La première mitrailleuse de bord

Article de nouvelles / Le 11 octobre 2017

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Par Édouard Dufour

La carrière de la caporal Alexandra Roy a pris une tournure des plus inattendues. Elle qui avait les pieds solidement ancrés au sol, à titre de sapeuse de combat du 5e Régiment de génie de combat, se trouve désormais aux commandes de mitrailleuses C6 à bord d’hélicoptères CH-146 Griffon du 430e Escadron tactique d’hélicoptères, basé à Valcartier, au Québec.

« Les mitrailleurs de bord précédents sont revenus d’Irak, donc on a alors commencé à planifier l’arrivée de leurs remplaçants », dit la caporal Roy, en précisant que les militaires qui exercent un métier de combat peuvent occuper le poste de mitrailleur de bord de l'aviation tactique pendant au plus deux ans. « Quand on m’a proposé ce travail, je ne voulais absolument pas rater cette occasion unique », ajoute la militaire, qui dit souhaiter participer à une mission comme l’opération Impact.

Un test de santé, de nombreuses formations théoriques et des heures passées à effectuer des exercices en vol intensifs sont nécessaires afin de maîtriser pleinement les compétences de mitrailleur de bord, plus couramment désigné par son appellation anglaise, « door gunner ». Après sept mois de formation continue, la caporal Roy compte déjà plus de 140 heures de vol.

Quelles sont les aptitudes nécessaires pour devenir mitrailleur de bord? Selon la caporal Roy, il faut être en mesure de « s’adapter rapidement et faire preuve d’un désir d’apprendre ».

En situation de combat, le mitrailleur de bord a la tâche d’attaquer l’ennemi, au meilleur de son jugement. Pour ce faire, il dispose d’une arme qui lui permet d’atteindre une cible située jusqu’à 800 mètres de lui. « Une balle rouge sort toutes les quatre balles, ce qui nous permet de voir la trajectoire des projectiles », précise la caporal Roy.

Les mitrailleurs enfilent toujours deux épaisseurs de vêtements afin de se prémunir du feu. Ils portent aussi un casque branché directement aux radios de l’appareil à bord duquel ils voyagent. De plus, un solide harnais les attachant à l’aéronef les préserve d’une chute fatale.

Au combat

On recourt aux aptitudes des mitrailleurs de bord principalement pour assurer la sécurité et la protection des soldats au sol en cas d’infériorité numérique face à l’ennemi. La caporal Roy indique qu’il ne s’agit pas d’une capacité dont on se sert pour attaquer l’ennemi de front. « Le Griffon est très polyvalent; il peut déposer des soldats et transporter du matériel. Les CF-18 [Hornet] du Canada et les hélicoptères Apache des États-Unis peuvent se charger des attaques de grande envergure. L’aviation combine de nombreux éléments », ajoute la militaire.

Les responsabilités liées au poste de mitrailleur de bord sont grandes. « Lors d'un atterrissage dans une zone de débarquement petite et entourée d’arbres, nous devons nous assurer qu’il n’y a pas d’autres obstacles et toujours demeurer en contact avec l’équipage. Il y a aussi tout un langage à apprendre », explique la caporal Roy en faisant allusion à la terminologie propre à l’Aviation royale canadienne.

Place aux femmes

Première femme à occuper le poste de mitrailleuse de bord dans l’escadron, et probablement la première femme à le faire dans toutes les Forces armées canadiennes (FAC), la caporal Roy souligne le travail de recrutement effectué par les FAC auprès des femmes. « Qu’on soit un homme ou une femme, l’armée ne convient malheureusement pas à tout le monde. Pour une femme, l’important, c’est de foncer, de se faire confiance et de ne pas penser que c’est impossible de se joindre aux Forces », lance, convaincue, la caporal Roy. Toutefois, la militaire est d’avis qu’une « plus grande représentation des modèles féminins » pourrait inspirer plus de jeunes femmes à se joindre aux FAC.

« Il y a un nombre impressionnant de métiers offerts susceptibles de plaire à tous les goûts! » conclut-elle, souriante.

L’article ci-dessus a d’abord paru dans l’Adsum, journal de la base des Forces canadiennes Valcartier.

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