Billy Bishop, premier aviateur canadien à recevoir la Croix de Victoria

Article de nouvelles / Le 2 juin 2020

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Le 2 juin a été proclamé le « jour de Billy Bishop » en l’honneur de ce célèbre as de la Première Guerre mondiale.

Par le capitaine Steven Dieter

Nous sommes le 2 juin 1917, très tôt le matin. Le capitaine William Avery « Billy » Bishop décolle de Filescamp Farm, base du 60e Escadron du Royal Flying Corps, dont il fait partie, près d’Arras dans le nord de la France, afin d’accomplir une mission audacieuse.

Il s’engage dans cette mission « après mûre réflexion », comme il l’écrit lui‑même dans son livre Winged Warfare, publié en 1918.

« J’estimais que l’aube serait le moment idéal, puisqu’il y aurait très peu d’appareils dans le ciel et que j’aurais ainsi de fortes chances d’échapper au danger durant le trajet jusqu’à l’aérodrome. »

Le capitaine Bishop ne fait partie du 60e Escadron que depuis mars 1917, remportant sa première victoire contre l’ennemie le 25 mars; pourtant, il n’en est pas à ses premiers combats. Au matin de cette attaque, il compte déjà 22 victoires aériennes à son actif et c’est un tireur d’élite exceptionnel, tant dans les airs que sur terre, des compétences qui se révéleront précieuses durant son aventure en solo.

Survolant les positions ennemies, le capitaine Bishop se rend compte que sa cible initiale est loin d’être parfaite. Après avoir enfin repéré un objectif plus approprié, l’aérodrome allemand Estourmel, il constate qu’il n’a aucune idée d’où il se trouve. Il poursuit tout de même sa mission.

Il tire sur un aéronef qui avance sur la piste avant de s’envoler. Il vise ensuite un deuxième appareil qui s’écrase dans un bosquet près de l’aérodrome. Il abat le troisième pendant un combat tournoyant. 

Le capitaine Bishop retourne à son aérodrome à bord de son aéronef, un Nieuport 17, qui est maintenant criblé de balles. En arrivant, il raconte ses exploits à ses collègues pilotes et aux membres de l’équipe au sol, qui s’empressent de lui faire l’accolade.

« En trois ou quatre heures, de nombreuses personnes m’ont félicité pour mon coup d’audace. Pour ma part, je voulais tout simplement trouver un moyen d’abattre quelques boches de plus, mais les autorités ont jugé qu’il s’agissait d’une expédition très réussie », affirme le capitaine Bishop.

Si réussie, en fait, que les autorités examinent par la suite la possibilité de décerner au capitaine Bishop la plus haute distinction pour vaillance de l'Empire britannique, la Croix de Victoria.

La décision d’accorder la Croix de Victoria au capitaine Bishop découle d’une mûre réflexion. Des officiers supérieurs mènent une enquête complète sur les événements en examinant les rapports de combats, les dossiers de l’escadron et d’autres documents à l’appui. Près de deux mois et demi plus tard, le capitaine Bishop apprend qu’il recevra la Croix de Victoria, devenant ainsi le premier aviateur canadien à mériter cet honneur.

La distinction s’accompagnera de l’Ordre du service distingué et de la Croix militaire qui lui ont déjà été conférés sans lui avoir encore été remis.

Le 30 août 1917, au palais de Buckingham, le roi George V décerne au capitaine Bishop ces trois décorations qui sont les trois plus hautes distinctions pour vaillance. 

Au sujet de Billy Bishop

Billy Bishop naît le 8 février 1894 à Owen Sound, en Ontario. Il fréquente le Collège militaire royal à Kingston, puis s’enrôle dans l’Armée de terre lorsque la Première Guerre éclate. Après son arrivée en Angleterre, il est affecté au Royal Flying Corps en tant qu’observateur, puis il est envoyé en France. Au cours des années qui suivent, il suit son instruction de pilote et, en 1917, il intègre le 60e Escadron.

Il prend sa retraite de la Royal Air Force à la fin de 1918, mais il est nommé maréchal de l’air honoraire en 1938. Il reprend le service au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939 au grade de commodore de l’air. L’Aviation royale canadienne lui confie le recrutement, une tâche dont il s’acquitte admirablement. Même si des problèmes de santé l’amènent à démissionner en 1944, pour commencer à travailler dans l’industrie du pétrole, il offre de reprendre son poste de recruteur quand la guerre de Corée éclate.

Billy Bishop meurt le 11 septembre 1956 à l’âge de 62 ans et il est enterré à Owen Sound. En 1974, il fait partie des toutes premières personnes à faire leur entrée au Panthéon de l’Aviation du Canada.

Il a reçu de nombreux honneurs et décorations, dont la Croix de Victoria, le Compagnon de l'Ordre du Bain, l’Ordre du service distingué avec agrafe, la Croix militaire, la Croix du service distingué dans l'Aviation, cité à l'ordre du jour, la Croix de guerre (France) et Légion d’honneur (France).

Article rédigé à l’aide de dossiers des Affaires publiques de l’ARC.

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