Le cours de culture de la puissance aérienne dans les opérations : former les dirigeants de l’ARC de demain

Article de nouvelles / Le 19 décembre 2016

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Par le Major Petra Smith

« Le Canada doit bien préparer les militaires de l’ARC et d’autres à recourir à la puissance aérienne pour obtenir les résultats voulus, et cela ne peut se produire que si l’on en comprend à fond l’utilisation. L’expertise dans son domaine de spécialisation procurera au nouveau pilote sans doute un niveau acceptable de mentalité aéronautique, mais elle ne serait pas suffisante pour un aviateur devant recourir à l’éventail plus large des capacités de la puissance aérienne. »

— Le brigadier-général Christopher Coates, été 2015

Dans le contexte de sécurité difficile et imprévisible d’aujourd’hui, l’Aviation royale canadienne (ARC) doit être dirigée par des spécialistes de la puissance aérienne qui sont capables d’intervenir dans un milieu aérospatial dynamique partout dans le monde, peu importe les conditions. De récentes opérations menées dans le cadre de l’opération Impact, par exemple, illustrent la nécessité d’une expertise tactique pour exercer la puissance aérienne, ainsi que le besoin d’officiers imprégnés de la culture de la puissance aérienne qui peuvent planifier et évaluer les opérations aériennes intégrées, et assigner les tâches qui s’y rattachent, dans un milieu dynamique et interallié au niveau opérationnel.

Le nouveau cours de culture de la puissance aérienne dans les opérations (CCPAO), donné au Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes (CGAFC), forme des officiers imprégnés de la culture de la puissance aérienne qui réussissent dans des opérations aérospatiales intégrées et complexes et participent ainsi à la protection des Canadiens au pays et leurs intérêts à l’étranger.

« La 2e Division aérienne du Canada [2 DAC] est extrêmement fière de participer à cette importante mesure d’investissement dans l’avenir de l’ARC », déclare le brigadier-général David Cochrane, commandant de la 2 DAC. « Nos gens sont notre plus grand atout. L’instruction de nos officiers dans le domaine des opérations aérospatiales est essentielle pour l’ARC, car nous préparons nos dirigeants imprégnés de la culture de la puissance aérospatiale de 2030. »

L’origine du cours

Le CCPAO est le fruit d’une analyse vaste et rigoureuse réalisée par la haute direction de l’ARC. La 2 DAC a effectué une analyse préliminaire dirigée par les coprésidents, le colonel Denis O’Reilly, commandant de la 15e Escadre et ancien directeur de l’Instruction de la Force aérienne, et le colonel Kelvin Truss, commandant du CGAFC. Cette analyse préliminaire a défini de manière systématique et précise les besoins de l’ARC pour le perfectionnement professionnel de ses capitaines et ses majors, et mené au résultat final, le CCPAO.

En analysant la doctrine, les leçons retenues, les données d’enquête, l’intention du commandant et le programme existant, les hauts dirigeants de l’ARC ont établi au cours de l’analyse préliminaire que, bien que le Programme de perfectionnement des officiers de la Force aérienne (POFA) soit un fondement solide, un cours de type « creuset » pour les dirigeants de demain s’imposait pour atteindre l’excellence opérationnelle. 

« Les officiers de l’ARC sont tenus de plaider en faveur de la culture de la puissance aérienne dans un milieu interarmées, et d’en assurer la compréhension », explique le colonel Truss. « La connaissance approfondie de la culture de la puissance aérienne est la seule voie par laquelle les officiers de l’ARC peuvent devenir plus efficaces comme partenaires de la force interarmées. Les membres du personnel du CGAFC ont contribué au document militaire qui indiquait qu’un cours comme le CCPAO serait avantageux. L’occasion de créer le contenu et de façonner la manière de donner le cours a été stimulante pour notre équipe. »

La sélection

Comme dans le cas du processus de planification opérationnelle des Forces armées canadiennes (PPOFAC), les stagiaires, sélectionnés personnellement par les présidents du groupe consultatif sur la capacité, provenaient de divers groupes professionnels et collectivités. Le premier cours comptait 24 stagiaires de l’ARC et 3 stagiaires des forces alliées, plus précisément de la United States Air Force, de la Royal Air Force, et de la Royal Australian Air Force.

Selon le colonel Truss, le principal point fort du programme est de « rassembler, en résidence, des professionnels brillants et capables, et leur donner l’occasion de mettre en commun leurs connaissances et leur expérience, pour développer collectivement des idées et penser de manière critique à titre d’entité unique. »

Au sujet de l’avantage particulier que présente la participation de stagiaires étrangers, le lieutenant-colonel Bruce Barnes, directeur du CCPAO du CGAFC, résume : « Nos stagiaires des forces alliées ont participé au cours avec un grand sérieux. Nos alliés ont envoyé leurs meilleurs officiers, et nos stagiaires canadiens ont appris de leurs homologues alliés. »

Le programme

Pendant ce cours intensif d’une durée de six semaines, les stagiaires ont perfectionné leurs compétences d’état-major, fouillé la doctrine aérospatiale et mené plusieurs cycles du PPOFAC, en fonction de quatre scénarios : intervention en cas de catastrophe, opération d’évacuation des non-combattants, opération de soutien de la paix, et l’ensemble du spectre de la guerre.

« Le capital intellectuel de l’ARC doit devenir la priorité, et seule la participation active d’officiers enthousiastes permettra de mettre cette ressource à contribution », affirme le capitaine Alexandre Gignac, pilote au 404e Escadron de patrouille à longue portée et d’entraînement, situé à la 14e Escadre Greenwood, en Nouvelle-Écosse. « J’encourage fortement ceux et celles qui cherchent à élargir leurs horizons en passant d’une pensée tactique à une pensée opérationnelle à s’impliquer pleinement! »

Les stagiaires ont fait l’expérience des opérations aériennes intégrées selon diverses perspectives, notamment le Centre multinational d’opérations aérospatiales (CMOA), le Quartier général de force opérationnelle aérienne, et le CMOA de la coalition ou de l’alliance. Le rassemblement de différents officiers pour un cours interne est le principal point fort du CCPAO, selon le capitaine Samuel Trottier, pilote au 430e Escadron tactique d’hélicoptères, situé à Valcartier, au Québec. « Le fait que du temps soit réservé à notre instruction et que nous sommes tous réunis à un même endroit vaut de l’or. »

Pour établir une base solide, les stagiaires ont d’abord reçu de l’information sur les théoriciens de la puissance aérienne, les principes fondamentaux de la puissance aérienne, la pensée critique, le commandement et le contrôle, les règles d’engagement, le droit des conflits armés, la guerre électronique, l’espace, le cyberespace, la protection de la force, et la désignation d’objectif.

« Le CCPAO est un cours absolument essentiel dans la période de perfectionnement 2 », affirme le capitaine Andrew Bowie, commandant adjoint de l’École du génie militaire des Forces canadiennes. « Dès le début de notre carrière, on nous apprend à fonctionner de façon tactique, en petits groupes; laisser de côté cette mentalité pour intervenir auprès de milliers de personnes constitue un changement dans l’envergure des opérations. » La période de perfectionnement 2 correspond à l’instruction donnée aux capitaines.

Des conférenciers inspirants et crédibles ont offert les moments forts du cours. Les stagiaires ont profité de la sagesse et de l’expérience de représentants du Collège des Forces canadiennes, de l’Armée canadienne, de la Marine royale canadienne, du Groupe du soutien opérationnel interarmées, du Directeur général – Espace (qui relève maintenant de l’ARC), du Commandement des opérations interarmées du Canada, de la 1re Escadre Kingston, de la 8e Escadre Trenton, du Collège militaire royal du Canada, de la 2e Escadre Bagotville (escadre expéditionnaire aérienne), de la 1re Division du Canada, et du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).

« Les stagiaires ont à cœur l’expérience des conférenciers », souligne le lieutenant-colonel Barnes. « Ils y portent un réel intérêt; des stagiaires ont déclaré n’avoir jamais assisté à un cours comme celui-ci auparavant. »

Bien que le cours soit axé sur les opérations aériennes intégrées, les stagiaires ont aussi perfectionné leurs compétences d’état-major en rédigeant des notes d’information, des lettres de remerciement, des documents militaires ainsi que des documents d’état-major, en plus de préparer des présentations. Quand on lui a demandé quelles connaissances et compétences il allait retenir, le capitaine Bowie a répondu : « La place de notre profession dans la mosaïque culturelle de l’ARC, non seulement au niveau tactique, mais aussi au niveau stratégique. »

Un creuset

En plus des évaluations de l’attitude, le rendement des stagiaires a été évalué selon une échelle allant de « supérieur à la norme » à « inférieur à la norme » qui mettait en évidence la rigueur du programme. « Le moral des stagiaires était bon », raconte le lieutenant-colonel Barnes. « Ils accordaient une réelle importance au cours : l’ambiance était sérieuse. Les stagiaires comprennent que le contenu du cours est utile à leur carrière de dirigeant de l’ARC. »

Le milieu d’apprentissage

Le colonel Truss fait observer que, avec sa bibliothèque de plus de 12 000 ouvrages sur la puissance aérienne, qui offre en plus une multitude de locaux de réunion, une salle de spectacles, et un environnement qui peut reproduire un CMOA, le Centre de guerre aérospatiale est l’endroit où donner cette formation. « Notre effectif est riche d’une expérience étendue et approfondie, et compte bon nombre d’officiers supérieurs dans des postes de commandement », raconte-t-il. « Depuis que nos activités comprennent l’élaboration de la doctrine et des concepts et la pensée conceptuelle, nous, au CGAFC, sommes prêts à fournir ce type d’instruction et de formation. »

Pour le personnel militaire qui s’intéresse au CCPAO

Les capitaines et majors (qui n’ont pas encore suivi le Programme de commandement et d’état‑major interarmées) qui s’intéressent au CCPAO doivent en aviser leur chaîne de commandement respective afin que leur candidature soit prise en considération pour les deux prochains cours. Le cours n° 2 se tiendra du 20 avril au 1er juin 2017, et le cours n° 3, du 19 octobre au 30 novembre 2017. La sélection des stagiaires se fera en fonction des nominations du président du groupe consultatif sur la capacité.

Pour en savoir plus sur le CCPAO et d’autres possibilités palpitantes de formation militaire professionnelle, veuillez consulter la page intranet de la 2 DAC sur le perfectionnement professionnel, à http://afdt.mil.ca/en/HQ/DirAFTrg/Trg_Sp/ProfDev.aspx (l’accès à cette page est réservé au ministère de la Défense nationale).

« Sans une appréciation et une compréhension communes des principes de la puissance aérienne ainsi que de ses points forts et de ses faiblesses, nous ne pouvons pas réussir dans notre mission. L’instruction individuelle et le perfectionnement professionnel continu du personnel aérien spécialiste sont des compétences de base que nous devons continuer de fournir et que le personnel de l’ARC doit tenter d’acquérir. »

— Vecteurs de l’ARC

Le Major Petra Smith fait partie de la 2e Division aérienne du Canada.

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