La fin d’une carrière de 40 ans

Article de nouvelles / Le 15 février 2017

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Par le major John Blair

Je me suis enrôlé dans la Force régulière avant que la plupart des militaires actuels n’entrent à l’école primaire, consacrant 29 années de ma vie au service de la reine et du Canada. Aujourd’hui, après avoir passé 11 ans de plus dans la Réserve aérienne, je conclus une période de service de six mois dans le cadre d’une mission de lutte contre Daech, au Moyen-Orient.

Lorsque je me suis enrôlé dans la Réserve aérienne, en 2005, jamais je n’aurais imaginé demander à deux reprises de participer à une mission à l’étranger. Après tout, je venais tout juste de me joindre à la réserve. Toutefois, ce que j’ai vécu sert à rappeler à tous les réservistes que l’expérience militaire peut servir et s’acquérir lors de déploiements dans les théâtres d’opérations étrangers d’aujourd’hui.

Pour les jeunes réservistes, c’est l’occasion de participer à des opérations dans un contexte de déploiement en compagnie de forces de coalition. Quant aux réservistes expérimentés, les déploiements sont une occasion de mettre à profit leur expérience professionnelle sur le champ de bataille moderne. Étant donné qu’au Canada, les réservistes doivent se porter volontaires pour partir en mission, ce choix personnel dépend tout simplement de leur volonté, de leur énergie et de leur intérêt. Pendant ce qui a été mon dernier déploiement, j’ai eu l’immense plaisir de travailler dans un système d’armées moderne, le centre d’opérations aériennes, qui rassemble des militaires de 26 pays de la coalition.

Lorsque je me suis enrôlé, en 1976, à une époque où les contre-mesures radars étaient effectuées manuellement par les opérateurs, c’était fabuleux de faire partie d’un élément aérien de la force de coalition menée par les États-Unis à l’appui des opérations de la force opérationnelle contre Daech. La pertinence opérationnelle qu’on ressent en travaillant à ces missions futuristes affirme l’engagement professionnel et vaut les sacrifices personnels qui accompagnent la vie militaire. Cette mission a été une source d’inspiration technologique, car elle combinait les meilleurs développements des 40 dernières années en matière de systèmes d’arme. Captivant!

À cette époque, je n’aurais jamais pu comprendre les véhicules aériens télécommandés. L’étendue de la puissance à la disposition des planificateurs de mission, assurée par le personnel navigant en tout temps, tous les jours, n’est rien de moins qu’incroyable et témoigne de la détermination de la coalition dans cette lutte contre un mal indéniable.

Rencontrer de nouvelles personnes fait partie intégrante des déploiements; c’est la véritable récompense de tout militaire qui a la chance de travailler dans un contexte multinational. Pour couronner le tout, vous travaillez avec des militaires de la coalition quotidiennement, vous échangez des idées, des concepts, des préoccupations et, oui, des récits de guerre à l’occasion. Je quitte la vie militaire l’esprit enrichi (de récits de guerre, entre autres) grâce à ces déploiements. Si vous êtes réserviste et qu’une mission vous intéresse, faites ce qu’il faut pour y participer.

Note de la rédaction : À 59 ans, le major « Butch » Blair était le Canadien le plus âgé parmi les militaires participant au déploiement. Il a reçu un médaillon du lieutenant-général Mike Hood, commandant de l’Aviation royale canadienne, pendant son passage au Moyen-Orient, et gardé de nombreux souvenirs inoubliables. En plus des 4 500 heures de vol qu’il a enregistrées, il quittera la vie militaire après avoir travaillé comme navigateur d’interception aérienne, agent de guerre électronique, navigateur de l’aéronautique navale et chef d’équipage, commandant adjoint, commandant, officier d’état-major, et commandant d’escadrille dans la Réserve aérienne. Le major Blair prendra sa retraite comme agent des leçons retenues de la 22e Escadre North Bay, en Ontario, en juin 2017.

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