Le 430e Escadron célèbre ses 75 ans

Article de nouvelles / Le 18 janvier 2018

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Par le capitaine Christian Déry

C’est avec fierté que le 430e Escadron tactique d’hélicoptères a célébré son 75e anniversaire le 1er janvier 2018.

Le 430e Escadron voit le jour le 1er janvier 1943, en Angleterre, pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant qu’escadron de coopération avec l’armée. En juin de la même année, l’unité se voit confier le rôle d’escadron de chasseurs de reconnaissance. Ses militaires contribuent à l’instruction d’aviateurs canadiens et britanniques et à de nombreuses attaques au sol contre l’ennemi. En 1944, l’escadron prend part aux préparatifs du débarquement en Normandie en faisant de la reconnaissance photographique, puis en soutenant la 2nd British Army lors du jour J.

De 1943 à 1945, le 430e Escadron utilise le P-40 Tomahawk, le P-51 Mustang I et le Spitfire XIV. À la fin de la guerre, l’escadron est dissout à Lüneburg, en Allemagne, le 7 août 1945.

Le 1er novembre 1951, équipé de F-86 Sabre, l’escadron renaît à North Bay, en Ontario, et est affecté au service à l’étranger. En septembre 1952, l’unité participe à l’opération Leapfrog II, déployant ses Sabre à Grostenquin, en France, où elle demeure jusqu’au 1er juin 1963, date à laquelle elle est de nouveau dissoute.

En septembre 1963, l’unité renaît de nouveau, cette fois-ci à Grostenquin, en tant que 430e Escadron d’attaque, équipée de CF-104 Starfighter. Quelques semaines plus tard, l’escadron déménage en Allemagne, à Zweibrucken, puis à Lahr, où il demeure jusqu’au 1er mai 1970, date à laquelle il est dissout pour la troisième fois.

Enfin, le 1er janvier 1971, l’escadron reprend le service pour de bon à Valcartier, au Québec, devenant le 430e Escadron tactique d’hélicoptères (430 ETAH). L’unité utilise des hélicoptères CH-135 Twin Huey et CH-136 Kiowa jusqu’en 1992, année où les CH-135 Twin Huey sont remplacés par des CH-136 Kiowa, ce qui totalise seize aéronefs de ce type. En 1995, tous les CH-136 Kiowa font place aux seize appareils CH-146 Griffon actuels de l’escadron.

Aujourd’hui, l’escadron compte des réguliers et des réservistes. Son rôle s’apparente à celui de ses débuts, soit apporter un soutien en matière d’aviation tactique aux forces terrestres. Puisque leur escadron a une histoire riche en réalisations, les militaires actuels du 430 ETAH s’acquittent toujours d’une grande variété de tâches, tant dans l’Arctique que dans le cadre des Nations Unies, de l’OTAN et des missions de soutien aux autorités civiles.

Celeriter certoque (Rapidement et sûrement)

Le capitaine Déry est représentant des affaires publiques du 430e Escadron tactique d’hélicoptères.

 

Un as de la Seconde Guerre mondiale commande le 430e Escadron

Selon le lieutenant-colonel d’aviation J. F. « Stocky » Edwards, le F-86 Sabre figure parmi les meilleurs chasseurs de tous les temps. Le lieutenant-colonel d’aviation Edwards, as de l’ARC en temps de guerre, occupe le poste de commandant lorsque le 430e Escadron reçoit ses Sabre à North Bay, en Ontario, en novembre 1951. Le lieutenant-colonel d’aviation Edwards écrit ce qui suit : « L’arrivée des Sabre dans les années 50 a donné un élan considérable à l’ARC, surtout après l’accalmie terne de l’après-guerre. C’était une période tout feu tout flamme, où sont arrivés de nombreux jeunes pilotes et équipes au sol chargées de l’entretien de nos Sabre, de magnifiques chasseurs naturels qui faisaient rêver les pilotes de chasse, tout comme l’avait fait le Spitfire. »

Le 430e Escadron commence à utiliser les chasseurs Sabre en février 1952 et, comme c’est souvent le cas lors de la formation en vue d’un déploiement à l’étranger, c’est une période mouvementée... Une situation curieuse se produit lors des préparatifs. De gros caissons commencent à arriver et sont entreposés dans un hangar. Lorsque le lieutenant-colonel d’aviation Edwards se renseigne à ce sujet, son agent technique lui explique que les caissons contiennent des pièces de rechange et que la logistique est gérée par un nouveau système d’approvisionnement « automatisé ». Il ne s'agira que d'appuyer sur un bouton pour répondre à tous les besoins de l’escadron! La curiosité du lieutenant-colonel d’aviation Edwards augmente au fur et à mesure de l’arrivée d’autres caissons, mais on lui répète de ne pas s’inquiéter, que ce ne sont que des pièces de rechange destinées au déploiement à l’étranger. À un moment donné, toutefois, il insiste pour y jeter un coup d’œil. Malgré de nombreux « mais pourquoi » de la part des préposés à l’approvisionnement, on obtempère à l'ordre du patron.

On ouvre finalement un caisson, et heureusement d’ailleurs. Dans chacune des boîtes, devant toutes être expédiées à Grostenquin, en France, se trouvent toutes les pièces de rechange imaginables nécessaires à l’entretien d’un escadron de P-51 Mustang!

Le lieutenant-colonel d’aviation Edwards estime que l’automatisation échoue à son tout premier véritable test. Il s’empresse de communiquer avec l’administration centrale du Commandement de la défense aérienne à Saint-Hubert, au Québec, et le problème est résolu rapidement. À partir de ce moment, le Commandement de la défense aérienne l’appelle régulièrement pour s’assurer qu’on répond à tous les besoins du 430e Escadron.

Cette anecdote a d’abord paru dans The Canadian Sabre, de Larry Milberry, publié en 1986. L’auteur en a autorisé la publication dans le présent site.

 

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