Les colonels honoraires dans l’Aviation royale canadienne

Article de nouvelles / Le 6 août 2019

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Par la colonel honoraire Kendra Kincade

J’ai entendu le terme « colonel honoraire » la première fois lorsque j’ai fait connaissance d’une dame charmante, J’lyn Nye. Nous nous sommes rencontrés lors d’une activité de réseautage. Je me souviens d’avoir aperçu une femme grande et impressionnante, aux cheveux rouge feu et à la voix forte, et de m’être demandé si elle travaillait dans le domaine de la radio ou de la télévision. J’ai appris qu’elle était effectivement animatrice à la radio de jour, mais aussi, fait qui me paraissait encore plus intéressant, qu’elle occupait la fonction de colonel honoraire dans l’Aviation royale canadienne (ARC). Je souhaitais en savoir plus. Qu’est-ce qu’un colonel honoraire? Comment en devient-on un? En quoi consiste le poste? Voilà quelques-unes des questions qui me sont venues immédiatement à l’esprit.

Vous ne savez pas ce qu’est un colonel honoraire? Qu’à cela ne tienne, je vais vous l’expliquer. Le colonel honoraire est avant tout un membre à part entière de la famille de la Force aérienne. Officier à presque tous les égards, sauf pour ce qui est des opérations, le colonel honoraire établit un lien essentiel entre la collectivité et l’unité dont il fait partie.

Comment accède-t-on à un grade honorifique dans les forces armées? Les unités décident individuellement de la personne qu’elles souhaitent voir devenir leur colonel honoraire. L’attribution d’un grade honorifique à une personne, à savoir un ancien officier de la Force aérienne ou un citoyen canadien distingué, commence par la nomination de celle-ci par un commandant. Les colonels honoraires proviennent de divers horizons; il s’agit notamment de personnalités publiques et communautaires. L’animatrice de radio et auteure J’lyn Nye est justement l’une de ces personnes.  

Les colonels honoraires jouent un rôle à la fois honorifique et consultatif. Ils sont vitaux au maintien du moral dans la famille. Ils servent de mentors à leur unité et à son personnel, en plus de favoriser l’établissement de relations grâce au réseau des colonels honoraires. Ils aident à susciter et à maintenir l’appui de la collectivité envers leur unité en agissant en tant que son représentant public.  

Jamais dans mes rêves les plus fous n’aurais-je un jour imaginé assumer ce rôle de dirigeant honorable. J’ai amorcé le parcours qui m’a amené à devenir colonel honoraire lorsque j’ai reçu un appel imprévu d’une amie, la major Alexia Hannam, commandante du 417e Escadron de soutien au combat, à Cold Lake, en Alberta, qui m’a appris qu’elle avait présenté ma candidature à titre de colonel honoraire de son escadron d’hélicoptères. J’étais honorée, enthousiasmée, mais aussi plutôt nerveuse d’entamer ce nouveau chapitre de ma vie.

Une fois toutes les formalités remplies, j’étais impatiente de commencer. J’ai assumé le rôle de colonel honoraire lors de mon investiture, le 1er mars 2019, à Cold Lake, devant des membres de ma famille, des amis et le personnel de ma nouvelle unité. Maintenant que je remplis ce rôle depuis un certain nombre de mois, je suis plus honorée que jamais.

Cette année, j’ai parcouru le pays et fait beaucoup de nouvelles connaissances. Le rôle de colonel honoraire m’a permis de vivre des expériences fascinantes. Par exemple, je viens de rentrer d’Ottawa, en Ontario, où, vêtue de mon nouvel uniforme, j’ai eu le privilège d’assister à la conférence des Canadiennes dans l’aviation en compagnie de militaires et de rencontrer certaines des femmes exceptionnelles qui sont si fières de servir leur pays. J’ai vécu un moment particulièrement amusant quand je suis allée à ma première soirée de repassage. Oui, une soirée de repassage. Voilà. On m’a appris à repasser ma chemise en respectant les normes militaires. Ce rassemblement s’est transformé en une séance d'échanges où d’autres femmes militaires m’ont parlé de leurs expériences.

Récemment, je me suis rendu à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, afin de participer à mon premier rassemblement de tous les colonels honoraires de l’ARC. La réunion s’est déroulée à un endroit tout indiqué pour nous présenter des conférenciers experts qui nous ont initiés à la vie et aux coutumes du Nord canadien. J’ai compris l’importance de concevoir le Canada comme un tout et de ne pas oublier le rôle que les collectivités du Nord ont joué dans le passé et jouent aujourd’hui. Une des conférencières a formulé un commentaire qui m’a particulièrement interpellé : elle a suggéré poliment que les décideurs du sud du Canada se rappellent que, parfois, les décisions qu’ils prennent ont des incidences sur les régions du Nord aussi. Concevoir le Canada du pôle Nord vers le sud, plutôt qu’uniquement de l’est à l’ouest, pourrait être une façon plus englobante de prendre des décisions.    

Ma première réunion avec mes collègues colonels honoraires comprenait des séances de remue-méninges sur les manières dont nous pouvions aider les militaires. Les familles militaires déménagent beaucoup, ce qui a une incidence sur toute la famille.

J’ai tellement de choses à apprendre.

Je n’arrive toujours pas à croire que je fais partie de cette famille. Je suis entièrement déterminée à apprendre, à écouter et à changer les choses. Qui aurait cru que ma curiosité pendant une activité de réseautage et la simple question « Qu’est-ce qu’un colonel honoraire » m’amèneraient à éprouver mes aptitudes de dirigeante d’une toute nouvelle manière, mais aussi à servir mon pays?

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