous avons été conviés au dîner du président national de la Légion royale canadienne en l’honneur de Colleen Fitzpatrick, Mère de la Croix d’argent. L’entendre parler de son fils, tué en 2010 par un engin explosif improvisé, m'a rappelé douloureusement que rien n’est jamais acquis. Pendant la soirée, les sentinelles et leurs invités ont pris part à un souper tenu par l’adjudant-chef Kevin West, adjudant-chef des Forces armées canadiennes, repas auquel ont aussi pris part les commandants des trois armées (la Marine, Armée de terre et la Force aérienne), accompagnés de leur adjudant-chef de commandement. En tant que militaire du rang subalterne, j’ai pu profiter de l’occasion pour parler de mes expériences et de mes objectifs avec des officiers supérieurs des Forces armées canadiennes, et même de faire quelques plaisanteries.

Enfin, le jour en vue duquel nous avions tant travaillé est arrivé. Nous savions parfaitement ce que nous devions faire, nos uniformes étaient impeccables et nous étions prêts à marcher du Manège militaire de la place Cartier au Monument commémoratif de guerre du Canada. Toutefois, rien n’aurait pu me préparer aux émotions que j’ai ressenties pendant que je remontais la rue Elgin, à Ottawa, en direction du monument, marchant devant des milliers de personnes qui se tenaient de part et d’autre de la rue, prenant des photos en attendant le début de la cérémonie.

Après avoir pris notre place aux quatre coins du Monument et une fois les armes en position renversée, j’ai réfléchi à la signification de faire partie des Forces armées canadiennes, mais aussi à ce que ça signifiait d’être membre d’une famille aussi respectée par les Canadiens. Tous les ans, malgré leur vie bien remplie, les gens bravent le vent glacial et le froid et viennent honorer celles et ceux qui ont fait le sacrifice suprême pour garantir la liberté de tous, liberté que nous tenons souvent pour acquise.

Me tenant devant ce monument et représentant l’ARC, j’ai pris conscience du privilège que j’avais de vivre dans ce pays extraordinaire et de la chance que j'avais de faire partie des Forces armées canadiennes. Montant la garde au nom de ceux et de celles qui ne peuvent plus prendre les armes pour défendre notre pays, j’ai ressenti une immense fierté, qui m’habite d'ailleurs toujours.

Après la cérémonie, nous, les sentinelles, avons eu droit à une visite guidée de Rideau Hall, dont la fameuse serre (des palmiers et des bananiers au Canada; qui l’eût cru?), et à un dîner officiel en compagnie de David Johnston, gouverneur général et commandant en chef du Canada.  

Avoir eu le privilège de représenter l’ARC en montant la garde au Monument commémoratif de guerre du Canada s’est révélé une des expériences les plus exaltantes de ma vie. Les personnes avec qui j’ai eu le plaisir de passer la semaine ont, selon moi, largement contribué aux émotions que ma femme et moi avons vécues pendant toute cette expérience.

Je m’estime privilégié d’avoir eu la chance de monter la garde lors de la cérémonie du jour du Souvenir et de rendre hommage à nos frères et sœurs d’armes tombés au combat. Voilà qui constitue un moment phare de ma carrière et une expérience que je ne suis pas près d’oublier.

Né à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en 1984, le caporal-chef George Arsenault s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes en septembre 2008 comme opérateur de contrôle aérospatial. Le militaire occupe actuellement le poste d’instructeur de contrôle aérospatial à l’École des opérations de contrôle aérospatial des Forces canadiennes, à Cornwall, en Ontario.

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