Ensemble, malgré la distance : créer des liens au moyen d’un défi physique

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Article de nouvelles / Le 30 mars 2021

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Par Camille Douglas

En cette année sans précédent, les déménagements militaires se sont faits dans des conditions loin d’être idéales. Pour un couple militaire affecté à une ville en confinement, les choses peuvent sembler insurmontables.

La capitaine Rebecca Wheaton-Sparkes et la major Teesha Wheaton-Sparkes sont arrivées au Quartier général de la 1re Division aérienne du Canada (1 DAC) à Winnipeg, au Manitoba, au plus fort du confinement lié à la pandémie. La major Wheaton-Sparkes s’est jointe à l’état-major A4 Logistique (A4 Log) et a commencé à travailler, loin de son équipe. Les conversations informelles portaient sur la COVID-19 et sur la difficulté de poursuivre un programme de conditionnement physique, essentiel au maintien des capacités des soldats. L’accès aux gymnases était restreint ou interdit, et la plupart des membres de l’Équipe de la Défense travaillaient à domicile.

« Nous avons dû trouver de nouvelles façons de nous adapter en tant que soldats », explique le major Michael Duong. « Nous avons décidé de “tenir tête à la COVID-19”, afin de montrer que nous pouvions atteindre nos objectifs d’entraînement physique en dépit des restrictions et des obstacles engendrés par la pandémie. »

Le major Duong s’est inscrit au Défi 4-4-48 dans les médias sociaux, qui a eu lieu le 5 mars 2021. Pendant 48 heures, les participants se sont engagés à marcher ou à courir quatre milles (6,4 km) toutes les quatre heures. Au départ, l’objectif du défi, lancé par un membre du personnel des Navy SEAL à la retraite, consistait à donner aux gens du monde entier l’occasion de se réunir.

Lorsque le major Duong a commencé à recruter les membres de son équipe, il s’est vite rendu compte qu’il venait de remporter le gros lot quand la major Wheaton-Sparkes s’est jointe à l’A4 Log. Cette nouvelle collègue et sa conjointe militaire sont des athlètes de haut niveau désireuses de relever des défis physiques exigeants. Mieux encore, la major Wheaton-Sparkes, planificatrice accomplie, cherchait à tisser des liens pendant le confinement. Cette dernière a accepté d’encadrer les membres de l’équipe tout au long de leur aventure dans les médias sociaux, un élément essentiel du Défi 4-4-48. 

Lorsque trois autres personnes se sont ajoutées au groupe, à savoir l’adjudant-maître Ken Reynolds, le lieutenant Stéphane Rodrigue et la capitaine Shelly Simms, l’équipe « COVID-off and Soldier On » (contre la COVID et sans limites) est née. Ses six membres, âgés de 36 à 61 ans, totalisent plus de 114 années de service dans les Forces armées canadiennes (FAC). Ils ont naturellement choisi le programme Sans limites comme organisme de bienfaisance, puisque ce dernier sert à aider les militaires et les anciens combattants malades ou blessés à surmonter leurs blessures grâce au sport et à des activités.

« Les dons aident les militaires malades et blessés qui en ont vraiment besoin », ajoute le major Duong. « Nous retrouvions notre liberté de mouvement grâce à l’entraînement physique, et nous avions besoin de l’aide de donateurs pour nous aider à nous rendre compte pleinement que l’esprit humain est plus grand que nous ne le pensons tous. »

La capitaine Rebecca Wheaton-Sparkes et la major Teesha Wheaton-Sparkes ont fait appel à deux athlètes d’ultramarathon, des gens qu'elles avaient rencontrés lors d’une affectation à Comox, pour créer le programme d’entraînement de six semaines de l’équipe.

« La capitaine Mallory Pullman et le caporal-chef Chris Pullman ont fourni des renseignements précieux sur la nutrition, des idées et des suggestions d’entraînement, en plus de transmettre leurs connaissances et de donner des conseils sur la façon de réussir les ultramarathons », raconte la capitaine Wheaton-Sparkes. Winnipeg est largement reconnue comme l’une des villes les plus froides du Canada, et comme l’événement devait avoir lieu le 5 mars, il fallait s’entraîner au cours des mois de janvier et de février. La plupart des membres de l’équipe ont couru dehors seuls. « Nous n’avons pas pu courir ensemble en raison de la COVID-19, mais nous avons établi un contact et l’avons constamment maintenu grâce à WhatsApp », affirme la capitaine Wheaton-Sparkes. « Si je peux amener les gens à faire de l'activité physique ou à se fixer un objectif qu’ils n’ont jamais pensé être capables d’atteindre, ou bien si je peux leur donner envie de découvrir les vraies limites de leur corps et de leur esprit, alors j'ai accompli ma mission! »

Le Défi 4-4-48 a débuté le vendredi 5 mars et a réuni des gens du monde entier en vue de parcourir 6,4 km toutes les quatre heures pendant 48 heures. Puisqu’elle s’occupait de trois enfants de moins de cinq ans et que sa douce moitié effectuait un quart de 24 heures, la capitaine Simms a dû retarder son départ jusqu’à 22 h pour mettre les enfants au lit au préalable. Tout au long du défi, les membres de l’équipe ont gardé contact au moyen de l'application WhatsApp. Ils ont continuellement entretenu des discussions pour s’encourager et, à partir du deuxième jour, pour prêter une oreille attentive à ceux qui avaient besoin de se défouler. La capitaine Rebecca Wheaton-Sparkes et la major Teesha Wheaton-Sparkes ont utilisé les médias sociaux pour parler de l’événement durant la période de 48 heures, effectuant une diffusion en direct dans Facebook au début de chaque étape. « Le soutien que nous avons reçu était incroyable, dit la major Wheaton-Sparkes. Nous avons recueilli 1 400 dollars supplémentaires pendant les 48 heures du défi. »

La capitaine Simms a, quant à elle, prouvé qu’elle était une superfemme, elle qui a porté son enfant tout en courant sur son tapis roulant. L’adjudant-maître Reynolds et le lieutenant Rodrigue ont, eux, affiché des photos peu ragoûtantes de leurs pieds lorsque les effets de la distance commençaient à se faire sentir, tandis que le major Duong a publié une petite annonce d’un déambulateur qu’il songeait vraiment à acquérir.

« C’était une façon pour nous tous de rester en contact malgré le fait que nous étions séparés, dit la major Wheaton-Sparkes. Nous devions tous rendre compte de nos activités. Nous savions que nous devions donner un compte rendu après chaque étape, alors il n’était pas question d’abandonner. L’équipe comptait sur nous! » Les participants ont tous convenu que la partie la plus décevante du défi a été de ne pas pouvoir manger tout ce qu’ils voulaient après. « Nous avions chacun prévu de savourer un délicieux repas, mais un seul d’entre nous a été capable de manger tout ce qu’il voulait. Je pense que notre corps était trop stressé! » La capitaine Wheaton-Sparkes et la major Wheaton-Sparkes avaient envisagé de manger des hamburgers et des frites, le tout couronné d’une banane royale pour souligner leur victoire, mais elles n’ont même pas réussi à finir leurs frites.

Sans limites : ensemble, malgré la distance

Sans limites est un programme des FAC qui contribue au rétablissement des militaires et des anciens combattants malades ou blessés, en leur offrant des possibilités et des ressources dans le cadre d’activités sportives, récréatives et créatives. Les dons, offerts généreusement par des Canadiens, des militaires des FAC, de petites entreprises, des sociétés et des organisations, sont gérés par les responsables de la campagne Appuyons nos troupes et les Services de bien-être et moral des Forces canadiennes.

Lorsque Krista Séguin, coordonnatrice régionale du programme Sans limites dans la région de la capitale nationale, a su que six membres du quartier général de la 1 DAC allaient participer au Défi 4-4-48, elle n’a pas été surprise d’apprendre que l’équipe recueillerait des fonds pour Sans limites. Après tout, elle avait déjà établi un lien avec deux membres de l’équipe. « Je connais Rebecca et Teesha depuis plusieurs années et je sais qu’elles sont toujours prêtes à relever un défi, surtout s’il s’agit de repousser les limites du corps et de l’esprit, explique Krista. Elles sont toutes les deux tellement fortes, et je les félicite de m’avoir permis de reprendre le sport, dans mon cas, le volleyball. Elles m’ont aidée à retrouver ma confiance pour que je puisse me remettre à faire du sport après une blessure que j’ai subie dans les FAC. »

« Notre programme offre du soutien en aidant les militaires à acquérir de l’équipement sportif ou récréatif au moyen de subventions, explique Krista. Nous facilitons la participation à des activités sportives, récréatives ou créatives locales ou nationales, et nous mettons les gens en contact avec nos communautés sportives et récréatives dans les médias sociaux. » Grâce à Sans limites, on peut aussi obtenir un soutien financier à court terme pour éliminer les obstacles à la reprise d’un mode de vie actif.

Tout au long de la pandémie, les responsables de Sans limites ont fait savoir aux militaires que même s’ils sont séparés, ils n’ont pas à vivre leur rétablissement seuls. Le Défi 4-4-48 en est un exemple. « Je pense que le soutien que l’équipe a reçu illustre ce mantra, observe Krista. Le défi était remarquable, mais il était tellement encourageant et émouvant de voir combien d’amis et de gens soutenant l’équipe ont contribué financièrement et ont communiqué avec les membres de l’équipe virtuellement. »

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