Le 75e anniversaire de l’atterrissage en catastrophe d’un avion du 407e Escadron en Norvège

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Article de nouvelles / Le 7 novembre 2019

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Par le lieutenant Alexandra Hejduk

À l’approche du jour du Souvenir, le 11 novembre, nous rendons hommage à ceux qui ont servi
et continuent de servir, dans l’Aviation royale canadienne.

Sur une colline en pente douce de la Norvège, quelque 300 personnes se sont rassemblées au début d’octobre 2019 pour saluer le courage et la détermination de six membres d’équipage de l’Aviation royale canadienne, ainsi que des membres de Milorg, mouvement de résistance norvégien pendant la Seconde Guerre mondiale, et des résidents locaux.

L’histoire de l’équipage et de son écrasement a les qualités d’un film hollywoodien.

Le 26 septembre 1944, les six membres de l’équipage du bombardier Vickers Armstrong Wellington GR Mk XIV du 407e Escadron, qui faisait partie du Coastal Command (commandement de l’aviation côtière), effectuaient une patrouille anti-sous-marine au-dessus des eaux norvégiennes au moment où l’un des deux moteurs de l’avion a pris feu.

L’équipage a dû mettre fin à sa mission et effectuer un atterrissage immédiat. Pour ce faire, les aviateurs devaient larguer du carburant, une procédure de sécurité d’urgence qui permet à un aéronef d’atteindre le poids nécessaire à un atterrissage sécuritaire. Malheureusement, à l’insu de l’équipage, l’incendie avait également touché la jauge de carburant. L’équipage a donc largué par inadvertance l’essentiel de son carburant.

Plutôt que de risquer un amerrissage forcé dans l’Atlantique Nord, l’équipage, qui se composait du lieutenant d’aviation Gordon Biddle (pilote), du lieutenant d’aviation George Deeth (second pilote), du sous-lieutenant d’aviation Kenneth Graham (radiotélégraphiste-mitrailleur), du capitaine d’aviation Marion Neil (navigateur), de l’adjudant de 1re classe George Grandy (radiotélégraphiste-mitrailleur) et du sergent de section Harvey Firestone (radiotélégraphiste-mitrailleur), a choisi de retourner en Norvège, un pays occupé par les nazis, pour tenter un atterrissage d’urgence.

Grâce à leur habileté et à la chance, les six membres de l’équipage sont tous sortis indemnes de l’écrasement. Ils se sont retrouvés sur une péninsule près de la ville d’Os, une municipalité du comté de Hordaland, où 4 000 soldats nazis avaient été alertés de l’écrasement du bombardier canadien et se préparaient à se rendre au site de l’écrasement le plus rapidement possible.

Les Canadiens ont eu de la chance. Ils ont rencontré des gens de la région, d’abord Marta Bruarøy, puis sa voisine anglophone, Ingeborg Bjørnen, qui leur sont venus en aide. Au risque d’être exécutées par les nazis pour avoir prêté main-forte à l’équipage qui s’était écrasé, elles ont aidé les Canadiens à se cacher dans une petite grotte près de la maison de Mlle Bjørnen. Son père et un voisin ont alors contacté le Milorg pour l’informer de la présence des Canadiens.

Pendant que les Canadiens se cachaient dans la grotte, des soldats nazis sont arrivés et sont restés chez Mme Bjørnen, à quelques centaines de mètres seulement de l’entrée de la grotte. Malgré le danger, Mlle Bruarøy a quand même réussi à monter plusieurs fois à la grotte pour apporter des œufs, du lait et du thé chaud aux aviateurs.

Tard dans la soirée, Mme Bjørnen et sa voisine ont conduit les aviateurs au bord de la mer. C’est là qu’ils ont rencontré des hommes de Milorg, qui ont transporté l’équipage à l’aide de deux bateaux à rames Oselvar de l’autre côté du fjord ouvert et parmi les nombreuses îles côtières. Ils ont emmené les hommes à un hangar à bateaux sur une île voisine, où les Canadiens se sont terrés pendant plusieurs jours.

Par mesure de sécurité, on a ensuite déplacé les hommes dans une petite cabane en bois, rapidement surnommée « le petit Canada », dans des montagnes à proximité, pour se cacher pendant que le Milorg organisait une évasion afin de faire sortir les Canadiens de Norvège et les emmener en territoire allié. Pendant tout ce temps, les soldats nazis cherchaient l’équipage canadien, car ils avaient très vite compris que les aviateurs avaient survécu à l’accident.

Une semaine après l'arrivée des aviateurs au petit Canada, le Milorg a reçu le message d’emmener les Canadiens sur la côte afin d’entreprendre le voyage de retour en Angleterre. Un petit bateau, le Snøgg, a transporté les aviateurs à Austevoll, où ils ont attendu quelques jours à cause du mauvais temps dans la mer du Nord. Dans la nuit du 12 octobre 1944, le navire norvégien de Sa Majesté Vigra, chasseur de sous-marins de la Marine royale norvégienne, surnommé « la navette des Shetland » et commandé par le capitaine Leif Larsen, a réussi à ramener les hommes en eaux alliées.

La célébration du 75e anniversaire

La célébration du 75e anniversaire a eu lieu à Os au début d’octobre 2019.

Le colonel Jeff Drummond, attaché de défense du Canada en Norvège, le lieutenant-colonel Patrick Castonguay, commandant du 407e Escadron de patrouille à longue portée, basé à la 19e Escadre Comox, en Colombie-Britannique, et l’adjudant-chef Serge Harvey, chef d’escadron du 407e Escadron, ont assisté à la cérémonie. Cinquante-trois descendants de l’équipage canadien sont également venus commémorer l’évasion audacieuse de leurs proches et les personnes qui les ont hébergés et leur ont porté secours.

Seul membre de l’équipage toujours en vie, l’adjudant (à la retraite) Harvey Firestone, de Victoria, en Colombie-Britannique, n’a pas pu assister à la cérémonie, mais sa famille l’y a bien représenté.

Des descendants des membres du Milorg et des civils qui ont aidé les Canadiens ont aussi assisté à la cérémonie, tout comme Terje Søviknes, maire d’Os, le capitaine de vaisseau Åsmund Andersen, commandant de la forteresse de Bergenhus, le capitaine de vaisseau Svein Erik Kvalvaag, commandant de la base navale de Haakonsvern, et des gens de la région. Au total, plus de 300 personnes ont assisté à l’événement.

Cet événement de la Seconde Guerre mondiale touche la population locale. Depuis le milieu des années 1980, une randonnée annuelle au petit Canada a lieu en octobre afin de rendre hommage à la mémoire du Milorg et à ses efforts couronnés de succès visant à sauver les six membres de l’équipage canadien.

La célébration du 75e anniversaire a duré trois jours. La première journée s’adressait aux membres de famille canadiens, aux représentants de l’Aviation royale canadienne, au capitaine de vaisseau Kvalvaag et au personnel du groupe d’histoire locale (Ove Haugland, Gaute Dyrdal, Mats Hjelle et Bjarne Øvredal). Les participants ont retracé la première étape du parcours de l’équipage, du site de l’accident jusqu’à la grotte, puis de la grotte jusqu’au littoral. Ils ont ensuite fait une promenade en bateau le long du sentier maritime, en suivant une partie de la voie navigable utilisée pour transporter les hommes au hangar à bateaux et le long de la côte. Le colonel Drummond et une quarantaine de citoyens norvégiens, descendants des résidents de la région qui ont aidé les aviateurs, ont participé à l’excursion en bateau.

Le deuxième jour, une cérémonie officielle s'est déroulée au lieu de l’accident. Les membres de famille ont présenté six fleurs, une pour chacun des membres de l’équipage canadien. Terje Søviknes, maire d’Os, a ouvert la cérémonie et le colonel Drummond a lu une lettre au nom de Lawrence MacAuley, ministre canadien des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale. Le lieutenant-colonel Castonguay a parlé aux participants, soulignant la charité, le courage et l’altruisme de toutes les personnes concernées. Le capitaine de vaisseau Andersen a également pris la parole, tout comme Rick Firestone, fils de l’adjudant (à la retraite) Firestone.

Un appareil CP-140 Aurora, avion de combat anti-sous-marin canadien moderne, a survolé le lieu de la cérémonie, marquant ainsi une minute de silence.

La deuxième journée s’est poursuivie par une visite à bord du navire norvégien de Sa Majesté (NNSM) Hitra (seul navire-jumeau du NNSM Vigra toujours en existence) au quai d’Os, accompagné du bateau de pêche Snøgg et de plusieurs barques à rames Oselvar représentant la « flotte de sauvetage ». La journée s’est terminée au Centre d’art et culturel Oseana, à Os. La municipalité d’Os a invité 130 Canadiens et Norvégiens à participer à un souper officiel et à assister à des discours soulignant l’occasion.

Le troisième jour, la randonnée annuelle vers le petit Canada a attiré beaucoup de gens du coin et de visiteurs canadiens. Au total, plus de 300 personnes y ont participé.

Pour mettre en contexte le risque pris par le Milorg et les gens de la région en 1944 pour aider les six Canadiens, il convient de donner quelques chiffres. À l’époque, la région d’Os ne comptait que 4 500 habitants. Après l’atterrissage d’urgence, 4 000 soldats nazis cherchaient l’équipage canadien dans la région. Malgré le grand risque que leur famille et eux couraient, les Norvégiens ont aidé les six Canadiens à retrouver leurs proches au Canada.


 

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