Disponibilité opérationnelle de l’Aviation royale canadienne

Transcrit / Discours / Le 18 janvier 2012

Comparution devant le
Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes
le 13 décembre 2011

Le succès des opérations, ma priorité absolue, repose sur la disponibilité opérationnelle, c'est-à-dire, notre capacité d'agir et de produire les effets désirés au bon moment et au bon endroit. Pour cela, nos ressources doivent respecter des niveaux de disponibilité opérationnelle différents. Puisque les opérations menées au pays ou à l'étranger sont toutes différentes, la question qu'il faut se poser, c'est: Comment le Canada peut-il s'assurer qu'il a ce qu'il faut pour réagir rapidement et efficacement? Il doit disposer des bonnes personnes, de la bonne information, de la bonne doctrine et du bon matériel.

Pour ce qui est de la disponibilité opérationnelle, l'ARC met sur pied une force aérienne adaptée capable d'agir efficacement pour relever les défis d'aujourd'hui et de demain en matière de défense et de sécurité. En d'autres termes, nous équipons, entraînons et maintenons la force aérienne afin de permettre aux utilisateurs d'une force d'exécuter leurs opérations en faisant appel à nos militaires et à notre équipement. Parmi ces utilisateurs, on retrouve le Commandement Canada et le NORAD pour les opérations sur le continent nordaméricain, ainsi que le Commandement de la Force expéditionnaire du Canada pour les opérations à l'étranger.

Les résultats stratégiques, opérationnels et tactiques que nous obtenons à l'échelle nationale et internationale dépendent de notre disponibilité opérationnelle. Nous avons prouvé sans l'ombre d'un doute notre capacité à ce chapitre.

La fin d'une année vraiment extraordinaire approchant, repensons aux opérations nationales et internationales sans pareilles qui se sont déroulées, y compris des opérations de combat sur deux théâtres différents.

L'opération Mobile est l'une des démonstrations les plus récentes de la disponibilité opérationnelle de la force aérienne. Le lendemain de l'adoption par les Nations Unies de la résolution concernant la Libye, nos chasseurs CF-18 Hornet ont pris leur envol vers l'Italie en vue de prendre part à l'opération. Les ravitailleurs en vol CC- 150 Polaris et les aéronefs de transport CC-177 Globemaster, avec à leur bord de nombreux membres du personnel et une grande quantité de matériel, les ont suivis tout de suite après. Quelques jours à peine après leur départ du Canada, nos aéronefs survolaient déjà la Libye et ses environs, et collaboraient avec nos partenaires de la coalition.

Pendant notre mission, nous disposions également d'aéronefs de patrouille à longue portée Aurora, de ravitailleurs Hercules, d'aéronefs de transport Hercules ainsi que d'un hélicoptère Sea King, qui accompagnait notre frégate dans la mer Méditerranée. Tous nos aviateurs et aviatrices se sont acquittés de leurs fonctions en faisant preuve du professionnalisme qui caractérise si bien l'Aviation royale canadienne. Je n'ai jamais été aussi fier de les accueillir qu'à leur retour en sol canadien, le mois dernier.

Si nous avons pu intervenir aussi rapidement, c'est entièrement grâce à notre disponibilité opérationnelle. Notre matériel était disponible, nos membres étaient hautement qualifiés et prêts, et notre soutien logistique était fermement établi. Pendant ce temps, notre escadre aérienne en Afghanistan était toujours active et offrait son soutien aérien aux commandants canadiens et alliés dans des situations extrêmement exigeantes.

De plus, presque en même temps que l'opération Mobile, nous avons aussi déployé six CF-18 en Islande afin de mener une mission de police aérienne sous l'égide de l'OTAN.

Plus tard, en août, nous avons déployé des hélicoptères Griffon et leur équipage en Jamaïque pour une formation en recherche et sauvetage et pour aider la Force de défense de la Jamaïque pendant la saison des ouragans.

Mais nous avons dû également faire face à plusieurs situations dangereuses créées par dame Nature dans notre propre pays. Nous avons évacué des résidants de plusieurs communautés qui étaient menacés par des feux de forêt dans le Nord de l'Ontario ainsi que plusieurs personnes de la Vallée du Richelieu, au Québec, aux prises avec une inondation. Nos militaires ont continué à respecter leur mandat national en protégeant les Canadiens et les Canadiennes contre les menaces aériennes par l'entremise du NORAD. De plus, nous avons poursuivi nos exigeantes missions de recherche et sauvetage, aidant ainsi des Canadiens en péril.

Pendant cette période surchargée, voire sans précédent, nous avons fait preuve d'excellence dans tous nos secteurs de responsabilité. À vrai dire, à un certain moment pendant le printemps, chacune de nos ressources opérationnelles participait à divers degrés à une opération. Jamais dans ma carrière je n'avais vu un tel niveau d'engagement.

En plus de nous assurer que nos membres et nos flottes sont prêts à mener des missions comme celles que j'ai évoquées, nous disposons de certains outils qui nous aident à transformer notre disponibilité en action, et ce, de façon efficace et efficiente. J'aimerais notamment vous parler d'une véritable réussite, celle du Centre multinational d'opérations aérospatiales, ou comme nous l'appelons, le CMOA.

Ce centre est situé à Winnipeg.

Il a vu le jour il y a à peu près cinq ans et influence très positivement notre capacité de produire les efforts opérationnels nécessaires, au pays comme à l'étranger. Le CMOA aide le commandant de la composante aérienne à exercer ses fonctions de commandement et de contrôle de façon centralisée, mais aussi à lancer des missions décentralisées de puissance aérienne, aussi bien au pays que dans le reste du monde.

Grâce au centre, nous parvenons à échanger des renseignements rapidement et en toute sécurité au sein de l'ensemble de la force aérienne et des Forces canadiennes, mai aussi avec d'autres ministères ainsi que nos alliés. Le CMOA nous permet d'allouer efficacement et de regrouper rapidement nos ressources, et de leur attribuer de nouvelles tâches afin d'appuyer les utilisateurs d'une force et le commandant opérationnel.

Il va sans dire que les avions sont rapides, plus rapides que les moyens terrestres et maritimes. De par sa nature, la force aérienne peut donc réagir rapidement. Son agilité et sa capacité d'adaptation sont des valeurs organisationnelles cruciales sur lesquelles se fonde notre disponibilité opérationnelle.

Donc, qu'en est-il de la disponibilité opérationnelle de l'Aviation royale canadienne?

Toutes nos ressources ont une composante à disponibilité opérationnelle élevée qui nous permet de réagir rapidement. En effet, la force aérienne maintient la disponibilité opérationnelle la plus élevée des trois armées. La majeure partie de nos effectifs sont soit prêts à intervenir, soit déjà en mission. Je vous donne quelques exemples de la disponibilité opérationnelle de nos flottes d'aéronefs pour mieux vous expliquer ce que je veux dire.

  • Nos CF-18 Hornet sont toujours à pied d'oeuvre pour appuyer le NORAD et défendre notre espace aérien. Ils peuvent décoller en quelques minutes à peine.
  • La disponibilité opérationnelle des Globemaster III varie de 24 heures à 21 jours pour les missions d'aide humanitaire.
  • Nos aéronefs de patrouille à longue portée CP-140 Aurora sont prêts à intervenir en 12 heures pour les opérations au pays menées sous l'égide du Commandement Canada.
  • Nos ressources de transport tactique, y compris nos hélicoptères, conservent plusieurs plateformes avec disponibilité opérationnelle élevée selon la région pour les interventions d'urgence au pays. Leur délai d'intervention varie de trois minutes à 24 heures.
  • Par exemple, la disponibilité opérationnelle du C-130 Hercule est de 30 minutes pour la recherche et le sauvetage, de 24 heures pour les opérations nationales et de trois jours pour le soutien non planifié au Commandement de la Force expéditionnaire du Canada.

Le maintien d'une telle disponibilité opérationnelle demande beaucoup de planification, d'efforts et de ressources. Aussi, en songeant à l'avenir, nous savons que le maintien de cette disponibilité opérationnelle posera des défis. Nous devons nous assurer que nos compétences, notre créativité et notre innovation, qui sont à la source de notre disponibilité, sont institutionnalisées.

Nous avons aussi toujours su nous adapter aux nouvelles technologies, procédures et techniques. C'est en grande partie grâce à nos aviateurs et aviatrices, à leur souplesse et à leurs incroyables compétences et connaissances.

Par exemple, le personnel de notre escadre aérienne en Afghanistan a acquis une connaissance de pointe des opérations de combat multiflotte à forte intensité. Dans cette boîte de Petri opérationnelle, la courbe d'apprentissage est abrupte, mais nos militaires se sont adaptés très rapidement n'ayant besoin souvent que de quelques jours ou même de quelques heures pour acquérir des connaissances qui nécessiteraient normalement un apprentissage de plusieurs mois, voire de plusieurs années. Les leçons retenues en Afghanistan font l'objet d'une analyse et seront institutionnalisées afin d'orienter la doctrine et l'instruction futures, ce qui renforcera notre disponibilité opérationnelle.

Nous avons beaucoup investi, cette dernière décennie, dans nos ressources humaines. Nous avons réorganisé plusieurs de nos groupes professionnels afin de nous assurer que la structure des carrières soit optimisée, que la formation, l'expérience et les tâches soient mieux alignées et que les occasions d'avancement soient améliorées.

Nous augmenterons l'efficacité de la formation du personnel et nous observerons des développements très prometteurs grâce à l'utilisation des technologies, comme les réseaux virtuels de formation et de simulation des environnements. Nous transformerons également le système d'instruction de nos techniciens de manière à former plus de candidats en moins de temps, tout en leur permettant d'acquérir un niveau de compétence supérieur. Ces examens et ces perfectionnements devront se poursuivre au cours des années à venir.

Pour ce qui est des flottes d'aéronefs, des occasions extraordinaires s'offrent à nous. Toutefois, bon nombre mettront à l'épreuve notre disponibilité opérationnelle. Nous procéderons également très bientôt à l'intégration du Cyclone dans nos flottes. Nous devrons relever des défis quant à la disponibilité du personnel et à l'instruction en plus de tous les défis qui font généralement surface lorsque l'on met en service une première fois.

Le nouveau Chinook CH-147F apportera lui aussi des défis semblables, mais notre expérience en Afghanistan devrait faciliter sa mise en service.

En 2016, nous prévoyons recevoir les F-35 Lightning II, un chasseur de prochaine génération.

Nous sommes conscients que certaines menaces auxquelles les CF-18 ont fait face à la fin du XXe siècle se sont estompées, que d'autres sont demeurées les mêmes et que de nouvelles sont apparues. Nous sommes convaincus que les menaces continueront d'être aussi fluides et changeantes au fil du XXIe siècle. L'acquisition de l'appareil F-35 de cinquième génération va améliorer notre disponibilité opérationnelle, nous donnant ainsi la flexibilité nécessaire pour faire face aux menaces connues, mais aussi à celles qui feront surface un jour.

Pour conclure, mesdames et messieurs, l'ARC fait face quotidiennement à plusieurs défis, mais nous les percevons comme des occasions qui servent à solidifier notre institution. Grâce à l'appui d'un robuste système de commandement opérationnel, d'équipements adaptés, de la formation de premier plan et d'une vaste expérience opérationnelle, les membres de l'ARC sont prêts à relever tous les défis auxquels le Canada sera confronté au pays comme à l'étranger, et ce, aujourd'hui et à l'avenir.

L'Aviation royale canadienne est prête.


 

Joignez-vous à l'ARC : Osez vous surpasser

Les techniciens en météorologie observent, transmettent et prévoient les conditions météorologiques pour les opérations se déroulant sur les navires de guerre dans la Marine royale canadienne, dans les installations de l’Armée canadienne et dans les escadrons et les escadres de l’Aviation royale canadienne.

Leurs principales responsabilités sont les suivantes :

         - Observer et enregistrer les conditions météorologiques en surface, en mer et en altitude
         - Traiter, analyser et interpréter les informations à caractère météorologique
         - Faire fonctionner et assurer le maintien d’équipements et d’instruments météorologiques spécialisés
         - Informer le personnel de l’escadre, du navire ou de l’unité terrestre au sujet des conditions météorologiques actuelles et prévues
         - Prévoir les conditions météorologiques

http://forces.ca/fr/carriere/technicien-meteorologie/

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