L’organisation de recherche et de sauvetage militaire : complexité et dévouement

Article de nouvelles / Le 9 septembre 2020

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Cette année, nous consacrons le mois de septembre non seulement à la bataille d’Angleterre, mais aussi au travail qu’accomplit l’organisation de recherche et de sauvetage (SAR) militaire. Winston Churchill a dit des aviateurs alliés pendant la bataille d’Angleterre que jamais, dans l’histoire de la guerre, tant de gens n'avaient été à ce point redevables à aussi peu de personnes. Or, ces paroles s’appliquent aussi très bien à la collectivité de SAR des Forces armées canadiennes (FAC).

Dans l’article suivant, le major (aujourd’hui lieutenant-colonel) Kevin Grieve, conseiller en SAR du commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC) au moment de la rédaction de l’article, explique en quoi la collectivité de SAR des FAC forme un groupe extraordinairement complexe, petit et dévoué.

Affaires publiques de l’Aviation royale canadienne

Qu’il s’agisse du personnel navigant, des équipes au sol participant à des opérations sans fin et veillant à l’entretien des aéronefs de SAR ou des techniciens en recherche et en sauvetage (Tech SAR), qui mettent souvent leur propre vie en péril pour sauver celle des autres, l’organisation de SAR des FAC est un groupe extraordinairement complexe et dévoué qui exécute ses activités quotidiennes avec une si grande discrétion professionnelle que ces héros parmi nous passent largement inaperçus et ne reçoivent pas la reconnaissance qu’ils méritent.

La mission de SAR typique, que nous avons tous appris à connaître par l’entremise des bulletins de nouvelles occasionnels, est bien loin de la réalité quotidienne de ceux dont le travail concerne la SAR.

« La SAR est une activité aux innombrables facettes à laquelle prennent part différentes organisations fédérales, provinciales et territoriales, municipales et bénévoles », affirme le major Grieve. « Le public ne pense qu’à des hélicoptères jaunes et à des combinaisons orange, mais la SAR est beaucoup plus complexe que ce qu’on croit. »

Ayant passé plus de 30 ans dans l’Aviation royale canadienne (ARC), le major Grieve le sait parfaitement bien. L’ancien pilote de brousse devenu spécialiste de la SAR a participé à des dizaines de missions de SAR à la 8e Escadre Trenton, en Ontario, et il a piloté son CC-130 Hercules dans certaines des régions les plus reculées du Canada, à la recherche de personnes en détresse. À un certain moment de sa carrière, le major Grieve a abandonné la cabine de pilotage au profit d’un poste au sol, à savoir celui de coordonnateur à un Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage (CCCOS), dont le travail consiste à répondre aux signaux de détresse reçus par le centre et à superviser les opérations de SAR.

La quantité d’appels de détresse reçus est frappante. Tous les ans, les trois CCCOS enregistrent presque 10 000 cas. 

Toutefois, ces chiffres ne traduisent pas à eux seuls toute la complexité des coulisses des activités de SAR au Canada. Même si aucune statistique ne pourra jamais lever le voile sur la réalité de la SAR, cette petite collectivité constitue l’un des groupes les plus occupés et menant le plus d’opérations dans les FAC actuellement.

La SAR militaire, une approche interorganisationnelle

« La nature de la recherche détermine qui dirige une mission de SAR », affirme le major Grieve. « Le gouvernement du Canada a déterminé que les recherches d’aéronefs portés disparus au Canada relèvent des FAC et que les missions de SAR maritimes incombent à la Garde côtière canadienne [GCC]. »

Pour simplifier le processus, les FAC ont créé un partenariat avec la GCC pour mettre sur pied trois CCCOS, qui sont responsables de la coordination des opérations de SAR aéronautiques et maritimes.

« Généralement, explique le Maj Grieve, les autres opérations de SAR menées au Canada qui ne relèvent d’aucune de ces deux catégories sont la responsabilité des forces policières compétentes (c’est-à-dire la GRC ou un service de police municipal). Par exemple, si un aéronef manque à l’appel, les FAC ont la responsabilité de mener des opérations de SAR pour le retrouver et ces opérations seront coordonnées par le CCCOS pertinent. Si un bateau de pêche lance un signal de détresse, la GCC doit mener les opérations de SAR nécessaires, qui seront coordonnées par le CCCOS pertinent et qui peuvent exiger la participation d’aéronefs militaires ou civils ainsi que de navires de la GCC ou de navires civils présents dans le secteur. »

Maintenant, voici un exemple d’un cas où une mission de SAR relève d’un service de police. Si un campeur manque à l’appel dans un secteur rural de l’Ontario et que la disparition de celui-ci est signalée à la Police provinciale de l’Ontario (PPO), cette dernière dirigera les opérations de recherche et commencera par mettre ses propres ressources à contribution. Si, toutefois, la PPO détermine qu’elle ne possède pas la capacité de continuer les recherches, elle peut demander l’aide des FAC par l’intermédiaire d’un CCCOS.

À ce moment, le processus compte plusieurs couches.

« Si l’on tient compte de tous les intervenants susceptibles de prendre part à une recherche, dit le major Grieve, on peut vraiment constater à quel point toute mission de SAR est unique et comment l’ensemble des organisations et les bénévoles travaillent de concert. Au fond, il s’agit de choisir le bon outil au fil de l’évolution d’une mission de recherche, mais une excellente coopération et une bonne communication entre tous les partenaires, militaires comme civils, sont essentielles dans le domaine de la SAR. Nous ne pouvons pas y parvenir seuls. »

La participation de bénévoles : l’Association civile de recherche et de sauvetage aériens

L’Association civile de recherche et de sauvetage aériens (ACRSA) est une organisation bénévole nationale financée par le ministère de la Défense nationale pour aider l’ARC à exécuter son mandat en matière de SAR. Les 2 800 membres bénévoles de l’association sont présents d’un océan à l’autre, dans dix provinces et trois territoires, lesquels sont divisés en 104 zones de responsabilité pour la prestation d’aide lors d’opérations de recherche et de sauvetage.

« L’ACRSA est cruciale pour les missions de SAR dans leur ensemble, affirme le major Grieve. Elle augmente notre capacité d’écoute, nous permet d’avoir un œil sur les régions les plus éloignées du pays et elle nous aide activement à chercher des personnes en danger. La contribution de l’ACRSA est réellement inestimable; il ne faut en aucun cas sous-estimer les compétences et les capacités de ses membres. »

Parmi ses membres, l’ACRSA compte des pilotes, des navigateurs, des observateurs, des coordonnateurs de recherche, des spécialistes de moyens de recherche électroniques, des opérateurs radio et du personnel administratif. L’ACRSA dispose aussi d’observateurs formés qui montent à bord des aéronefs militaires pour regarder par le hublot de l’aéronef et, ainsi, accroître les efforts de recherche.

La SAR, un regroupement de collectivités

Aujourd’hui, les militaires traitent des milliers d’appels de détresse par année par l’entremise des CCCOS, qui coordonnent les interventions de l’ARC et de la GCC. Le personnel des FAC a demandé de prêter main-forte aux services de police compétents pour chercher des personnes manquantes et leurs efforts sont coordonnés par le Commandement des opérations interarmées du Canada.

Lorsqu’on reçoit des appels de détresse en provenance de la masse terrestre, des lacs, du réseau hydrographique et des régions côtières du Canada, le personnel en devoir est dispersé aux quatre coins du pays, notamment à Halifax, à Trenton et à Comox. Même si, au premier coup d’œil, on pourrait penser que les quelque 10 000 appels de détresse que les CCCOS reçoivent tous les ans dépassent les capacités des FAC, rien n’est plus faux.

Toutefois, aucune mission de SAR n’est menée en vase clos. De plus, même si les FAC doivent traiter un flux continu d’appels de détresse et de missions au quotidien, ces activités sont habituellement exécutées en coopération avec d’autres intervenants de la collectivité de la SAR.

La devise unique de ce groupe de professionnels, « pour sauver des vies », en fait une collectivité à part.

Les catégories de SAR dans les FAC

De nos jours, les FAC mènent des opérations de SAR aux quatre coins du Canada et il existe trois grandes catégories utilisées pour détailler le type d’intervention de SAR exécutée par les FAC en réaction à un appel de détresse :

  • la SAR aéronautique (les CCCOS coordonnent les missions des aéronefs de l’ARC visant à retrouver un aéronef porté disparu);
  • la SAR maritime (les CCCOS coordonnent les activités de recherche de la GCC et d’autres navires, ainsi que des aéronefs de l’ARC, afin de retrouver des navires portés disparus);
  • la SAR humanitaire (événement ni aéronautique ni maritime exigeant l’intervention de l’organisation de SAR des FAC, habituellement à la suite d’une demande transmise par une autre organisation. Il s’agit souvent de missions de SAR terrestre, soit la recherche d’une personne disparue, sous la direction du service de police compétent).

Même si les catégories ci-dessus sont larges et regroupent des milliers de situations, l’organisation responsable de la direction d’une opération s’établit selon la nature de la situation d’urgence. Par exemple, même si la GCC est responsable de la SAR maritime, elle peut demander l’aide d’un hélicoptère Cormorant de l’ARC pour chercher un navire porté disparu au large de la Nouvelle-Écosse, car il se peut que la GCC ne dispose pas des ressources nécessaires au moment de la réception de l’appel de détresse. Dans le même ordre d’idées, un bateau de plaisance disparu près de Toronto entraînerait probablement le déploiement de l’unité nautique du service de police de Toronto, car celui-ci possède les outils nécessaires pour réagir rapidement à la situation.

La SAR militaire, un aperçu historique d’une responsabilité aéronautique

Avant 1944, le gouvernement canadien n’avait jamais songé à la possibilité de prendre la responsabilité des opérations de recherche et de sauvetage aéronautiques. L’industrie du transport aérien commercial n’en était qu’à ses premiers pas et, même si le Canada et ses alliés participaient à une guerre sans merci contre les puissances de l’Axe, la fin était proche et on planifiait déjà l’après-guerre sur la scène internationale. Une conférence internationale sur l’aviation a eu lieu cette année-là pour discuter d’une éventuelle participation à une entente forçant les pays à coopérer pour chercher des aéronefs écrasés, sans égard au pays d’origine de ces aéronefs. Des délégués du Canada étaient présents et ils ont signé le pacte de l’Organisation de l’aviation civile internationale au nom de tous les Canadiens. Le gouvernement a nommé l’ARC responsable des recherches étant donné son imposante flotte d’aéronef à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.

À cette époque, toutefois, la fonction de SAR de l’ARC comprenait uniquement le volet de recherche. La fonction de sauvetage ne faisait pas partie du mandat de l’ARC, mais la situation a évolué au fil du temps jusqu’à inclure la GRC, les services de police provinciaux et municipaux, ainsi que des organisations bénévoles civiles comme l’ACRSA. C’est ce qui explique l’approche aux multiples facettes qu’on adopte aujourd’hui.


 

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