Avion du PEACB : le Cessna Crane

Article de nouvelles / Le 27 avril 2016

Par le Major Bill March

Vers la fin des années 1930, la Cessna Aircraft Company, basée à Wichita (Kansas), avait de la difficulté à survivre avec des quantités limitées de commandes de monomoteurs et de bimoteurs légers. Puis, en 1939, l’entreprise a commencé à produire un produit léger à faible coût pour le marché commercial.

L’appareil portant la désignation T-50 était initialement propulsé par deux moteurs en étoile Jacobs R-755-9 de 245 HP et comportait des ailes et un empennage en bois posés sur un fuselage composé de tubes en acier soudés. Caractéristiques uniques pour l’époque, l’avion était muni d’une roulette de queue rétractable et de volets de bord de fuite qui étaient tous les deux à commande électrique.

Le T-50, qui peut transporter jusqu'à cinq passagers, était peu coûteux, fiable et relativement facile à piloter et avait une vitesse maximale de 315 kilomètres (195 milles) à l’heure. Il a pris son envol pour la première fois le 26 mars 1939 et, malgré le certain intérêt qu’il a suscité, il n’a pas fait l’objet de commandes importantes. Tout cela a changé lorsque la Seconde Guerre mondiale a commencé.

Alors que l’entente relative au Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) était mise en place en décembre 1939, l’ARC travaillait rapidement pour établir les écoles et les installations nécessaires. Malheureusement, il n’y avait pas suffisamment d’avions-écoles pour répondre à la demande prévue. La Grande-Bretagne avait promis de fournir un certain nombre d’aéronefs, mais la détérioration de la situation stratégique au printemps et à l’été de 1940 a considérablement limité cette source d’approvisionnement.

L’industrie canadienne se préparait à produire différents types d’aéronefs, mais les usines ne seraient pas en service avant plusieurs mois. L’Aviation royale canadienne s’est donc tournée vers les États‑Unis pour trouver un avion qui pourrait répondre aux besoins d’entraînement du PEACB.

Un avion-école multimoteur avancé faisait cruellement défaut à la force aérienne canadienne, donc les officiers se sont rapidement intéressés au T-50. Tous les avantages que Cessna soulignait aux clients commerciaux (coût, économie, facilité d’utilisation) pour rendre l’appareil plus attrayant en faisaient un choix viable pour les Canadiens. Rapidement, une commande de 180 appareils a été donnée à l’entreprise, et la livraison devait commencer en décembre 1940.

Il s’agissait de la première commande importante d’un produit de Cessna, et elle a rapidement été suivie par une commande de l’Army Air Corps des États-Unis. En service américain, l’avion a reçu plusieurs désignations : AT-8 pour le premier lot d’avion d’entraînement, AT-17 Bobcat pour les commandes subséquentes, UC-78 dans son rôle d’avion de transport léger, après celui d’avion-école, et JRC-1 pour la United States Navy. En tout, plus de 5 400 de ces avions ont été produits, dont 826 exploités par l’ARC.

À partir de janvier 1941, ces avions, appelés « Crane » au Canada, ont commencé à être livrés en grand nombre. De nombreux appareils du premier lot ont été assignés à l’école de pilotage militaire (EPM) no 4, à Saskatoon (Saskatchewan). En plus d’être le principal avion d’entraînement de l’EPM no 4, le Crane a également joué ce rôle à l’EPM no 3 de Calgary (Alberta), à l’EPM no 11 de Yorkton (Saskatchewan), à l’EPM no 12 de Brandon (Manitoba), et à l’EPM no 15 de Claresholm (Alberta). La majorité de ces avions sont restés dans l’Ouest du Canada durant la guerre non seulement parce que les EPM s’y trouvaient, mais aussi pour simplifier les questions delogistique et les besoins de maintenance.

Le Crane était utilisé principalement pour former sur avion multimoteur les pilotes devant prendre les commandes de bombardiers. L’avion a connu du succès dans le PEACB et il a continué à être utilisé dans l’ARC, quoique le nombre d’appareils a diminué constamment, jusqu’en 1948. Même si on trouvait qu’il manquait de puissance (sa capacité de transport était faible, notamment sur un seul moteur), il a aidé à former le nombre important de pilotes requis pour les escadrons de l’Article XV qui ont commencé à être formés en mars 1941.

Pourtant, malgré les bons services que le Crane a donnés à l’ARC et aux forces aériennes alliées durant la guerre, une panoplie de surnoms lui a tout de même été donnée, chacun d’entre eux découlant probablement des résultats d’un vol donné. Dans divers cercles, l’avion pouvait être appelé « Bamboo Bomber », « Useless-78 », « Wichita Wobbler », « Rhapsody in Glue », ou « San Joaquin Beaufighter ».

Malgré tout, peu importe ses autres noms, à l’ARC au moins, l’avion sera toujours connu comme le Crane.


Le Cessna Crane

Pour l’époque, il s’agissait d’un avion conventionnel qui comportait une aile basse cantilever. Il était constitué de matériaux mixtes, ses ailes et son empennage étant en bois et son fuselage en tubes en acier soudés. Son revêtement était constitué d’une combinaison de bois léger et de toile. Sa roulette de queue escamotable et ses volets de bord de fuite étaient électriques. La vaste majorité des Crane ont été retirés du service à la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais quelques‑uns ont poursuivi leurs activités dans le cadre de missions de communications légères.

Caractéristiques

Désignation :  Aucune                 

Numéro de modèle : T-50           

Marques : Mk I, IA

Rôle : Avion d’entraînement

Date de mise en service : 1941 

Date de mise hors service : 1949                

Quantité : 826

Service : Aviation royale canadienne

Spécifications

Fabricant : Cessna Aircraft Corp.

Équipage/passagers : Deux pilotes avec possibilité de trois passagers

Motorisation :   Deux moteurs en étoile Jacobs R-755-9 de 245 chevaux-vapeur

Performances :         

Vitesse maximum : 195 milles à l’heure (314 kilomètres à l’heure)     

Vitesse de croisière : 175 milles à l’heure (282 kilomètres à l’heure)

Plafond pratique : 22 000 pieds (6 705 mètres)         

Distance : 750 milles (1 207 kilomètres)

Poids :                        

Vide : 3 500 livres (1 588 kilogrammes)                 

Brut : 5 700 livres (2 585 kilogrammes)

Dimensions :  

Envergure : 41 pieds 11 pouces (12,78 mètres)     

Longueur : 32 pieds 9 pouces (9,98 mètres)  

Hauteur : 9 pieds 11 pouces (3,02 mètres)             

Surface alaire : 295 pieds2 (27,41 mètres2)

Armements : Aucune                                 

Coût : Inconnu

Source : Canadian Combat and Support Aircraft: A Military Compendium, par T.F.J. Leversedge © 2000. Reproduction avec l’autorisation de l’auteur.

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