Avion du PEACB – Voyager modèle 105 de Stinson

Article de nouvelles / Le 25 mai 2016

En 2016, l’Aviation royale canadienne (ARC) commémore le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB), l’un des plus vastes programmes d’entraînement au monde. Au terme de la Deuxième Guerre mondiale, le PEACB avait remis leur certificat à 131 553 membres d’équipages aériens qui allaient exercer leurs compétences dans les forces aériennes canadienne, australienne, britannique et néo-zélandaise.

Par le Major Bill March

En 1940, le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) était en pleine expansion et avait besoin d’avions. Les sources britanniques possibles se sont « évaporées », car la situation stratégique en Europe s’était détériorée et l’industrie aérienne canadienne ne pouvait suffire à l’augmentation soudaine de la demande. C’est pourquoi l’Aviation royale canadienne (ARC) s’est tournée vers les États-Unis et, malgré les lois américaines sur la neutralité qui interdisaient la vente d’équipement militaire aux belligérants, les compagnies aériennes américaines étaient plus que disposées à vendre leurs produits. Une de ces ventes était le Voyager modèle 105 de Stinson.

Aussi connu sous le nom de HW-75, le Voyager a été présenté en 1939 par la Division de fabrication des aéronefs de Stinson, à Wayne, au Michigan. Initialement propulsé par un moteur Franklin de 90-chevaux-vapeurs, il était conçu pour les marchés commerciaux légers et les entreprises privées. Il était annoncé comme étant un aéronef à trois places, mais la troisième place, un siège de service, était située à l’arrière de l’aéronef et convenait davantage à un petit enfant qu’à un adulte. Il était composé d’une cellule en tubes d’acier soudés recouverte de tissus et les ailes étaient construites principalement en bois.

Ce qui distinguait l’aéronef de ses concurrents était l’inclusion de volets à fentes et de fentes de bord d’attaque sur les ailes, qui permettait au Voyager d’avoir une capacité de réaction améliorée à basse vitesse et un meilleur rendement lors des décollages et des atterrissages courts. Le moteur Franklin obtenait un rendement respectable avec une vitesse de croisière de 105 milles par heure (169 kilomètres par heure), d’où sa désignation comme « modèle 105 ».

De juillet à septembre 1940, l’ARC a acheté 26 aéronefs Voyager pour la somme rondelette de 10 000 $ américains chacun, ou près de 168 000 $, de nos jours. Acheté à titre d’avion commercial, on a assigné à chacun un numéro d’immatriculation civil canadien et ils ont été livrés au Canada. Une fois sur le sol canadien, l’aéronef a été transféré à l’ARC et a reçu un numéro de série militaire. Ainsi, un avion Voyager qui portait l’immatriculation américaine NC21172 est devenu un avion civil canadien enregistré ayant l'immatriculation CF‑BSK avant d’être porté à l’effectif de l’ARC le 14 juillet 1940 avec le numéro de série 3465. Et, selon la loi américaine, il s’agissait d’une transaction tout à fait légale.

Au sein de l’ARC, le Voyager était utilisé dans le cadre de missions de communications légères et lors de la formation des radiotéléphonistes. Dans son rôle de communication, il était utilisé à diverses stations pour transporter des officiers supérieurs lors de visites officielles et comme « avion utilitaire » où l’équipage d’aéronef occupant des postes non liés au vol pouvait s’envoler de temps à autre afin de conserver leurs compétences. Il a été utilisé comme avion d’entraînement à la 1re École d’entraînement pour les radiotéléphonistes, à Montréal, au Québec, et à la 3e École d’entraînement pour les radiotéléphonistes, à Winnipeg, au Manitoba.

Étant donné qu’il disposait d’un plafond pratique d’un peu plus de 4 800 mètres et d’une portée efficace d’environ 670 kilomètres, il s’agissait d’un avion d’entraînement efficace et peu dispendieux. Toutefois, son désavantage était qu’il ne pouvait transporter qu’un instructeur et qu’un stagiaire à la fois. Au fur et à mesure que le nombre de stagiaires radiotéléphonistes augmentait au sein du PEACB, les Voyager ont été remplacés par de plus gros aéronefs, plus performants. Les aéronefs Voyager ont continué à être utilisés par l’ARC jusqu’à la fin de la guerre et le dernier a été « mis hors service » en janvier 1946.

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