Nous avons fait beaucoup de chemin

Article de nouvelles / Le 6 mars 2020

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Le 8 mars, c’est la Journée internationale des femmes, une occasion de célébrer les grandes réalisations des femmes aujourd’hui, mais aussi celles des femmes qui ont ouvert la voie aux générations qui leur ont succédé. Les femmes dans les Forces armées canadiennes ont fait beaucoup de chemin pendant le siècle dernier. Au fil des ans, leur détermination, leur courage et leur leadership ont engendré des changements considérables dans les forces armées et la société canadiennes, mais aussi dans la vie de femmes et de filles partout dans le monde. Voici un historique qui rend hommage à ces femmes, mais aussi à celles qui ont accompli de grandes choses pendant leur service dans l’Aviation royale canadienne.

Affaires publiques de l’ARC

Depuis plus de 100 ans, les femmes participent au service militaire au Canada et contribuent à la richesse de l’histoire et du patrimoine militaires du pays. Elles se sont intégrées pleinement à tous les emplois et rôles depuis plus de 20 ans, à l’exception du service à bord de sous-marins, que la Marine royale canadienne a finalement rendu accessible aux femmes le 8 mars 2000.

Le nombre de femmes en uniforme a fluctué au cours des ans, et c’est pendant la Seconde Guerre mondiale que les Forces armées canadiennes (FAC) ont accueilli le plus grand nombre de femmes, alors que beaucoup d’entre elles accomplissaient des tâches non traditionnelles. Après une réduction importante de l’effectif des FAC à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la Marine royale canadienne, l’Armée canadienne et l’Aviation royale du Canada (ARC) ont de nouveau permis aux femmes de s’enrôler au début des années 1950, bien que leur engagement se limitait alors à des rôles traditionnels dans les domaines de la médecine, des communications, de la logistique et de l’administration.

Le rôle des femmes dans les FAC a commencé à gagner en importance en 1971, après l’examen du ministère des recommandations faites par la Commission royale d’enquête sur la condition féminine au Canada. Le ministère a relevé à 1 500 le plafond limitant le nombre de femmes et a graduellement accru les possibilités d’emploi dans des secteurs non traditionnels, notamment la conduite et la mécanique automobile, la mécanique d’aéronefs, le contrôle de la circulation aérienne, la police militaire et la lutte contre les incendies.

Le ministère a de nouveau examiné ses politiques en matière de personnel en 1978 et en 1985, après la promulgation, par le Parlement, de la Loi canadienne sur les droits de la personne et l’établissement de la Charte canadienne des droits et libertés. À la suite de ces examens, le ministère a modifié ses politiques afin de permettre aux femmes de servir à bord des navires de ravitaillement et des bateaux auxiliaires pour plongeurs, dans les bataillons des services de l’Armée de terre, dans les pelotons de la police militaire, dans les unités affectées aux ambulances de campagne et dans la plupart des escadrons aériens.

Au cours du dernier siècle, les femmes qui ont servi dans la Marine, l’Armée de terre et la Force aérienne du Canada ont dû surmonter de rudes épreuves. C’est leur détermination, leur dévouement et leur professionnalisme qui ont ouvert la porte à tant d’autres femmes. Ces femmes courageuses ont dû affronter de nombreuses difficultés en faisant leur entrée dans ce qui avait toujours été un milieu masculin. Elles devaient non seulement prouver qu’elles pouvaient faire le travail et y exceller, mais avant tout prouver que, si on leur en donnait l’occasion, elles ne failliraient pas à la tâche. C’est une entreprise titanesque que les femmes ont tentée avec espoir, avec courage et surtout avec succès. Aujourd’hui, les femmes participent à de nombreuses opérations sur la scène internationale, notamment des opérations de maintien de la paix, de la stabilité ou de la sécurité, de même que des opérations d’aide humanitaire et d’imposition de la paix.

En 1987, les postes et les unités dont le rôle principal était la préparation à une participation directe à des combats sur terre ou en mer, soit l’infanterie, les corps blindés, l’artillerie de campagne, l’artillerie antiaérienne, les transmissions, le génie et les opérations navales, étaient toujours interdits aux femmes. Le 5 février 1987, le ministre de la Défense nationale procédait à la création d’un bureau chargé d’étudier les répercussions de la présence d’hommes et de femmes dans les unités de combat. Ces essais ont eu lieu dans le cadre du Programme d’emploi des femmes dans des postes liés au combat.

L’intégration des femmes dans les unités de combat a permis de doubler, dans les années 1990, le bassin de recrutement. Elle a également offert la possibilité à tous les citoyens canadiens de servir leur pays en fonction de leurs capacités. Dès 2001, les femmes avaient accès à tous les postes militaires.

De nos jours, les tenues et l’équipement opérationnels doivent convenir à une force mixte. Les tenues et bottes de combat, les casques, les sacs à dos et les vestes pare-éclats sont tous conçus selon le même modèle, mais sont offerts en différentes tailles, ce qui permet de fournir aux militaires le maximum de protection et de confort. Les tenues de cérémonie des FAC sont offertes en versions féminine et masculine. Les deux uniformes sont conçus selon le même modèle, mais l’uniforme féminin est taillé pour s’ajuster à la silhouette féminine. Par ailleurs, les femmes reçoivent une compensation financière annuelle pour l’achat de soutien-gorge.

Les femmes dans l’Aviation royale canadienne

En janvier 2014, le pourcentage des femmes qui faisaient partie de la Force régulière et de la Première réserve des FAC s’établissait à 14,8 pour cent, alors que plus de 9 400 femmes étaient engagées dans la Force régulière, et plus de 4 800, dans la Première réserve. L’ARC compte le plus haut pourcentage de femmes, à savoir 18,7 pour cent de ses effectifs. La Marine royale canadienne n’est pas loin derrière, comptant 18,4 pour cent de femmes; pour l’Armée de terre, c’est 12,4 pour cent.

En 1979, les capitaines Deanna Brasseur, Leah Mosher et Nora Bottomley ont été les premières femmes à suivre l’instruction de pilote des FAC. La première femme à devenir pilote des FAC modernes est la major Wendy Clay, une médecin militaire qui a obtenu son brevet de pilote en 1974, soit six ans avant que ce groupe professionnel ne soit ouvert à toutes les femmes.

En 1981, la sous-lieutenant Inge Plug est devenue la première femme pilote d’hélicoptère, la même année où la lieutenant Karen McCrimmon est devenue la première navigatrice aérienne.

La major Dee Brasseur et la capitaine Jane Foster, par exemple, ont obtenu leur brevet de pilote de chasseurs CF-18 en 1989. Depuis lors, la major Brasseur a accumulé plus de 2 500 heures de vol en tant que pilote de chasseur, volant à la fois en Amérique du Nord et en Europe. Le 17 février 2007, elle a été intronisée au Temple international de la renommée de l’organisation Women in Aviation.

Les femmes peuvent occuper n’importe quel poste dans l’ARC, y compris des postes opérationnels comme ceux de pilote, d’officier de systèmes de combat aérien, de technicienne en aéronautique et d’opératrice – contrôle aérospatial. Pour tous ces métiers, les possibilités de carrière et le processus de sélection pour l’instruction, la promotion et l’affectation des aviateurs et des aviatrices sont les mêmes; la sélection s’effectue en fonction du grade, des qualifications et du mérite.

En 2006, la lieutenant-colonel Tammy Harris est devenue la première femme à occuper le poste de commandante d’escadre lorsqu’elle a assumé le commandement de la 9e Escadre Gander, à Terre-Neuve. Il faut également noter que l’adjudant-chef Linda Smith est devenue, en 1995, la première femme des FAC à être nommée adjudant-chef d’une escadre, soit la 17e Escadre Winnipeg.

Plusieurs femmes ont aussi commandé des escadrons : en 1998, la lieutenant‑colonel Karen McCrimmon a accédé au poste de commandante du 429e Escadron de transport, à Trenton, en Ontario, et, en 2010, la lieutenant-colonel Maryse Carmichael est devenue la première femme à occuper le poste de commandante du 431e Escadron de démonstration aérienne, les Snowbirds des Forces canadiennes.

En 2006, la brigadier‑général Christine Whitecross devenait la première femme à occuper la fonction de commandante de la Force opérationnelle interarmées (Nord). La major-général Whitecross, ingénieure de la Force aérienne, a obtenu son grade le 30 juin 2011, avant d’être affectée au poste de chef d’état-major du groupe du Sous-ministre adjoint (Infrastructure et environnement) et nommée ingénieure militaire en chef des FAC au Quartier général de la Défense nationale.

Bien que le groupe professionnel de médecin militaire n’existe pas uniquement dans la Force aérienne, la major Wendy Clay a été la première femme à devenir médecin de l’air de l’Armée canadienne, et ce, en 1974, la même année où elle a obtenu son brevet de pilote. En 1989, elle a été promue au grade de brigadier-général, puis, en 1992, a été nommée médecin-chef adjoint au Quartier général de la Défense nationale. Deux ans plus tard, elle était la première femme des FAC à être promue au grade de major-général et à servir en tant que médecin-chef du Canada.

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